Une mesure de l'inquiétude des marchés vient d'atteindre un plus haut historique…

L'e-conoclaste d'Actis - le 17 octobre 2016

17/10/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

Une mesure de l'inquiétude des marchés vient d'atteindre un plus haut historique…

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l'avenir et qui, par la suite, est également capable d'expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées ... » - Abraham Lincoln (1809-1865), homme d’Etat et 16ème Président américain.

 

L'ACTU EN CHIFFRES

30 milliards : est en euros le gain de PIB à horizon 20 ans d’un relèvement de 2 ans de l’âge d’ouverture des droits à la retraite (de 62 à 64 ans) selon une simulation commandée au Trésor par le Conseil d’orientation des retraites. Encore faut-il que le senior soit en activité…

2,5 millions: est le nombre de smartphones Galaxy Note 7 défectueux que Samsung devra remplacer compte tenu du caractère inflammable de ses batteries. L’action à son plus haut historique a chuté de 8% sur l’annonce, un coût chiffré à plusieurs milliards de dollars de chiffres d’affaire (peut-être 15…soit 10% de l’activité du Groupe, 20% de son activité mobiles) sans compter sur le déficit d’image à venir.

831 000 : est la somme en euros que touchera chaque lauréat du prix Nobel en 2016, généreuse récompense intégralement financée par la fondation Nobel.

7 : est le nombre d’années en plus que gagnerait un individu en souriant davantage selon des chercheurs de la Wayne State University, à Detroit dans le Michigan. Keep cool !

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE 

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Pétrole : L’entente cordiale ne coule pas de source.

Depuis 6 mois, et cela est encore plus vrai au cours de ces dernières semaines, le baril évolue dans un range large de 10 $ entre 40 et 50 $ avec des volatilités moyennes de 3 à 5% minimum chaque jour.

Ces évolutions permanentes sont le reflet d’une part des espoirs déçus ou non de reprise mondiale et des publications de stocks de brut américains, mais aussi et surtout d’autre part, des rumeurs d’entente sur un gel de la production entre les membres de l’OPEP entre eux et la Russie également

Les variations de production au Nigeria, Venezuela et en Libye pour des raisons politiques et économiques ainsi que la volonté affichée de l’Iran de recouvrer ses niveaux de production d’avant l’embargo (4 mb/j contre actuellement 3,6 mb/j) perturbent l’idée d’une stabilisation dans le but de doper les cours du brut.

 

De son côté, la Russie, invité surprise à Alger parmi les membres de l’OPEP, et à la recherche de devises pour retrouver des marges de manœuvre salutaires (PIB en recul de 3,5% en 2015 et de -1,40% attendu en 2016) cherche le meilleur accord possible pour son économie, pas nécessairement dans le sens d’une réduction par conséquent.

 

De plus, au-delà de 50 $, les pays producteurs du Moyen Orient s’exposent à un retour progressif des pétroliers de schistes américains qui retrouvent des niveaux acceptables de rentabilité ce qui douche les espoirs d’une reprise durable des prix.

 

Divergences de vue entre quotas et niveaux de prix perdureront encore quelques semaines, au moins jusqu’au sommet de l’OPEP en novembre, à la lumière de la baisse des prix organisée par Aramco seul sur ses ventes de novembre, preuve s’il en est que l’Arabie saoudite favorise toujours l'amélioration de ses parts de marché et que la guerre concurrentielle entre membres de l'OPEP n'est toujours pas éteinte malgré la déclaration d’intention surprise fin septembre de la part de ses membres de réduire sa production de brut propulsant le cours de l’or noir de 15%.

 

La décision formelle de réduction fin novembre devra lever l’obstacle des dissensions pour savoir qui de ces pays acceptera réellement de réduire sa production alors que beaucoup d’entre eux font face à des défis économiques.

On évoque déjà un accord limité dans le temps à 6 mois, tout semble indiquer que l’OPEP mise sur un rééquilibrage du marché de l’offre et de la demande en jouant la montre, en espérant que la croissance mondiale frémisse un peu plus.

 

Hard Brexit

Soft au début et de plus en plus hard… « we shall never surrender » mais quand même.

Après 18% de baisse contre euro et dollar, la livre sterling ne parvient toujours pas à reprendre pied sur un sol dur.

Le câble (GBP/USD) est au plus bas depuis 30 ans ce qui fait pour l’instant les affaires des exportateurs britanniques à constater les derniers bons indicateurs économiques outre-Manche mais cette résistance devrait faire long feu.

En effet, la voie de hard Brexit dans laquelle semble s’engager le nouveau premier ministre Theresa May depuis dix jours soumettant les relations UE/UK au strict régime de l'OMC (et non un accord commercial plus favorable) entraine désormais une tension plus seulement sur la parité devise mais aussi sur les taux souverains illustrant les doutes croissants quant à la capacité de résistance du pays à moyen terme.

 

Le 10 ans anglais s’est envolé de 30 bps par rapport à son plus bas du 27 septembre pour plusieurs raisons :

-       un document interne du gouvernement britannique révèle que le Brexit envisagée par son premier ministre aurait pour conséquence d’amputer les

recettes fiscales anglaises jusqu'à 73 milliards d’euros par an soit 10% du total de la dépense publique du Royaume-Uni. Pour combattre ce manque de recettes, le 10 Downing Street n’aurait d’autres choix que d'augmenter les impôts ou couper les dépenses amputant la croissance.

Au total, selon ce scénario, le PIB anglais reculerait de 5 à 9% après 15 ans de sortie de l'UE.

-       la hausse brutale des anticipations d'inflation liée à la faiblesse de la devise et à la remontée des cours du pétrole. 

-       les déséquilibres des soldes courants, rappelant à tous les dépendances de la Grande-Bretagne aux financements étrangers.

 

Notons que ces deux tendances vont significativement compliquer la tâche de la Banque d'Angleterre, qui risque de devoir choisir entre la lutte contre l'inflation liée à une baisse trop sensible de la devise (qui impliquerait une réduction des mesures de soutien à l'économie via une remontée des taux directeurs par exemple), et une tentation de lutter contre la remontée des taux souverains (en assouplissant la politique monétaire davantage).

Si les tendances se poursuivent, il est probable qu'elle opte pour la première option, pénalisant un peu plus encore la croissance.

 

Pragmatiques comme sont les anglais, il n’est pas exclu que Theresa May fasse un peu marche arrière sur la voie du Brexit version dure et donne un coup de canif à son dogmatisme pastoral pour écouter les voix qui s’élèvent dans la classe politique anglaise (y compris dans son propre camp) ainsi que dans les milieux d’affaires.

Apres la devise et les taux, seule la bourse de Londres se porte comme un charme à son plus haut historique…mais pour combien de temps ?

 

LE POINT TECHNIQUE

Une mesure de l’inquiétude des marches vient d’atteindre un plus haut historique…

 

Source : Actis / Bloomberg

 

A en juger la bonne tenue des indices américains, on pourrait croire que les investisseurs ne sont pas inquiets, mais il n’en est rien.

Le ratio de volatilité implicite du S&P500 illustré dans le graphique ci-dessus et mesurant le rapport de volatilité implicite par rapport à la volatilité historique des options sur l’indice américain entre les baissiers actions et les haussiers culmine à son plus haut historique. En d’autres termes sur l’échéance 2 mois, les bears par rapport aux bulls sont disposés à payer deux fois plus chers pour se protéger d’une baisse de 5% de l’indice US. Sur cette échéance, en dehors des aléas classiques des marchés, l’échéance présidentielle aux Etats-Unis figure dans toutes les têtes.

 

L’anxiété est à son comble et ce malgré un écart plus net de 6 points (graphe ci-dessous) entre les deux candidats, le meilleur score de Hillary Clinton depuis août selon RealClearPolitics! A ce propos, Clinton aurait 83,6% de chances de l’emporter, niveau proche des plus hauts de mi-août à 89,2% selon le bureau de prévision FiveThirtyEight.

Certains experts expliquent que la médiocrité des débats entre les deux leaders et les lignes politiques et économiques peu claires ou trop caricaturales obscurcissent l’horizon et ne favorise pas la sérénité, d’autant que la majorité à la Chambre des représentants est potentiellement sous revue amplifiant les incertitudes à venir.

 

Source : Actis / Bloomberg

 

On ajoutera enfin que Les bas niveaux de volatilité des derniers mois et la décision anxiogène des anglais de sortir de l’Union, sans en préciser les contours pour le moment, viennent renforcer cette situation inédite.

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

 

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