Par BNP Asset Management

Le rallye du fin d'année des marchés actions pourrait connaître une accélération

Comme largement anticipé, les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat du mardi 6 novembre, avec une majorité de 225 sièges contre 197pour les républicains pour le 116ème Congrès qui débutera le 3 janvier 2019. La « vague bleue » de l'enthousiasme démocrate a toutefois été contenue au Sénat par une configuration compliquée pour les  démocrates qui avaient dix sièges à défendre dans des tats remportés par le candidat Trump lors des élections présidentielles de 2016.

En revanche, un seul sénateur républicain devait défendre son siège dans un tat remporté par Hillary Clinton. De plus, les électeurs républicains ont manifesté autant d'intérêt que les démocrates pour ce scrutin, les taux de participation s'avérant élevés pour les deux partis. Les républicains ont conservé leur majorité sénatoriale et détiennent toujours 51 sièges.

Un Congrès divisé entraîne généralement une certaine paralysie politique, aucun parti n'étant en mesure de faire avancer ses priorités législatives sans partager des objectifs communs avec l'autre bord. Il est en outre fort prévisible que les démocrates ne voudront pas s'associer à des mesures législatives bipartisanes que le président Trump pourrait présenter comme des réussites importantes pendant la campagne en vue de sa réélection.

Ils pourraient également décider d'utiliser leur majorité législative pour promouvoir avant tout leur programme dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, s'efforçant de faire adopter par la Chambre des projets de loi populaires auprès de leur électorat ou des indépendants, même si ces textes ont peu de chance d'être adoptés par le Sénat ou d'échapper le cas échéant à un veto présidentiel.

Enfin, les travaux parlementaires pourraient s'enliser si les élus démocrates de la Chambre décidaient de consacrer leur énergie à des enquêtes de supervision des politiques du gouvernement, qui pourraient aboutir à une éventuelle procédure de destitution du président.

Tous ces arguments expliquent le consensus de marché actuel, qui s'attend à ce qu'il y ait peu d'avancées législatives dans les deux années à venir. Un Congrès divisé pourrait toutefois offrir la possibilité d'adopter des législations controversées, car aucun des deux partis ne pourrait en porter seul la responsabilité si les textes de loi s'avéraient impopulaires auprès de certaines parties de l'électorat.

Un domaine controversé dans lequel un compromis pourrait émerger est celui d'une réforme globale de l'immigration (il suffit de se rappeler que la dernière tentative sérieuse en la matière a été faite par un Congrès divisé). Un tel compromis sera malgré tout difficile : le noyau dur des électeurs républicains risque de rejeter toute possibilité d'accession à la citoyenneté pour les immigrants illégaux, tandis que les démocrates s'opposeront probablement à tout financement significatif d'un mur à la frontière mexicaine.

Il existe aussi des domaines dans lesquels les deux partis pourraient avoir des objectifs communs. Ils voudront ainsi très certainement maintenir les enveloppes budgétaires des programmes discrétionnaires qui reflètent leurs priorités politiques et il est donc probable l'accord budgétaire de cette année sera renouvelé pour les exercices 2020 et 2021.

Les infrastructures constituent un autre domaine dans lequel un accord pourrait être possible, bien qu'un compromis soit difficile à trouver. Les républicains ont peu ou prou apporté leur soutien aux demandes d'investissement dans les infrastructures du président Trump, bien que l'administration n'ait pas précisé quelles priorités devront guider les efforts législatifs.

De leur côté, les responsables démocrates actuels ont déjà proposé un important programme d'investissement dans les infrastructures, espérant se présenter devant les électeurs en 2020 avec une réalisation concrète témoignant de leur capacité à gouverner.

Il existe toutefois des obstacles importants à un éventuel accord, car les républicains auront du mal à accepter le coût de la proposition démocrate estimé à un milliard de dollars. Certains démocrates ont proposé une taxe carbone pour financer le programme, une idée qui a très peu de chances de susciter l'adhésion des républicains. Enfin, l'administration, tout comme de nombreux élus républicains, est favorable à des projets d'infrastructure avec un effet de levier sur des financements privés.

Nos prévisions de politique commerciale ne sont pas modifiées par le résultat des élections car ce domaine reste largement une prérogative présidentielle. Il est toutefois possible que face aux contrariétés qui résultent d'un Congrès divisé, le président renforce son action sur le front commercial pour asseoir son autorité. Le risque d'escalade s'en trouverait alors accru.

Il n'est pas non plus impossible qu'une Chambre démocrate (soucieuse de défendre l'industrie américaine) soit plus réceptive aux mesures protectionnistes qu'une majorité républicaine généralement favorable au libre-échange.

 

Implications pour les marchés

A moyen terme, la réaction des marchés pourrait prendre une tournure différente de celle qui aurait pu être observée si le congrès était resté républicain. Les données historiques montrent en effet que la combinaison d'un Président républicain et d'un congrès divisé s'est accompagnée d'une performance des actions américaines plus faible que dans toute autre configuration (-4,3 % en moyenne en termes réels annualisés depuis 1952).

En revanche, celle d'un président et d'un Congrès républicains a produit des rendements annuels moyens de 12,3 % et correspond ainsi à la troisième combinaison la plus favorable.

Notons que ces chiffres doivent être relativisés dans la mesure où le nombre d'occurrences est faible et où beaucoup d'autres facteurs ont une influence sur les performances des marchés actions.

 

 

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