« Rallyes de Noël », performances pour l'année civile, et « effet janvier »

Par M&G Investment

22/12/2016 - Publié par M&G INVESTMENT MANAGEMENT LTD. dans Marché Actions

« Rallyes de Noël », performances pour l'année civile, et « effet janvier »

e pourrait-il que les professionnels de l’investissement cherchent à stimuler les marchés actions en décembre pour donner une image plus flatteuse de leur performance sur l’année civile ? Et devons-nous nous préparer à une baisse en janvier quand ces mêmes investisseurs dénoueront les positions dans lesquelles ils ne croient peut-être pas vraiment ?

Alors que les marchés actions continuent de progresser, on a l’impression que cette hausse est autoalimentée, comme Maria l’avait évoqué la semaine dernière.

 

 

Nombreux sont ceux qui peinent à justifier ces mouvements de prix. Ils considèrent généralement que la victoire électorale de Donald Trump y est pour quelque chose, mais se demandent si ces gains sont vraiment durables. Plus récemment, certains ont laissé entendre que ces « rallyes de Noël » (comme on les appelle) témoignent de l’intérêt des gérants professionnels à doper leur performance sur l’année civile.

 

 

 

Le tableau ci-dessous montre que, depuis 1971, les performances médianes de certains grands indices ont clairement été plus élevées au cours des deux derniers mois de l’année.

 

 

 

Aux États-Unis, environ 70 % des performances de décembre depuis 1971 ont été positives, alors qu’en Allemagne et au Japon, cette proportion est plus proche de 64 %. Ces pourcentages sont bien meilleurs que pour le reste de l’année : sur l’ensemble de l’année, 59 % des performances mensuelles ont été positives aux Etats-Unis, 58 % en l’Allemagne, et 57 % au Japon.

Le rallye de Noël relève de la catégorie des « anomalies saisonnières », tout comme l’adage « vends en mai et pars en congé » (« sell in May and go away », phénomène que l’on peut également observer dans le tableau), et « l’effet janvier » selon lequel les petites capitalisations américaines ont tendance à surperformer en début d’année.

Certains ont qualifié ces tendances d’anomalies, ce qui remet en question l’hypothèse d’efficience des marchés. Toutefois, il est également vrai que ces anomalies apparemment saisonnières pourraient en grande partie être le fruit du hasard. Sur un échantillon aussi limité, il n’est pas déraisonnable en effet de penser que de telles tendances puissent émerger sans cause commune sous-jacente.

Que ces anomalies soient réelles ou non, il n’est pas évident de les exploiter pour gagner de l’argent. Prenons l’effet janvier : il n’a pas du tout été visible l’an dernier, mais nous avons peut-être déjà raté le train pour 2017.

 

 

 

Une explication plus raisonnable du comportement de marché ?

Le problème avec les anomalies saisonnières est qu’elles exigent qu’un grand nombre d’investisseurs se comportent de façon corrélée. Il est improbable que les investisseurs professionnels se coordonnent pour stimuler leur performance de façon prévisible (et sans que cela fasse l’objet d’arbitrages).

Toutefois, ce type de comportements grégaire / moutonnier, à l’œuvre tant sur les marchés actions qu’obligataires, pourrait s’expliquer d’une autre façon. Cette explication a trait aux motivations de tous les investisseurs. Il s’agit de « l’incertitude des modèles de valorisation ». Ce concept qui repose sur les enseignements tirés de la théorie des jeux a été mis en évidence par Horace « Woddy » Brock. Selon ce dernier, lorsqu’il devient plus difficile de valoriser les actifs, le marché présente une plus forte propension à suivre une tendance et à atteindre des niveaux extrêmes.

En l’absence de référence claire en matière de valorisation, les investisseurs sont moins susceptibles d’intervenir à contre-courant lorsque les marchés évoluent dans un sens ou dans l’autre. C’est l’une des raisons que certains ont mis en avant pour expliquer la montée en puissance des comportements de suiveur de tendances sur les marchés des changes.

Compte tenu des éventuels revirements dans le consensus de politique monétaire et de l’avènement d’un possible point de bascule dans un contexte plus large, il est probable que l’incertitude des modèles de valorisation était déjà en train de gagner du terrain avant même la victoire de Donald Trump. Si l’on ajoute à cela le fait que les prévisions de croissance (et de rendement sur les emprunts d’État) se comparent à des niveaux très bas, et que l’année a été marquée par une violente remise en cause des dogmes établis, cela pourrait mieux expliquer le comportement du marché que la nature-même de l’année civile.

 

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