Poursuite de la hausse des taux US, marchés en attente …

Par Jean-Noël Vieille - lettre hebdomadaire n°240

20/06/2017 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Poursuite de la hausse des taux US, marchés en attente …

La page des élections françaises est tournée et ne restent désormais au plan européen que deux votes majeurs en 2017 : les élections allemandes en septembre et le referendum catalan. Les élections françaises d’une façon assez surprenante ont eu un fort retentissement sur les marchés mondiaux puisque c’est une des premières fois qu’un aléa purement français a des répercussions boursières dans le monde entier. Etaient en cause la montée du populisme et la possible remise en question du fait européen, ces deux facteurs conduisant à une forte incertitude ce que les marchés financiers détestent le plus. Désormais Emmanuel Macron détient les pleins pouvoirs avec 350 députés et a la lourde tâche de mener à bien deux axes politiques forts : réformer la société française et donner à l’Europe une autre dimension plus sociale et plus volontariste du point de vue économique.

Cette semaine a été marquée par la décision de la FED qui a été conforme aux attentes. Sur le plan des entreprises, l’actualité a aussi été forte avec la prise de contrôle par Amazon d’une société de distribution alimentaire américaine. Ceci fait accélérer le poids de la « digitalisation » dans nos économies e remet en cause l’existence de certains secteurs d’activité.

La Grande-Bretagne va débuter ses négociations avec l’Europe concernant le Brexit, ceci devrait commencer par un bras de fer politique où Theresa May ne sortira pas gagnante.

Cette semaine, le contexte boursier a été plutôt baissier sur l’ensemble des marchés : -1,18% pour l’Eurostoxx50, -0,69% pour le CAC 40 et -0,49% pour le DAX. Le DJ affiche aussi une hausse de 0,53% et le Nasdaq est en baisse assez marquée, -0,90% en raison de la chute de beaucoup de valeurs technologiques. Le NIKKEI a marqué aussi une diminution assez légère de 0,35%.

 

Négociations plus difficiles sur le Brexit !

Les négociations du Brexit débutent ce lundi à Bruxelles. A la suite des élections législatives perdues, la stratégie de Mme May reste incertaine. Elle n’a pas encore constitué une nouvelle majorité et lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron mardi à Paris, ce dernier a indiqué qu’il n’était pas exclu que le Royaume Uni reste membre de l’UE jusqu’à la fin des négociations. Notre sentiment sur cette question reste identique, la fragilité de Theresa May devrait rendre la négociation plus facile pour les européens qui n’ont aucun intérêt à accepter des exigences fortes d’autant que le rythme de croissance de l’économie britannique va être plus modérée, ne serait-ce qu’en raison de la baisse de la livre qui va amener de l’inflation importée. La banque centrale anglaise semble aussi très proche d’une hausse des taux, ce qui ne sera pas forcément propice à un retour de la croissance. Même si la probabilité est faible, rien ne dit au final que le gouvernement aille au bout du Brexit. Rien n’empêche si des contraintes politiques sont fortes, de refaire un vote qui irait certainement dans le sens du maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’Europe.

 

US : La Fed relève ses taux mais les marchés montrent des signes de fragilité

La Fed a augmenté ses taux directeurs de 25bp cette semaine sans grands effets sur les marchés financiers puisque ceci était attendu avec une probabilité de 100%. La Réserve Fédérale a précisé les modalités de la future réduction de son bilan mais n'a pas donné le timing du début du tapering : les réinvestissements seront dans un premier temps réduits de 6 Md$ par mois pour les emprunts d'Etat et de 4 Md$ par mois pour les autres formes de dette publique et pour les MBS. La stratégie consiste à baisser le bilan de la Fed de 4500 Md$, (l’équivalent de 15% du PIB US) en ne rachetant plus d’obligations lorsque les anciennes arrivent à échéance. Il s’agit d’une entrée en terre inconnue car il n’y a historiquement aucun précédent. Dégonfler le bilan d’une banque centrale a le même effet sur l’économie qu’un durcissement des conditions de crédit, avec en conséquence la baisse des obligations. Nous devrions assister à une hausse des taux d’intérêt de long terme qui va attirer les capitaux en recherche de rendement aux Etats-Unis, d’où une hausse du dollar, pouvant alors limiter la hausse des exportations et fragiliser la croissance américaine. La Fed est consciente de ces effets secondaires négatifs et elle va agir avec prudence et lenteur. L’issue est simple, soit la croissance américaine se maintient à un rythme confortable au cours des prochaines années et la Fed pourra reconstituer sa marge de manœuvre sur les taux et la taille de son bilan, soit la croissance ne tient pas et l’instant est grave car la Fed ne pourra intervenir faute de moyens, pouvant provoquer alors une récession d’envergure. Ce scénario commence à être intégré par certains économistes.

Pour l’instant, sur le plan macroéconomique, les données sont disparates et ne crédibilisent pas un scénario de récession mais accréditent un fléchissement : l’indice Michigan anticipé pour juin concernant l’attente des consommateurs affiche un score décevant (94,5 vs cons 97) mais les demandes de chômage ont diminué (237k vs 245k précédemment), l’indice Empire manufacturing de juin est ressorti supérieur aux attentes (19,8 vs cons 5), comme l’indice de la Fed de Philadelphie (27,6 vs 24,9). Les permis de construire et les mises en chantier ont reculé en mai, prolongeant le mouvement de baisse amorcé depuis plusieurs mois. La construction avait été particulièrement dynamique sur les premiers mois de l'année, « sauvant » ainsi la croissance du T1-2017 mais l'effet ne se reproduira pas. L'économie américaine aura donc besoin d'autres relais. La consommation apparaît comme plus solide mais l'ampleur de l'accélération est encore modeste.

Les pressions judiciaires sur Donald Trump se sont renforcées. Le président est visé par une enquête du procureur spécial Robert Mueller concernant les soupçons d’ingérence russe durant la campagne présidentielle de 2016. L’embellie boursière liée à l’élection de Trump pourrait donc être terminée.

 

Faut-il craindre l’évolution future des marchés financiers ?

Désormais, le risque éventuel concerne le marché américain. Le recul récent des indices américains reflète ce pessimisme naissant, qui creuse l'écart de performance avec les indices européens depuis trois mois. Néanmoins, depuis le début de l'année, le S&P 500 fait mieux que le Stoxx Europe 600 (+8,6% vs +7,5%). Les valeurs technologiques sont particulièrement sous pression depuis quelques mois, en raison d’une valorisation qui peut paraître excessive puisque nous ne sommes plus très loin des exagérations de l’an 2000, qui ont coûté très cher à ce secteur. La dynamique des flux est aussi intéressante à analyser. Les flux d’investissements constatés sur les ETF en mai ont vu un transfert de 8,5 Md€ vers les actions européennes et un désinvestissement de 3,1 Md€ sur les Etats-Unis.

Le secteur de la distribution a été attaqué en fin de semaine suite à l'annonce de l'achat de Whole Foods Market par Amazon pour un montant de 13,7 Md$. L'implantation d’un géant de la distribution Internet sur le segment des marchés domestiques créée une nouvelle concurrence aux acteurs historiques locaux. Cette perspective a de quoi inquiéter un secteur très compétitif en Europe avec des marges comprimées. En conclusion, nous restons toujours positifs sur les valeurs européennes, les baisses actuelles restent des opportunités d’investissement. Il faut en contrepartie être prudent sur les valeurs américaines, surévaluées de près de 10% selon nos modèles.

 

Par Jean-Noël Vieille - le 19 juin 2017

 

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