Par Karamo KABA, Directeur des études économiques - 19 février 2018

Après avoir perdu jusqu'à 10% de leur valeur, la phase de correction sur les marchés financiers semble s'être achevée en dépit de quelques enquêtes d'activité décevantes et surtout d'une inflation plus forte qu'attendu aux Etats-Unis.

La plupart des grands indices se sont adjugé de forts gains hebdomadaires, à l'image du S&P 500 (+4,30%, à 2 732 points) ou de l'EuroStoxx 50 (+3,03%, à 3 427 points), rattrapant ainsi une grande partie du chemin perdu depuis fin janvier. Cette marche en avant des indices s'est inscrite dans un contexte de retour au calme puisque la volatilité des marchés, qui avait atteint des pics observés uniquement pendant les crises, s'est écroulée. L'indice Vix, qui mesure cette anxiété des investisseurs, a reculé à 18,04 points après avoir atteint un sommet à 38,80 points. Dans ces conditions, les investisseurs se sont focalisés sur les résultats d'entreprises qui ont continué d'être bons, ce qui a stimulé la remontée de la Bourse. Il faut faire attention toutefois à tout excès d'optimisme. Nous ne sommes pas à l'abri de voir les indices dégringoler de nouveau, d'autant plus que, à en croire l'enquête BofA Merril Lynch Global Fund Manager, un nombre élevé de gestionnaires de fonds trouvent que les marchés d'actions sont surévalués. A la moindre étincelle, il faudra s'attendre à de nouvelles turbulences sur les indices.

On aurait pu s'attendre à ce que ce catalyseur vienne du rapport d'inflation américain de janvier. En effet, l'indice des prix à la consommation a connu une nette accélération en janvier (+0,5%, après +0,1% en décembre), tracté par le bond des prix de l'énergie (+3,0%). Hors éléments volatils (énergie, alimentation ), l'inflation sous-jacente a enregistré une progression de 0,3%, soit sa plus forte hausse mensuelle depuis mars 2005. Les pressions inflationnistes gagnent en intensité, surtout que l'enquête NFIB auprès des patrons de PME a montré que 24% des chefs d'entreprises, soit le plus haut niveau depuis décembre 1989, déclarent vouloir augmenter les salaires dans les prochaines semaines. Cela s'est traduit par une nouvelle remontée des taux longs américains qui ont retrouvé des niveaux oubliés depuis quatre ans. Le rendement du taux à 10 ans a ainsi cassé à la hausse le seuil de 2,90%. Cette tendance haussière des taux s'est toutefois estompée après le premier recul en cinq mois de la production industrielle (-0,1% en janvier). Au final, le rendement du taux à 10 ans américain s'est apprécié de 5 centimes, à 2,87% en fin de semaine, sous-performant une nouvelle fois les taux allemands (+2 centimes, à 0,71%) et français (-3 centimes, à 0,96%).

La hausse des taux a également été favorisée par les perspectives encourageantes de la zone Euro et du Japon. Le PIB japonais est ainsi ressorti en hausse de 0,5% au quatrième trimestre, ce qui porte à 8 le nombre de trimestres de rang sans contraction, soit la séquence la plus longue du pays en près de 30 années. Quant à la zone Euro, le PIB a progressé de 0,6% dans la zone Euro, après 0,7% au troisième trimestre. Cela porte à 2,5% la progression du PIB en 2017, soit sa meilleure performance en dix ans.

Sur la scène des changes, la baisse de l'aversion pour le risque s'est faite au détriment du dollar qui, délesté de sa fonction de valeur refuge, a repris sa tendance baissière. L'euro en a profité pour se rapprocher du seuil de 1,25 dollar encouragé par les chiffres de la croissance. Le rebond du pétrole (+2,29% pour le Brent) a profité aux devises liées aux matières premières comme le dollar australien.

 

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Source : Ecofi Investissements, au 16 février 2018.

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