Par Karamo KABA, Directeur des études économiques – 25 juin 2018

Les nuages continuent de s'amonceler au-dessus de l'économie mondiale, ce qui n'incite pas les investisseurs à prendre des risques. Ainsi, après la réponse immédiate de la Chine à la hausse des droits de douane américains, le Président Trump menace à nouveau de taxer pour 200 milliards de dollars d'importations chinoises. Ce à quoi Pékin a promis de riposter de façon immédiate.

Cet engrenage de tensions a de quoi inquiéter. En effet, après Daimler qui a lancé un avertissement sur ses résultats, tout porte à croire que d'autres entreprises vont revoir à la baisse leurs prévisions de bénéfices du fait de la spirale protectionniste sino-américaine. Ce n'est donc pas un hasard si les investisseurs ont commencé à anticiper cette détérioration des résultats, surtout si l'on se remémore que 43% du chiffre d'affaires des entreprises qui composent le S&P 500 est réalisé à l'étranger. Les indices boursiers ont donc à nouveau fortement reculé, à l'image du Dow Jones (-2,0% sur la semaine, à 24 581 points). Les investisseurs semblent redouter qu'une augmentation des droits de douane vienne grignoter davantage les marges des entreprises américaines, à un moment où les tensions salariales sont facilitées par la bonne orientation du marché de l'emploi et par la solidité de l'économie. D'ailleurs, même si l'indice ISM composite a reculé en juin (-0,6 à 56 point), son niveau reste très élevé et cohérent avec le scénario d'un rebond de l'activité dès le deuxième trimestre.

La déprime sur les places américaines s'est propagée, ce qui a provoqué la baisse de la quasi-totalité des bourses mondiales. En Europe, les reculs les plus importants ont été enregistrés en Allemagne où l'indice Dax a subi de forts dégagements (-3,3% à 12,580 points), handicapé par la présence de gros exportateurs des tats-Unis vers la Chine comme BMW ou Daimler. Le secteur automobile a aussi été pénalisé avec le rappel par Daimler de 774 000 voitures suite au scandale du « dieselgate ». En France, le CAC 40 n'a pas été épargné par la baisse (-2,1%, à 5 387 points), tout comme l'indice EuroStoxx (-1,8%, à 3 442 points), même celle-ci a été stoppée par la décision de l'Opep d'augmenter sa production d'environ un million de barils par jour pour limiter la flambée des cours. La résurgence du risque politique en Europe (Allemagne, Italie, dossier des migrants) a par ailleurs davantage incité les investisseurs à réduire leurs expositions sur les valeurs européennes. Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien, s'est prononcé en faveur d'une réduction de la contribution de son pays au budget de l'Union européenne en cas d'absence d'avancées sur le dossier des migrants. De leur côté, le Japon (-1,5% pour le Nikkei) et les pays émergents ont encore souffert, avec des forts replis en Chine (-4,4%, à 2 890 points pour l'indice de Shanghai).

Ce contexte a favorisé les actifs considérés comme les plus sûrs. A 2,9%, le rendement du taux à 10 ans américain est ressorti en baisse de 3 points de base sur la semaine en dépit de la nouvelle flambée du pétrole (+5,4% pour le WTI). Quelques statistiques ont aussi poussé les investisseurs à la prudence. Outre la baisse de l'indice ISM composite préliminaire en juin, les ventes de logements existants se sont contractées en mai (-0,4% sur un mois, à 5,430 millions en rythme annualisé), de même que l'indicateur de la Fed de Philadelphie qui a chuté de 14,5 points sur le mois, à 19,9. En Allemagne, les tensions politiques entre le CDU de la Chancelière Merkel et son partenaire bavarois (CSU) sur la crise des migrants ont ravivé à l'échelle de l'Europe le spectre du risque politique. D'où un appétit renforcé pour les titres souverains allemands (-7 points de base pbs à 0,34%) et une nette sous-performance des pays périphériques (Italie : +8 pbs, à 2,71% ; Espagne : +5 pbs, à 1,35%).

Sur la scène des changes, l'appréciation du dollar s'est poursuivie en début de semaine, aidée par les tensions commerciales en toile de fond. Cela s'est estompé après la réunion de la Banque d'Angleterre qui a laissé la porte ouverte à un resserrement monétaire en août, ce qui a soutenu les devises européennes. L'euro a mis fin à sa glissade pour finir vendredi à 1,16654, soit une hausse de 0,52%.

 

Rendez-vous lundi prochain

 

Source : Ecofi Investissements, au 22 juin 2018.

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