Par BNP AM

Marchés en mars : deuxième baisse mensuelle des actions

Après la violente baisse des actions début février et leur remontée chaotique dans les semaines qui ont suivi, les investisseurs ont fait preuve d'un certain attentisme, hésitant sur le scénario à adopter et s'interrogeant sur les conséquences des mesures commerciales décidées aux Etats-Unis.

Ce thème a rythmé tout le mois, des premières annonces faites par le Président Trump aux menaces contre la Chine le 22 mars, en passant par la promulgation, le 8, de la loi établissant des droits de douane sur les exportations d'acier (taxe de 25 %) et d'aluminium (taxe de 10 %) vers les Etats-Unis et les accords d'exemptions passés avec plusieurs pays dans la foulée.

Le manque de visibilité, tant sur les décisions que sur leurs conséquences, a entretenu une certaine fébrilité et c'est finalement la crainte d'une guerre commerciale (que le Président Trump juge « facile à gagner ») qui s'est imposée dans l'esprit des investisseurs.

Malgré un rebond des grands indices actions au cours de la dernière semaine du mois suite à des informations laissant espérer des négociations entre la Chine et les Etats-Unis plutôt qu'une escalade rapide des tensions commerciales, le MSCI AC World a terminé en baisse de 2,4 % par rapport à fin février et de 1,4 % par rapport à fin 2017.

Les actions émergentes ont un peu mieux résisté en mars (-2,0 % pour l'indice MSCI Emerging en dollars), ce qui leur permet d'afficher une hausse modeste au 1er trimestre (+1,1 %).

La volatilité des actions a augmenté, l'indice VIX calculé sur les options du S&P 500 repassant ponctuellement au-dessus de 24 contre moins de 20 fin février. Face à un environnement économique qui est resté plutôt porteur, à l'exception notable du fléchissement des enquêtes d'activité dans la zone euro, sans signe d'accélération préoccupante de l'inflation, la contagion aux autres actifs risqués a pu être, pour l'essentiel, évitée.

 

Marchés en mars : volatilité des actions plus élevée qu'en 2017

Volatilité : S&P 500 et Eurostoxx 50 (données hebdomadaires)

Source : Thomson Reuters, BNP Paribas Asset Management, données au 04/04/2018

 

Marchés en mars : des facteurs spécifiques ont joué

Les marchés actions ont aussi pâti d'éléments spécifiques aux grands acteurs américains du secteur technologique (problèmes de réputation en lien avec la gestion de la confidentialité des données des utilisateurs, craintes d'un renforcement de la règlementation et de la fiscalité aux Etats-Unis et en Europe).

Compte tenu de la nervosité des investisseurs en actions, ces éléments ont touché de plein fouet les leaders du secteur, qui avaient connu des performances exceptionnelles jusque-là, et affecté le reste de la cote, en particulier les valeurs cycliques au bénéfice des secteurs défensifs.

En devises locales, les baisses mensuelles des grandes places développées ont été du même ordre de grandeur : -2,7 % pour le S&P 500, -2,8 % pour le Nikkei 225 et -2,3 % pour l'Eurostoxx 50.

Les places américaines ont souffert des craintes d'une escalade des tensions commerciales qui pourrait aboutir à des représailles visant les exportations américaines. Les nouveaux départs de personnalités de premier plan de l'administration Trump ont aussi pu inquiéter les investisseurs. Enfin, l'importance des grandes valeurs technologiques dans les indices a accentué la baisse.

Les indices européens ont été pénalisés par des données économiques moins solides qu'attendu, par un euro qui s'est encore renforcé en mars (+0,9 % face au dollar) et, dans une moindre mesure, par l'incertitude née du résultat des élections générales en Italie en début de mois.

Les actions japonaises ont pâti du passage ponctuel de la parité USD/JPY sous 105, ce qui correspond au plus haut niveau du yen face au dollar depuis novembre 2016. La situation politique a compté : en raison du rôle qu'aurait joué son épouse, le Premier ministre Abe est fragilisé par une affaire de trafic d'influence impliquant le ministre des finances. La baisse de sa popularité jette un doute sur ses chances d'être reconduit à la tête du Parti libéral démocrate en septembre et de pouvoir ainsi rester Premier ministre.

 

Baisse généralisée des indices en mars

Actions au 30 mars 2018

Note : Indice 100 = 01/01/2017. Source : Bloomberg, BNP Paribas Asset Management, données au 30/03/2018

 

A retenir : normalisation prudente des politiques monétaires

A l'issue de la réunion du FOMC des 20 et 21 mars, le taux objectif des fonds fédéraux américains a été remonté de 25 pb et évoluera désormais entre 1,50 % et 1,75 %. Ce mouvement était largement anticipé en raison de très solides données économiques et des commentaires des officiels de la Fed. La vigueur de la croissance, et du marché du travail en particulier, dans un contexte où la politique budgétaire devrait apporter un soutien à la consommation et à l'investissement, plaide en effet pour une hausse régulière des taux directeurs.

Les données sur l'inflation ont quelque peu tempéré les craintes d'une accélération brutale qu'avait fait naître la forte hausse des salaires en janvier. En glissement annuel, le déflateur des dépenses de consommation est ressorti à 1,8 % en février (après 1,7 % en janvier) et l'indice sous-jacent s'est inscrit à 1,6 %. La Fed prévoit que cette mesure de l'inflation qu'elle surveille tout particulièrement dépasse légèrement l'objectif en 2019 et 2020. Elle a revu à la hausse le niveau de taux directeurs jugé « approprié » pour 2019 et 2020 mais pas pour 2018, n'envisageant que 2 hausses supplémentaires.

A l'issue du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne du 8 mars, les taux directeurs ont été maintenus aux niveaux en vigueur depuis mars 2016 (0 % pour le taux des opérations principales de refinancement, 0,25 % pour la facilité de prêt marginal et -0,40 % pour la facilité de dépôt) et y resteront « bien au-delà de l'horizon fixé pour les achats nets d'actifs ». Ces achats vont continuer à se faire au rythme mensuel de 30 milliards d'euros jusqu'à fin septembre 2018 ou au-delà si nécessaire et le réinvestissement des titres arrivés à échéance va se poursuivre.

Le seul changement est la suppression du biais baissier qui prévoyait une prolongation ou une augmentation des achats de titres si l'hypothèse d'un ajustement durable de l'inflation devait être remise en cause. Cette modification est mineure.

L'inflexion constatée dans les enquêtes de confiance et d'activité publiées en mars ne remet pas en cause la solide dynamique de croissance. Dans ce contexte, la BCE doit chercher les arguments pour conserver sa politique monétaire accommodante dans l'évolution de l'inflation. Selon Mario Draghi, l'inflation sous-jacente (1 % en janvier et février) ne s'inscrit pas encore d'une manière convaincante sur une tendance haussière.

 

Inflation reste maîtrisée

Inflation sous-jacente des prix à la consommation (en glissement annuel en %)

Source: Bloomberg, BNP Paribas Asset Management, données au 04/04/2018

 

 

L'environnement économique reste porteur en ce début de printemps

L'OCDE estime désormais que la croissance mondiale devrait s'établir à 3,9 % en 2018 et en 2019 (après 3,7 % en 2017). Cette révision à la hausse reflète la prise en compte de la solide dynamique observée fin 2017 mais surtout de meilleures perspectives pour 2019 en matière d'investissement des entreprises et d'emploi sur fond de politiques budgétaires expansionnistes aux Etats-Unis et, possiblement, en Allemagne.

L'OCDE précise toutefois « qu'une escalade des tensions commerciales serait dommageable pour la croissance et l'emploi », mettant l'accent sur un des éléments qui a retenu l'attention des investisseurs en mars et devrait continuer à le faire.

Le manque de visibilité sur les conséquences possibles de la décision du Président des Etats-Unis d'imposer des droits de douane sur l'aluminium et l'acier et de prendre des sanctions commerciales spécifiques contre la Chine a entretenu une certaine nervosité. L'Europe a apporté son lot d'incertitudes politiques avec les élections italiennes qui n'ont pas dégagé de majorité, ouvrant la voie à de longues négociations entre les principaux partis pour la formation du prochain gouvernement.

Malgré cet environnement moins lisible, les craintes en mars sont restées circonscrites au thème protectionniste, les investisseurs pouvant se raccrocher une fois de plus aux messages plutôt apaisants en provenance des banques centrales alors que l'inflation n'a pas montré de signe d'accélération incontrôlée.

Même lorsqu'elles sont engagées dans la voie de la normalisation comme la Fed, les autorités monétaires veulent éviter de provoquer des remous sur les marchés financiers. En l'absence de développements très défavorables, aboutissant à une « guerre commerciale », et d'accélération brutale de l'inflation, qui décrédibiliserait l'action des banques centrales, les fondamentaux macro et microéconomiques porteurs devraient soutenir les actions. 

 

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