Les entreprises japonaises deviennent plus généreuses

Par Metzler Asset Management GmbH

06/07/2017 - Publié par METZLER ASSET MANAGEMENT GMBH dans Marché Autre

Les entreprises japonaises deviennent plus généreuses

Les actionnaires japonais peuvent espérer une pluie de dividendes. Les versements de dividendes ont atteint un niveau inégalé à Tokyo ces derniers mois, et tout laisse à penser que ces distributions record vont continuer. Les bénéfices sont en hausse et les pratiques des conseils d’administration commencent à évoluer. Le critère de l’efficacité de la gestion du capital reflète de plus en plus la bonne gestion d’une entreprise. Dès lors, les entreprises japonaises cherchent de plus en plus à racheter leurs actions. Elles tablent en outre sur une hausse des dépenses en investissement dans l’intention d’améliorer l’efficacité des processus de production et de développer de nouvelles technologies.

 

Le géant des télécommunications NTT Docomo montre la tendance : les dividendes devraient être portés à 100 yens pour l’exercice en cours (qui a débuté en avril) – soit une hausse de 20 yens par rapport à l’année précédente, et bien plus que celles des années précédentes. De nombreuses sociétés cotées au Japon s’alignent. Leurs politiques de distribution sont aujourd’hui plus généreuses en dépit d’une baisse de la rentabilité pour certaines d’entre elles. À titre d’exemple, Nomura Real Estate Holdings a rehaussé son dividende de 5 à 65 yens au titre du dernier exercice malgré une baisse de ses bénéfices, et la société prévoit maintenant de le porter à 70 yens.

 

Lors de l’exercice précédent, les dividendes des sociétés cotées au TOPIX, l’indice de référence de la Bourse de Tokyo, atteignaient un volume record de 11 800 milliards de yens (94,7 milliards d’euros) – et la poursuite de cette tendance semble en bonne voie. Quelques années plus tôt seulement, les niveaux des dividendes semblaient presque immuables, et de nombreuses sociétés versaient un montant identique d’une année sur l’autre, indépendamment de leurs résultats. Les ajustements étaient alors occasionnels et modestes. Néanmoins, depuis que le Premier ministre Shinzo Abe a présenté le « Stewardship Code » (Code de gérance) il y a trois ans, afin de permettre aux investisseurs institutionnels d’exercer une plus grande influence sur les sociétés cotées, les pratiques de nombreux conseils d’administration ont évolué.

 

L’introduction de l’indice boursier JPX Nikkei 400 au début de l’année 2014 a par ailleurs joué un rôle positif. Ses membres se distinguent par des résultats opérationnels supérieurs à la moyenne et une rentabilité élevée des fonds propres. Dans la mesure où les investisseurs institutionnels, tels que le Fonds d'investissement des pensions du gouvernement japonais, s’intéressent avant tout à cet indice, de nombreuses sociétés aspirent à intégrer ce dernier en améliorant leur efficacité. En effet, nombre d’entre elles fixent aujourd’hui des objectifs de dividendes à moyen terme plus en rapport avec les bénéfices réalisés – une tendance qui renforce la confiance des investisseurs.

 

Désormais, nombreux sont les investisseurs qui espèrent même être associés plus étroitement à l’évolution future des résultats de l’entreprise. L’indice Nikkei Stock Average Dividend Point, entre autres, donne une indication du niveau de ces anticipations : il reflète les versements de dividendes annuels perçus par un investisseur fictif qui détiendrait toutes les actions représentées dans l’indice Nikkei 225. Les contrats à terme sur indice de décembre cotés à Singapour ont atteint un pic annuel de 364 yens le 11 mai dernier, avec une progression d’environ 11 % pour l’exercice en cours d’ores et déjà intégrée dans les cours. La performance de ces contrats à terme (livraison en décembre 2018) révèle que les investisseurs anticipent actuellement une hausse supplémentaire de près de 9 % pour l’année à venir.

 

Les programmes d’avantages pour les investisseurs n’y sont pas inclus. Ces distributions spéciales sont très répandues au Japon et, d’après les comptes rendus des médias, elles ont été mises en place par 35 % des sociétés cotées – et la tendance est à la hausse. Les versements ne dépendant en général pas du nombre d’actions détenues, ce sont les investisseurs particuliers qui en bénéficient le plus. Les bons d’achat, produits alimentaires, produits de beauté et d’hygiène sont parmi les avantages les plus répandus. Les sociétés espèrent stabiliser leur base de clients en séduisant les petits investisseurs. Mais les coûts sont élevés : la valeur de marché de ces avantages est estimée à environ 100 milliards de yens (800 millions d’euros). Les frais de distribution et les coûts administratifs constituent le premier poste de dépenses.

 

Les programmes de rachat d’actions offerts par les sociétés semblent plus attrayants. Jusqu’à la mi-mai, les sociétés du TOPIX s’engageait à racheter pour près de 1 800 milliards de yens (14,5 milliards d’euros). Un volume toutefois bien inférieur à celui de l’année passée. D’une part, dans la mesure où les cours sont aujourd’hui nettement plus élevés qu’en 2016, les rachats d’actions semblent être un outil moins intéressant pour faire progresser les cours. D’autre part, l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a soulevé des inquiétudes parmi les exportateurs, qui craignent être conconfrontés à des fluctuations erratiques des cours de changes. Plusieurs exportateurs ont donc annoncé des prévisions de bénéfices prudentes. Si Toyota Motor dispose cette année encore de l’un des programmes de rachats d’actions les plus conséquents, avec un budget de 250 milliards de yens (2 milliards d’euros), les volumes atteignaient lors de l’exercice précédent environ 700 milliards de yens (5,6 milliards d’euros). L’opérateur de téléphonie mobile Softbank Group a dépensé 500 milliards de yens (4 milliards d’euros) en rachats d’actions sur l’exercice de douze mois clos en mars, tandis que Nippon Telegraph and Telephone Corporation a dépensé 345 milliards de yens (2,8 milliards d’euros).

 

Les sociétés japonaises annoncent habituellement le montant de leurs programmes de rachats entre les mois de janvier et de juin. Si la tendance venait à se poursuivre, les volumes pourraient bien se révéler inférieurs à 3 000 milliards de yens (24 milliards d’euros) cette année. En 2016, un record de 5 700 milliards de yens (45,7 milliards d’euros) a été atteint. Mais il ne s’agit que de simples spéculations à ce stade. Les fonds disponibles pour de tels rachats sont significatifs. En effet, à fin décembre 2016, les entreprises (hors organismes financiers) avaient accumulé 244 000 milliards de yens (presque 2 000 milliards d’euros) de trésorerie et d’équivalents de trésorerie, soit une hausse de 7 % par rapport à 2015.

 

Il est donc fort probable que des programmes de plus grande envergure soient annoncés dans les prochains mois. Certains investisseurs pourraient bien évoquer le sujet lors des prochaines assemblées des actionnaires en juin. Après tout, les sociétés sont actuellement dans une posture particulièrement favorable : les bénéfices nets cumulés sont sensiblement supérieurs aux anticipations de la plupart des analystes et ont même atteint des niveaux record. Cette année encore, les bénéfices sont à la hausse, bien que les sociétés se montrent plus prudentes et tablent sur une progression plus modeste en raison d’éventuelles fluctuations des taux de changes.

 

Les sociétés sont cependant plus agressives en matière d’investissements, comme en témoigne le rapport Tankan publié par la Banque du Japon au printemps dernier. Les grandes entreprises interrogées ont indiqué que leurs budgets intégraient des investissements en hausse de 0,6 % en moyenne par rapport à l’exercice précédent. Les entreprises de taille moyenne ont quant à elles prévu d’augmenter leurs fonds dédiés aux investissements de 17,5 %. Une telle hausse a eu un impact positif sur les chiffres de la croissance au quatrième trimestre 2016 et au premier trimestre 2017.

 

L’économie japonaise enregistre une croissance sur les cinq derniers trimestres. Tout porte à croire que cette expansion se poursuivra en avril jusqu’au mois de juin et au-delà. Selon le bureau du cabinet des ministres à Tokyo, les secteurs dans lesquels les investissements récents sont les plus importants sont la construction, l’industrie agroalimentaire et l’industrie électronique. Un thème récurrent dans les conseils d’administration des grandes entreprises est celui de l’automatisation des processus de production, également appelée « Smart Factory ». Quant aux petites entreprises, elles sont pénalisées par un manque de main d’œuvre évident et doivent accroître leurs investissements pour rationaliser leurs processus de production.

 

 

Les constructeurs automobiles sont tout particulièrement disposés à investir. Pour les seuls investissements en R&D, les sept plus gros constructeurs japonais espèrent dépenser environ 2 800 milliards de yens (22,5 milliards d’euros) au cours de cet exercice, atteignant ainsi un nouveau record. Toyota mise entre autres sur les opportunités que présente l’intelligence artificielle. Ses objectifs ont été définis sur le long terme. En effet, selon le Président Akio Toyoda, un tel investissement stratégique pourrait bien ne pas porter ses fruits avant dix ou vingt ans.

 

Achevé d'écrire le 31 mai 2017

 

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