Les marchés ont réagi avec nervosité à la multiplication et à l'escalade des conflits commerciaux entre les Etats-Unis et ses principaux partenaires commerciaux : l'administration Trump ayant annoncé une série de droits de douanes avec la Chine, l'Union Européenne, le Mexique et le Canada. Ces annonces, et la tonalité fortement protectionniste du discours de l'administration américaine ont conduit à une légère correction et à un regain de volatilité des marchés. Dans les faits, les droits de douane annoncés ne couvrent qu'une faible fraction de l'économie mondiale et n'auront sans doute qu'une influence limitée sur la croissance mondiale.

 

Les droits de douanes imposés par un pays agissent directement sur la consommation des ménages de ce pays, en renchérissant pour les consommateurs la valeur des biens importés. Cet effet est cependant limité par le périmètre des nouveaux droits de douanes, qui bien que chiffrés en dizaines de milliards d'euros, ne correspondent qu'à une faible fraction des échanges commerciaux entre les principales économies mondiales. Les représailles des partenaires commerciaux, qui à leur tour imposent des droits de douanes, peuvent pour leur part avoir des effets plus marqués pour un pays, en réduisant les débouchés de ses industries exportatrices.  Les guerres commerciales ont également de potentiels effets sur la confiance des dirigeants d'entreprise et l'investissement. Ce type de conflit n'est donc souvent pas un jeu à somme nulle, mais peut freiner la croissance chez l'ensemble des parties prenantes.

 

Ces effets, bien que non négligeables, ne sont pas non plus catastrophiques pour une économie dont la croissance actuelle reste nettement supérieure à la tendance, et au sein de laquelle l'industrie et l'agriculture tiennent désormais une place secondaire. Par conséquent, il est peu probable que ces conflits impactent la tendance générale des résultats boursiers sur les 12 à 18 mois à venir. Le risque pourrait cependant survenir d'une escalade supplémentaire plus profonde et plus durable, voire de conflits diplomatiques.

 

En Europe, la crise politique a fait son retour. La reprise de la croissance, alimentée par des mesures de relance conséquentes de la part de la banque centrale européenne, a permis de colmater les brèches sans pour autant corriger les déséquilibres économiques structurels de la zone euro, notamment les niveaux d'endettements de certains membres. Ces déséquilibres sont l'un des facteurs majeurs à l'origine de la récente crise politique en Italie, qui a conduit à une coalition à dominante populiste au pouvoir. Après des débuts difficiles, le nouveau gouvernement italien a cependant adopté un ton plus conciliant à l'égard de l'Union européenne et confirmé l'appartenance à la zone Euro. En effet, selon une enquête récemment publiée, l'adhésion à l'euro en Italie a augmenté depuis novembre dernier en passant de 59% à 61%. Seuls 29% des Italiens disent vouloir quitter l'euro tandis que les 10% restants sont incertains. Ce n'est peut être pas un long fleuve tranquille qui s'annonce pour l'Italie, mais une nouvelle crise  majeure de l'euro initiée de l'autre côté des Alpes est peu probable à l'heure actuelle.

 

Dans ce contexte de volatilité et de tension, mais en l'absence de risque majeur de détérioration de l'économie mondiale, nous scrutons des opportunités de renforcement de positions sur les actifs bon marché, et de prise de bénéfices sur ceux ayant connu une hausse conséquente. Nous continuons à privilégier la zone euro au détriment des Etats-Unis et des pays émergents, notamment du fait d'une certaine décote des actifs européens dans le sillage de l'incertitude politique actuelle.

 

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