Par Karamo KABA, Directeur des études économiques - 22 janvier 2018

Il n'aura fallu que huit séances de bourses pour que l'indice Dow Jones passe de 25 000 à 26 000 points. Auparavant, il avait fallu attendre 25 séances pour que l'indice gagne 1 000 points pour passer à 25 000 points et auparavant 31 séances pour passer à 24 000 points. Cette accélération du temps ne doit rien au hasard. Outre les enquêtes d'activité qui continuent de rester solides, les indices restent soutenus par les bons résultats des entreprises, ressortis au-dessus des attentes pourtant élevées au quatrième trimestre.

 

Ainsi, sur les 53 entreprises de l'indice S&P 500 qui ont publié leurs comptes, la croissance des bénéfices a été de 13%, portée par les bons résultats du secteur de la technologie, de l'énergie et de la santé. Cela a permis aux indices américains de conclure la semaine sur une nouvelle hausse (+0,9% pour le S&P 500 ; +1,04% pour le Dow Jones ; 1,04% pour le Nasdaq), établissant ainsi un dixième record en 2018. Dans un contexte de hausse de la volatilité (+1,11 point pour l'indice VIX) avec l'imminence d'un « shutdown* » aux Etats-Unis, cet élan haussier s'est propagé aux autres places financières puisque le Nikkei et l'EuroStoxx 50 ont progressé respectivement de 0,63% et de 1,01% sur la semaine.

 

L'attrait pour les actifs risqués s'est aussi poursuivi sur les places émergentes (+1,78% pour le MSCI Emergents), notamment après la publication d'un PIB chinois meilleur qu'attendu (+6,8% sur un an glissant au quatrième trimestre). L'activité chinoise a donc progressé de 6,9% en 2017 contre 6,7% en 2016, ce qui constitue la première accélération de la croissance depuis 2010.

 

Sur les marchés obligataires, le tempo semble également s'accélérer. En effet, tout au long de la semaine, des rumeurs sur un possible changement de discours de la Banque centrale européenne (BCE) ont bruissé. Des déclarations contradictoires entre membres de l'Eurosystème sont même apparues. Ainsi, d'un côté l'allemand Jens Weidmann estime qu'il est temps de mettre fin à la stimulation monétaire. De l'autre côté, le Français François Villeroy de Galhau plaide pour davantage de gradualisme. Cette divergence - qui frise la rivalité - prend tout son sens lorsqu'on la place dans la perspective d'une course à la succession de Mario Draghi, dont le mandat s'achève en octobre 2019. En attendant, nous pensons que le discours de la BCE va rester accommodant, ne serait-ce que pour limiter l'appréciation de l'euro. Cela a soutenu la hausse des rendements. Le taux à 10 ans de l'Etat allemand a gagné 4 points de base (pbs) pour finir la semaine à près de 0,60%, sous-performant tous les autres emprunts (-2 centimes pour le 10 ans français), notamment les taux longs des pays périphériques (Portugal : -6 centimes ; Italie et Espagne : -3 centimes).

 

Le tempo s'accélère enfin au niveau des changes, où le dollar a poursuivi sa glissade (-0,21% pour le taux de change effectif). Même si le recul est moins fort que les semaines précédentes, le billet vert a été pénalisé par la menace d'un nouveau « shutdown* », le premier depuis 2013. Selon les estimations, chaque jour qui passe coûte 6 milliards de dollars. Cette situation de blocage pourrait donc peser sur l'activité, surtout si elle venait à durer. Avec une hausse de 0,14% sur la semaine, l'appréciation de l'euro s'est poursuivie pour finir la semaine à 1,22 dollar, soit un plus haut niveau de trois ans. La devise européenne est soutenue par des flux entrants du fait de fortes anticipations économiques pour la zone Euro. Ainsi, après une hausse de 2,4% en 2017, le consensus s'attend encore à voir le PIB de la zone progresser de 2,2% en 2018, une performance inédite depuis 2007.

* Dans la politique américaine, le « shutdown » signifie l'arrêt des activités gouvernementales non jugées essentielles faute d'un vote sur leur financement par le Congrès.

 

Rendez-vous lundi prochain

 

Source : Ecofi Investissements, au 19 janvier 2018.

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