Par Olivier GUILLOU – Directeur de la gestion - 12 mars 2018

L'incertitude sur l'impact des droits de douane américains sur l'acier (25%) et sur l'aluminium (10%) est de nature à soutenir la volatilité des marchés. La Chine - dont on pourrait croire qu'elle est visée - ne représente en fait que 2% des importations. L'attention s'est donc focalisée sur le Mexique et le Canada, mais finalement une exemption a été annoncée, sous conditions de révision de l'ALENA (accord de libre-échange nord-américain). Les investisseurs ne semblent donc pas inquiets outre mesure de ces risques et se focalisent sur les fondamentaux économiques. La situation pourrait néanmoins évoluer, une guerre des changes pouvant se mettre en place, avec des conséquences franchement négatives pour le commerce mondial.

Pour l'instant, l'ensemble des biens et secteurs évoqués ne pèsent que très peu dans le pourcentage des importations ou du PIB américains. Les vraies cibles sont les gros contributeurs au déficit commercial américain, à savoir la Chine et l'Allemagne. La Chine devrait bientôt être attaquée par Donald Trump, par exemple sur la propriété intellectuelle. L'Allemagne commence à l'être via son secteur automobile. Dans ce jeu de poker, il est difficile de prévoir qui seront les gagnants et les perdants mais, à terme, une escalade menant à une guerre commerciale ouverte entre les EtatsUnis et ses partenaires commerciaux serait de nature à raviver les risques géopolitiques et un mouvement de « flightto-quality » favorable au dollar US, après une phase initiale de baisse dont l'euro et le yen pourraient être les bénéficiaires. Si cela devait durer les actifs des pays émergents seraient impactés, ainsi que certaines matières premières.

Au-delà de ces éléments, nous voyons apparaître quelques signaux plus mitigés sur les indicateurs avancés économiques. Les investisseurs ne semblent pas vouloir pour l'instant entendre ces signaux et jouent la poursuite de la hausse, à l'instar de l'indice Nasdaq qui s'inscrit à un nouveau plus haut historique.

Cette semaine, nous attendions une réaction des marchés suite au résultat des élections en Italie. Ceux-ci ont fortement progressé en dépit de l'absence de majorité claire (ni de la moindre idée de qui va gouverner) : FTSE MIB +3,8%, BTP 10 ans 2,01%. Les marchés semblent faire preuve de complaisance, mais un retour à la réalité budgétaire pourrait intervenir dans les prochains mois. Une dégradation de la note de l'Italie pourrait intervenir dans les prochaines années.

L'autre actualité concernait la Banque centrale européenne, avec des attentes très fortes sur la stratégie de sortie du Quantitative Easing. Celle-ci n'a pas délivré de messages majeurs en gardant un biais accommodant avec des prévisions de taux, de croissance et d'inflation quasiment inchangées. Aux Etats-Unis, les chiffres de l'emploi américain ont de nouveau fortement augmenté en février, mais la croissance des salaires a ralenti (de 2,9% à 2,6%), sachant que cet indicateur est déterminant dans le taux cible américain à 10 ans.

Tous ces éléments sont de nature à limiter la remontée des taux à long terme et expliquent la bonne performance générale des marchés la semaine passée.

Rendez-vous lundi prochain

 

Source : Ecofi Investissements, au 9 mars 2018.

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Document non contractuel. Le présent document contient des éléments d'information, des opinions et des données chiffrées qu'Ecofi Investissements considère comme exacts ou fondés au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier du moment. Il est produit à titre d'information uniquement et ne constitue pas une recommandation d'investissement personnalisée.

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