Par Karamo KABA, Directeur des études économiques - Ecofi Investissements

Après le Mexique et la Chine, c'est au tour des pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de s'attirer les courroux de Donald Trump. Le Président américain a fait part, dans un tweet, de son mécontentement après la nouvelle flambée des cours du pétrole qui ont retrouvé des niveaux oubliés depuis près de 41 mois. Ainsi, sur un an, les cours de l'or noir ont enregistré une progression impressionnante de 43,5% pour le Brent et de 38,7% pour le WTI. La hausse du pétrole est soutenue par différents facteurs.

 

 

D'une part, le relèvement des prévisions de la croissance mondiale en 2018 et en 2019 est compatible avec le scénario d'une poursuite de la hausse des prix, ce qui a fait dire au puissant ministre saoudien de l'énergie Khaled alFaleh que le marché pouvait encaisser des prix du brut plus élevés. Ensuite, il y a la volonté des pays de l'Opep et de la Russie de faire durer la remontée des prix du pétrole en prolongeant, au-delà de 2018, l'Accord d'Alger signé en septembre 2016 sur la réduction de la production. Une annonce en ce sens devrait intervenir en juin prochain. Enfin, il y a la volonté de l'Arabie Saoudite d'avoir des cours du pétrole très élevés afin de réussir l'introduction en bourse du géant Saudi Aramco. A cette allure, si la tendance haussière se poursuit, il y a un grand risque de voir ressurgir les pressions inflationnistes et des craintes qu'une grande partie des effets de la relance fiscale soit annihilée. Cela devrait se traduire par un ralentissement des dépenses de consommation comme on devrait le voir cette semaine avec la publication de la première estimation des comptes nationaux du premier trimestre aux Etats-Unis.

 

Cela n'a pas empêché les marchés actions, soulagés par le reflux des tensions commerciales, d'enregistrer une nouvelle semaine de progression. Aidés par des résultats d'entreprises solides, tous les indices américains ont connu des progressions (Nasdaq : +0,6% ; S&P 500 : +0,5% ; Dow Jones : +0,4%) en deçà des performances des principaux indices européens (CAC 40 : +1,8% ; FTSE 100 : +1,4% ; EuroStoxx 50 : +1,3%) et japonais (Nikkei 225 : + 1,8%). Quelques places financières ont connu des reculs importants, à l'image des indices boursiers chinois (Shanghai 50 : -2,90% ; CSI 300 : -2,85%). Malgré la résistance de la croissance (+6,8% en rythme annualisé au premier trimestre), les valeurs chinoises restent sous la pression de la mise en application de la hausse des tarifs douaniers envisagée par l'Administration Trump.

 

 

Sur les marchés obligataires, la publication récente des indices de prix au producteur et à la consommation a montré une accélération de l'inflation. Dans ces conditions, la flambée des cours du pétrole est de nature à rehausser les craintes de dérapages inflationnistes. D'où une appréciation du rendement du taux à 10 ans aux Etats-Unis (+12 points de base pbs à 2,95%). Cette poussée des taux a aussi été aidée par des enquêtes économiques de bonne facture. Ainsi, après un repli de 0,1% en février, les ventes au détail ont progressé de 0,6% en mars, soutenues par le bond des ventes d'automobiles (+2%). Ce rebond des ventes au détail ne devrait toutefois pas empêcher une déception de la consommation au premier trimestre. La remontée des taux longs américains a aspiré à la hausse tous les autres rendements. Le rendement du taux à 10 ans s'est ainsi apprécié de 10 centimes en Allemagne (à 0,59%) et de 6 pbs en France (à 0,81%). Nous notons aussi un recul des rendements dans les pays périphériques (Portugal : -1 pb, à 1,65% ; Italie : -3 pbs, à 1,77%).

 

Sur la scène des changes, le dollar est ressorti comme l'une des monnaies fortes de la semaine (+0,6% pour son taux de change effectif), soutenu par les données économiques. Outre le rebond des ventes au détail, les investisseurs ont apprécié le nouveau gain mensuel de la production industrielle américaine (+0,5% en mars après +1,0% en février). La livre sterling a particulièrement souffert (-1,65% contre dollar), pénalisée par les déclarations du gouverneur de la Banque d'Angleterre qui rendent moins certaine la hausse de taux promise pour mai 2018. L'euro quant à lui a connu un recul de 0,37% pour finir la semaine à 1,22835 dollar.

 

Rendez-vous lundi prochain

 

Source : Ecofi Investissements, au 20 avril 2018.

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