Par Karamo Kaba, Directeur des études économiques - Ecofi Investissements - 16 janvier 2016

Le soufflet de l’euphorie boursière qui avait pris place après l’élection de Donald Trump serait-il en train de retomber ? Enthousiasmés par les promesses de campagne, les investisseurs s’attendaient à des annonces concrètes qui auraient justifié l’exubérance de ces derniers mois. C’est pour cette raison que la conférence de presse du Président-élu américain était particulièrement attendue. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette conférence de presse a été fort décevante dans la mesure où les thématiques liées aux baisses d’impôt, à la dérégulation ou aux dépenses d’infrastructures n’ont été que très peu abordées. Cette déception a conduit les investisseurs à se montrer prudents, surtout à l’aube de la saison des résultats des entreprises. Cette attitude a également été renforcée par la déception des chiffres du commerce au détail. En effet, même si les ventes au détail sont ressorties en hausse de 0,6% en décembre, ce chiffre est à relativiser dans la mesure où, en excluant les ventes d’automobiles (+2,4%) et d’essence (+2,0%), il aurait fait du surplace (-0,03%). Au final, sur la semaine, l’indice S&P 500 a connu une légère baisse (-0,16%).

 

L’essoufflement des actifs risqués a profité aux marchés obligataires où les rendements sont ressortis en baisse. Aux Etats-Unis, le taux à 10 ans a fini la semaine en recul de 2,3 centimes, à 2,39%, bien loin du pic de 2,60% du 15 décembre dernier.

 

Pourtant, plusieurs indicateurs économiques assez encourageants ont été publiés comme l’indice de confiance des patrons de PME (NFIB) qui a bondi de 7,4 points de base pour s’établir à 105,8. Cela n’a pas suffi à faire remonter les taux tout comme le bond de 24,5 milliards des crédits à la consommation en novembre ou la progression de 71 000 unités du nombre de postes à pourvoir (à 5,5 millions). Il faut dire qu’en dépit de commentaires « hawkish » de plusieurs dirigeants de la Réserve fédérale (Fed), les investisseurs sont de moins en moins nombreux à croire à un relèvement des taux directeurs en mars. D’où une dépréciation du taux de change effectif du dollar (-1,02%).

 

En effet, une des hypothèses qui favorisait l’appréciation du dollar reposait sur le consensus d’un scénario de trois relèvements des taux d’intérêt aux Etats-Unis en 2017. Le report de la hausse de mars est venu renforcer l’idée que la Fed sera incapable de tenir sa promesse, comme l’an dernier. D’autres facteurs plus locaux ont également joué. L’euro est revenu au-dessus de la barre de 1,06 contre le dollar, aidé par le bon chiffre de la croissance en Allemagne (+1,9% en 2016), la bonne orientation de la production industrielle (+1,5% en novembre) ou de l’inflation en zone Euro. Parmi les monnaies qui continuent de perdre du terrain contre le dollar, on compte cette semaine la livre turque (-2,14%), le peso (-1,19%) et la livre sterling (-0,85%). La monnaie du Mexique est pénalisée par l’imminence de l’arrivée de l’Administration Trump aux affaires et des mesures protectionnistes que cette dernière pourrait prendre. La livre quant à elle est pénalisée par les tergiversations autour du Brexit. Dernièrement, le gouvernement a dû faire marche arrière sur une proposition du ministre de l’Immigration d’imposer une taxe de 1 000 livres pour toute embauche d’un ressortissant de l’Union européenne. Une issue qui aurait renforcé le scénario d’un « hard Brexit ».

 

Rendez-vous lundi prochain…

 

Source : Ecofi Investissements, au 13 janvier 2017.

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