Par Karamo KABA, Directeur des études économiques – 22 octobre 2018

Même si la Chine a diminué sa dépendance vis-à-vis des Etats-Unis, nous savions que les sanctions américaines allaient avoir un impact réel sur l'activité. La publication des comptes nationaux du troisième trimestre a ainsi montré que le rythme de croissance du PIB chinois est ressorti au plus bas depuis 2009, à 6,5% en rythme annualisé, contre +6,7% au 2ème trimestre. D'où le nouveau coup de pouce de la Banque populaire de Chine (PBoC) qui a baissé, pour la quatrième fois depuis le début de l'année, le taux des réserves obligatoires que les banques chinoises doivent conserver auprès de la Banque. Cela risque de ne pas suffire si l'on se fie aux prévisions du Fonds monétaire international (FMI) pour qui les bisbilles commerciales avec les tats-Unis pourraient ôter jusqu'à 1,6% au PIB chinois en 2019. Dans ces conditions, l'abaissement des anticipations de croissance a provoqué une chute des valeurs chinoises (-18,9% pour l'indice CSI 300 en 2018) et devrait conduire les autorités gouvernementales à réagir, notamment avec la hausse des dépenses d'infrastructures. Cette situation laisse également craindre une poursuite de la dépréciation du yuan par rapport au dollar, d'autant que la Réserve fédérale (Fed) a laissé entrevoir d'autres hausses de taux directeurs au-delà du taux neutre. Ce qui ne va calmer le Président Trump qui estime désormais que sa « plus grande menace, c'est la Fed qui augmente les taux trop rapidement ».

La Fed est confortée dans sa stratégie par des enquêtes encourageantes. Ainsi, le marché du travail reste bouillonnant, le nombre de postes vacants ayant battu un nouveau record historique (+59 000 postes supplémentaires en août, à 7,14 millions). Cela facilite les dépenses de consommation, et aidé les ventes au détail (+0,1% en septembre), ressorties en hausse pour le huitième mois consécutif malgré les effets dévastateurs de l'ouragan Florence. La production industrielle a enregistré quant à elle une nouvelle hausse (+0,3% en septembre après +0,4% en août). Tout semble donc indiquer que l'on s'oriente vers la publication d'un PIB de bonne facture au troisième trimestre (3,4% en rythme annualisé attendus par le consensus, après +4,2% au 2ème trimestre). Rassurés par les fondamentaux économiques, les investisseurs ont pu se focaliser sur les publications de résultats qui demeurent dans l'ensemble bons. Ainsi, sur les 85 premières entreprises qui ont publié, 79 ont reporté des bénéfices au-dessus des attentes. Les indices américains en ont profité pour surperformer (Dow Jones +0,41%, à 25 444 points).

Les indices européens ont été affaiblis par les tensions autour du budget italien (FTSE MIB : -0,91%, à 19,080 points). Le creusement du déficit italien pour 2019 a conduit l'agence Moody's à baisser la notation souveraine du pays d'un cran à « Baa3 », assortie d'une perspective stable. L'absence d'accélération de la croissance conduit Moody's à attendre une stabilisation de la dette italienne autour de 130% du PIB au cours des prochaines années. L'autre grande agence, Standard and Poor's, doit communiquer sa note le 26 octobre. Une perspective négative voire une baisse de la note n'est pas à exclure, ce qui va continuer à peser sur les valeurs bancaires.

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les taux longs italiens aient poursuivi leur remontée. Le rendement du taux à 10 ans s'est une nouvelle fois apprécié (+14 points de base, à 3,71%) avec l'apparition de fissures au sein de la coalition gouvernementale en Italie. Ces difficultés transalpines se sont diffusées aux autres pays en difficulté financière comme l'Espagne (+10 centimes, à 1,79%) ou le Portugal (+6 centimes, à 2,08%) qui ont sous-performé les Etats-Unis (+4 points de base pbs à 3,1826%). Les taux français (-4 pbs, à 0,81%) et allemands (-5 pbs, à 0,43%) ont profité de ce regain de risque autour de l'appartenance de l'Italie à la zone Euro. Cela pénalise l'euro (-0,41% sur la semaine), délaissé par les investisseurs au profit du dollar, encouragé par les anticipations de relèvement des taux directeurs au-delà du taux naturel.

Rendez-vous lundi prochain

 

Source : Ecofi Investissements, au 19 octobre 2018.

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