La course vers les 1000 $ entre Alphabet et Amazon se poursuit pour savoir qui des deux les atteindra le premier.

L'E-conoclaste N°74 - 29 Mai 2017

29/05/2017 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

La course vers les 1000 $ entre Alphabet et Amazon se poursuit pour savoir qui des deux les atteindra le premier.

LA CITATION DE LA SEMAINE

« L’affaire du gouvernement est de maintenir le gouvernement en dehors des affaires, à moins que ces dernières n’aient besoin de son aide. »

Will Rogers (1879-1935), Acteur, producteur et humoriste américain.

 

L'ACTU EN CHIFFRES

7,3 milliards : est la somme en euros que doit rembourser en juillet Athènes pour faire face à ses échéances et éviter le défaut. La dette grecque culmine aujourd’hui à 179% du PIB. Le FMI et l’Europe sont sur les marches du Parthénon pour trouver la solution…qu’on connaît déjà.

400 millions : est la perte estimée (le double de 2015) de Spotify, le plus grand acteur du streaming musical par le nombre croissant d’abonnés payants et en auditeurs, de quoi susciter des interrogations sur la pérennité de ce business qui est pourtant le mode de consommation principal de musique aujourd’hui. Cela pourrait signifier que les seuls services à même de survivre sont ceux appartenant à une société mère géante comme Apple, Google ou Amazon.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

      

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Net économie : Citius, Altius, Fortius 

La course vers les 1000 $ entre Alphabet et Amazon se poursuit pour savoir qui des deux les atteindra le premier.

La nouvelle économie continue son régime de rouleau compresseur sur le traditionnel.

Au risque de nous répéter, nous restons impressionnés par la rapidité avec laquelle Amazon impose son rythme et sa vision du monde en captant l’essentiel des ventes, 80% des ventes « softlines » (vêtements, chaussures, montres, bijoux) aux Etats-Unis l’année dernière, les magasins en durs servant uniquement de faire valoir, de « vitrines », de « cabines d’essayage » aux sites en ligne.., empêtrées que sont les grandes chaines de magasins traditionnels par le niveau élevé des coûts fixes, la réduction croissante (petit oxymore pour nos amis poètes) des cycles de renouvellement de tendances et la dictature de l’instantanéité de l’achat promotionnel.

Seules certaines marques telles Primark, Zara ou H&M parviennent à tirer leur épingles du jeu sur le segment « low cost » ou « off price » comme disent les spécialistes susceptible d’attirer les jeunes générations (vecteurs/victimes? de la mode) pour des budgets modérés et néanmoins « in ».

Pétrole : Attendu mais déçu, non vraiment trop déçu…

Une prolongation de l'accord de réduction des quotas de production sur le pétrole de 9 mois supplémentaires au sein de l’OPEP et de la Russie pour tenter de maintenir le cours de l’huile au-dessus des 50 $ (WTI) et rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande en puisant dans les stocks mondiaux à des niveaux historiquement élevés devrait s’avérer suffisante d’autant que l’OPEP n’a pas jugé nécessaire de réduire plus encore ces fameux quotas, chose que le marché n’a pas apprécié en vendant la nouvelle, faisant trébucher le baril de 5% sur le moment.

La course se poursuit dans le bassin permien pour actionner de nouveau les derricks, nous en sommes à 720 (niveau d’avril 2015), 30 à 40 de plus qu’il y a un mois, soit le rythme mensuel d’ouverture depuis le creux d’un an. Près de la moitié des puits créés au pic de 2014 ont désormais réouvert même si tous ne produisent pas à plein régime et le sont pour des raisons réglementaires sans quoi le permis d’exploiter devient caduque. Si l’accord arabe permettait au baril d’approcher les 55 $ (+10% d’ici la fin de l’année), cette progression ne se fera que graduellement car motivant un peu plus encore les texans à forer.

Etats-Unis : « Etre président, c’est plus dur que je ne pensais… » Trump

Le président Trump ne sera pas en première ligne pour défendre son budget, inédit dans l’histoire, par manque de courage probablement plus que par désinvolture, à constater l’écart entre les annonces devant le Congrès et les promesses de campagne censées séduire aussi les plus démunis qui n’étaient certes pas la base la plus large de son électorat mais tout de même.

Beaucoup qualifie ce futur programme de bombe politique ultraconservatrice en sabrant dans les aides sociales jusqu’à 1700 $Mds sur 10 ans, dont près de la moitié (800 $Millions) sur le programme de soins Medicaid à destination des plus pauvres et en rabotant de 25% (soit 193 $Mds) sur l’enveloppe budgétaire des bons alimentaires concernant 1 américain sur 6. Clairement la fracture sociale restera ouverte avec des mesures favorisant principalement les ultra-riches.

Démocrates et républicains ne voteront certainement pas ce texte en l’état, les premiers profiteront de ce « bas les masques » pour reconquérir l’électorat en prévision des élections législatives de fin 2018, et les seconds, pour partie du moins, jouent gros relativement à leur mandature. Enfin, on notera que le budget tablant sur une hypothèse de 3% de croissance annuelle, contre les 1,9% plus réaliste de la projection du Congrès rend bancale tout l’édifice dépenses/recettes, chiffre de 3% qui aurait été choisi dans l’unique but d’arriver à équilibrer le budget. Il semble que le raisonnement est inverse.

Cette propension à surestimer les taux semblent assez généralisée quand on constate cette fois-ci l’autre bombe économique qui couve avec les fonds de pension américains dont les calculs de réversion ont été faits avec une hypothèse saugrenue et totalement illusoire de rendement des actifs placés de 7,5% l’an, ce qui s’est traduit par la suite par des prises de risques mettant en péril tout le système des retraites en se positionnant sur des actifs risqués type Junk bonds et hedge funds pour tenter d’atteindre l’objectif cible. Dans le secteur public et privé, les premiers rabotages dans les pensions ont eu lieu et devraient s’accélérer avec la loi votée en 2014 qui remet en cause une garantie totale et inaliénable des retraites.

Un chiffre : 3850 $Mds seraient nécessaires (si on retient un taux réaliste de 2,5% de rendements des actifs et non seulement de 1380 $Mds avec 7,5%) aux fonds de pension publics pour honorer leurs engagements. Aucun Etat, aucune ville dans tous les Etats-Unis et ses 650 systèmes de retraite recensés ne se trouve pas au pied du mur. Une solution d’urgence de grande envergure est requise si l’on ne veut pas revivre une crise analogue à celle des Caisses d’épargne américaines de 1987. La loi de 2014 reste une condition nécessaire mais pas suffisante d’autant que l’impact sur la croissance américaine peut en souffrir durablement si une solution étatique n’est pas trouvée, les retraités assumant seuls la période de restriction qui s’annonce.

FED : Si vous m’avez compris…

La communication de la Fed lors de ses dernières minutes mercredi dernier demeure aussi énigmatique que les 4 lignes laissées (78 caractères) par Donald Trump sur le livre d’or du Mémorial de la shoah, mode commentaire Tripadvisor…

Est-ce pour brouiller un peu les pistes sur son rythme de remontée graduelle des taux, pas certain. Peut-être que la Banque centrale navigue à vue, faute d’instruments de pilotage suffisants. Rassurant non?

Toujours est-il que la Fed « semble » vouloir ralentir le rythme de remontée des taux, pas évident que celle-ci ait lieu en juin- bien que le consensus s’y prépare à 80%- compte tenu du fait que la quasi-totalité des membres de la Fed ont convenu je cite « qu’il n’était pas clair que le ralentissement récent ne soit que momentané ».

Des mauvaises langues seraient tentées de conclure que ces mesdames et messieurs seraient devenus plus market dependant que data dependant dans un contexte où le chômage est à son plus bas historique.

Reconnaissons toutefois que la courbe d’inflation américaine persistant à ne pas se cabrer davantage ne plaide pas en la faveur d’une remontée rapide et brutale des taux.

En revanche, tous sont unanimes sur l’idée d’alléger le bilan dès cette année et donc de ne pas réinvestir les obligations tombant à échéance. L’objectif visé étant d’atteindre les 2700 $Mds contre 4500 $Mds actuellement, soit le niveau du Q2 de 2010-2011.

Pour mémoire, le bilan de la Banque centrale avant la crise était de 750 $Mds bref la préhistoire.

On notera la remarquable maitrise, sérénité…les mots me manquent, du marché obligataire qui en d’autres temps à l’annonce d’une absence prochaine d’un soutien de taille aurait pu faire chuter le marché comme en été 2013 avec ce phénomène de « Taper tantrum » qui avait vu s’envoler le taux 10 ans US de 1,6 à 3%...2 trillions d’achats en moins c’est si peu, pensez donc ce sont des dollars par-dessus le marché.

Europe : D’un calme olympien

Comme avant chaque été, l’épisode grec s’invite sur les marchés avec un futur rituel happy end…pour les grecs seulement, un peu moins bien perçu côté outre-Rhin surtout avec 

en perspectives les élections fédérales cet automne où sur le sujet grec « la tension est palpable » comme aiment à répéter les journalistes à longueur de temps et sur n’importe quel sujet.

A chaque fois, le FMI et les Européens cherchent à faire trembler les investisseurs sur un possible défaut grec mais il parait difficile de retenir l’attention des spectateurs quand la fin parait connue d’avance.

Les 7 milliards seront donc remboursés pour éviter le défaut (à destination de la BCE et des investisseurs privés pour deux tiers, un tiers). Rendez-vous est pris pour la  prochaine réunion de l’Eurogroupe le 15 juin pour voter la tranche d’aide de 7 €Mds. Mais restons calmes, un maximum de gages budgétaires seront pris auprès d’Athènes en contrepartie…

Plus fondamental, dans le but d’éviter ce sempiternel et absurde psychodrame, on parle d’une restructuration de la dette pour l’année prochaine, plus facile à appréhender dans le cadre d’une Europe qu’on espère renforcée d’ici là après la lune de miel du couple franco-allemand.

Commerce international : Chine ou Etats-Unis ?

On n’est qu’au début de la guerre des alliances commerciales en Asie, avec le la ou plutôt le faux pas (et un de plus) de la nouvelle présidence américaine qui en se retirant du Partenariat TransPacifique (TPP) et en passant au bulldozer un édifice patiemment bâti par Obama durant ses huit années d’ investiture pour freiner l’hégémonie de la Chine, qui en était exclue, sur les autres pays de la région.

Naturellement, l’Empire du milieu se presse désormais à consolider des positions auprès de plusieurs pays dont le Japon qui à contrecœur accepte poliment l’invitation. Ce dernier cherche néanmoins à raviver la flamme du TPP accompagné de l’Australie et de la Nouvelle Zélande pour essayer de convaincre des pays tels le Vietnam ou la Malaisie qui en l’absence des Etats-Unis cherchent à se réfugier dans les bras d’un autre grand leader : le grand frère qui promet par son gigantisme des perspectives de croissances aux petites nations émergentes dans un nouvel ensemble de 3,5 milliards d’habitants (vs 817 millions pour le TPP), 16 pays (vs 12) et un PIB de 23 800 $Mds proche des 25 560 $Mds du TPP.

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

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