Action, réaction...

L'E-conoclaste N°63 -13 Mars 2017

13/03/2017 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

Action, réaction...

 La citation de la semaine

 

« L’Angleterre ne peut plus se passer de ses Irlandais et de ses Ecossais, parce qu’elle ne peut se passer d’un minimum de bon sens. »

Georges Bernard Shaw (1856-1950), Dramaturge et critique irlandais.

 

L’actu en chiffres

 

688 000 : est le nombre d’années nécessaire pour atteindre les 7 exoplanètes découvertes récemment par les astronomes de la Nasa situées à « seulement » 39 années-lumière de la Terre en se basant sur la vitesse de croisière de la sonde « Voyager I ».

45 000 : est le nombre de robots qu’utilise Amazon dans ses entrepôts, contre 1000 trois ans auparavant.

62 : est la part en pourcentage des renégociations de crédits dans la production totale de crédits immobiliers en France en janvier dernier.

50 : est le pourcentage que représente l’Ile de France dans l’ensemble des terres cultivées en France pour seulement 2% de la surface du territoire…Le bon sens terrien du parisien !

 

 

Le Selfie de la semaine

 

      

 

 

Marchés et décryptage

Action, réaction :

Bien que les marchés américains affichent des niveaux de valorisation élevés (15% au-dessus des niveaux moyens sur le S&P 500) rien ne semble pouvoir les faire réellement plier.

Pour ceux que les statistiques amusent, sachez qu’on totalise 103 jours sans que le S&P ait baissé de plus de 1%, le record à battre est de 117 jours datant de 1993.

On en est là, pour vous dire à quel point le marché passionne.

Ni la perspective de hausse des taux de la Fed (voir plus bas), ni la BCE, ni les facteurs techniques ne semblent capables d’entamer l’état d’apesanteur qui perdure toujours avec l’attente des révélations Trump sur la politique fiscale et sur le chantier des infrastructures.

Toutefois, cet état d’euphorie et de complaisance à l’égard de la nouvelle investiture, ne durera qu’un temps, sans choses concrètes et validation par le Congrès, le marché finira par se lasser… Moment de vérité avec l’annonce du budget par M. Trump cette semaine.

Ne nous plaignons pas, une case est déjà cochée dans le programme du casinotier : l’augmentation historique du budget de la Défense de 9% (54 milliards de dollars en plus) sur un budget actuel de 615 milliards (de loin le plus élevé de tous les pays, la Chine en seconde position avec 140 milliards) soit près de 40% des dépenses dans le monde…

Côté vieux continent, le « miracle Trump » soutient également naturellement des marchés européens certes moins chers que leurs cousins outre-Atlantique puisque correctement valorisés et non survalorisés avec une croissance estimée des profits à 14% en 2017 mais les catalyseurs (pour le moment) pour combler leur retard sur les US s’activeront pleinement une fois les échéances électorales passées, pour peu que le résultat reste classique...

D’autres écueils subsistent tels que la mise en place du Brexit fin mars et le derating futur de l’Italie en catégorie spéculative.

Hors contexte politique, un vent d’optimisme souffle avec les stars de la cote qui se portent bien à l’image des bénéfices des sociétés du Cac 40 qui atteignent 75,8 milliards (+32% comparable au +30% des valeurs allemandes du Dax 30), un record depuis 2010. Et la promesse de dividendes en hausse en moyenne de plus de 5% pour des bilans assainis avec maitrise des coûts et de l’endettement (30% en moyenne des fonds propres pour le Cac 40).

De l’inefficience des marchés/ sous le signe de la Federal Reserve:

Remontée probable des taux à l’issue de la réunion de la Fed après-demain estimée désormais à 98% pour 0,25% ; nous vous avions signalé lors de notre dernière lettre que le rythme d’évolution des taux de la Fed nous paraissait sous-estimé par le marché au regard des critères économiques, chose faite, le marché s’est brutalement ajusté il y a 10 jours.

Officiel : les Tnotes 10 ans ont franchi les 2,60% de taux, porte ouverte vers les plus de 3% en fin d’année et mettant un terme définitif au long rallye de 36 ans (16% en 1981!) sur les Bonds, le fameux « Bear market » évoqué par notre pape à tous : Bill Gross.

De la volatilité là où on n’en attendait plus…

Le pétrole, que l’on avait un peu oublié ces derniers temps tant la volatilité était quasi nulle et les cours stabilisés autour de 55 $, s’invite de nouveau à la fête avec une franche cassure des 50 $ le baril sur le WTI suite aux stocks pléthoriques américains. Pourtant les saoudiens avaient bien mis en garde toute la communauté financière qu’il n’était même pas envisageable d’essayer de vendre en deçà de ce seuil symbolique car eux étaient là et tenaient bon la barre.

Dame oui mais c’était sans compter sur la production de schiste américain qui continue à repartir en flèche avec plus de 600 puits (x2 par rapport au point bas d’il y a un an) pour revenir sur les niveaux de mai 2015. Certes, nous sommes loin des niveaux hauts atteints à l’automne 2014 à 1600 puits mais cela démontre une fois de plus que le pilotage de l’offre et

de la demande pour maintenir les prix de l’huile n’est pas chose aisée même tout saoudien qu’on est.

Un bémol à cela, autour de 55 $ le baril la production onshore US peut être rentable, 10 voire 15% plus bas le cambouis colle un peu plus, et ce, même revigorée par une présidence pro-énergie fossile et prête à des incitations fiscales.

Géostratégie (rien que çà) :

Le tordu de Pyongyang continue à jouer à space armada grandeur nature mettant en ébullition toute la région.

Ce dernier affirme gaillardement que les tirs balistiques effectués la semaine dernière constituaient juste un test en vue de frapper les bases américaines au Japon.

Pour mémoire, le Japon abrite 54 000 GI et la Corée du Sud 28 000.

En riposte, les américains ont logiquement déployé leur bouclier anti-missile THAAD en Corée du Sud pour contenir les turbulences psychiatriques du leader nord-coréen.

Normal et pourtant, l’Empire du Milieu n’a pas du tout apprécié l’arrivée de cette défense ultrasophistiquée arguant que ses propres missiles perdraient en efficacité au cas où. Officieusement, il s’agirait plutôt de la crainte d’être espionné par le grand Satan qui à cette occasion utilise un des radars les plus puissants de la planète et de son refus de voir les Etats-Unis se poser en arbitre (musclé) dans une région où jusqu’alors la Chine et la Russie tentent tant bien que mal de mettre un couvercle sur le volcan et inculquer les règles fondamentales de bon voisinage à Kim Jong-un.

Plus surprenant encore, mais compréhensible, les autorités sud-coréennes doivent faire preuve de beaucoup de diplomatie pour faire accepter le dispositif par les populations locales de SeongJu qui craignent d’une part de se transformer en cibles potentielles et d’autre part de subir les radiations émises par les radars yankees sur eux-mêmes et… les pastèques, leur principale source de revenus dans cette région agricole.

Bébé joufflu aura réussi le tour de force de semer la zizanie sur le plan géopolitique dans la péninsule ce qui n’est pas pour lui déplaire à un moment où sur le plan commercial et monétaire (voir point technique), les tensions entre chinois et américains sont vives.

 

 

Le point technique

 

Source: Actis / Bloomberg

 

Un déficit commercial américain au plus bas depuis 5 ans à - 48,5 milliards de dollars contre -44,3 précédemment, comme pour apporter de l’eau au moulin des leitmotiv Trump, un mauvais chiffre dû principalement à une forte hausse mensuelle des imports US à +2,3% contre une augmentation modeste des exports de 0,6%, et ce, en provenance notamment de la Chine parbleu, il est vrai que la distorsion classique en cette saison en anticipation du nouvel an chinois et l’appréciation du dollar n’aident pas.

On estime désormais que pour 1 dollar généré par les Etats-Unis, 3,50$ de croissance sont créés en Asie mettant en relief l’importance sans cesse grandissante du déséquilibre commercial entre les US et l’Asie depuis maintenant 20 ans.

Dans 5 ans, ce gap devrait s’élargir pour un rapport de 4,50 contre 1 !

De quoi raviver les craintes d’une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, et décoiffer le nouveau président dont les menaces à répétition envers la Chine n’ont pour seul but que de restaurer la compétitivité de l’industrie domestique américaine en fustigeant la faiblesse entretenue du Yuan.

On notera au passage que la Chine a affiché opportunément la semaine dernière une contraction significative de son excédent commercial avec les Etats-Unis en vue d’apaiser les esprits.

Dans le même temps, les US dansent sur des braises à entrer dans une guerre ouverte avec la Chine cette dernière étant le principal créancier, avec le Japon, de la dette US (5/6% des 19 000 milliards) et seraient bien en peine de se refinancer surtout dans la perspective du plan Infrastructures 3.0 dont on attend toujours les contours.

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

Plus de détails sur notre site : http://www.actis-am.com

 

 

Ce document est un document non contractuel, strictement limité à l’usage privé du destinataire, diffusé à des fins d’information et ne saurait en aucun cas s’interpréter comme constituant une offre de vente ou sollicitant une offre d’achat de titres qui y sont mentionnés. L’opinion formulée dans le présent document ne saurait en aucun cas se substituer au jugement de son destinataire. Les informations fournies dans ce document n’ont aucun caractère exhaustif et leurs précisions ne peuvent être garanties. Les appréciations formulées reflètent l’opinion d’Actis AM à la date de publication et sont susceptibles d’être révisées ultérieurement.

 

 

Articles similaires

LE SPREAD DE CRÉDIT PEUT, LUI AUSSI, FAIR...

Alors que la réunion de la FED du 14 juin approche, Madame Yellen a tenu cette semaine le même genre de discours qu’à partir de la mi-année 2015,...

13/06/2016 - Publié par OCTO ASSET MANAGEMENT

Autre / Analystes et économistes

L'E-CONOCLASTE: 17 AVRIL 2017

17 Avril 2017                                                               La citation de la semaine   « Géométrie politique : le carré de...

17/04/2017 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT

Autre / Analystes et économistes