Tout schuss!

L'E-conoclaste N°61: 27 Février 2017

27/02/2017 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

Tout schuss!

« Un jour sans rire est un jour gâché. »

Charlie Chaplin (1889-1977), Acteur, réalisateur et producteur britannique.

 

L'ACTU EN CHIFFRE

100 millions : est la température en degrés atteinte par le premier plasma du réacteur expérimental français WEST, une source d’énergie autour de la fusion nucléaire, qui sera testée entre 2025 et 2035 dans le cadre du projet ITER. Un peu plus près des étoiles…

2019 : est la date de l’ouverture du premier Star Wars Land, un parc d’attractions de 5 ha consacré au thème de la saga intergalactique qui sera situé au cœur de Disneyland en Californie. Un second devrait suivre à Orlando.

50 : est la part en pourcentage de la production mondiale d’antibiotiques que consomme la Chine qui représente 20% de la population mondiale. Un autre regard sur la médecine chinoise.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

      

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Ambiance de marché :

Les marchés toujours « perchés » sous le signe de Donald Trump en alignant une 11ème séance consécutive de hausse sur le Dow Jones du jamais vu depuis 1987, restent suspendus aux déclarations du nouveau président américain qui devrait prochainement annoncer son « phénoménal » plan fiscal visant à redynamiser le tissu économique.

Concernant la politique énergétique, il faudra encore un peu attendre la nomination d’un ministre responsable du portefeuille, il est vrai que Trump a bien du mal à motiver les futures prétendants, entre démissions et pressions des médias de certains candidats sur fond de scandale.

En zone euro, la Grèce :

Du côté du Parthénon puisque les vacances approchent (presque), au sujet de la dette grecque, on constate que FMI et Européens sont sur la même longueur d’onde (et l’Allemagne a bien fait sentir que sa position reposait essentiellement sur une implication du FMI agissant de concert) dans le but d’accepter une restructuration de sa dette en échange des réformes (notamment les retraites, sujet ô combien sensible), préalable également à l’octroi d’une nouvelle tranche d’aide et éviter l’éternel défaut rituel qui se présente à chaque début de période estivale désormais (échéance de 6 milliards d’euros). Cette restructuration passerait plutôt par un allongement et un rééchelonnement des maturités plutôt qu’un

allégement pur et dur mode pays en voie de développement ce à quoi sont opposés les allemands. 

Outre-Atlantique, FED et D.Trump:

Suite aux minutes de la FED en milieu de semaine dernière, on comprend que cette dernière reste prête à agir compte tenu des éléments économiques dont elle dispose en termes de croissance économique, chômage, reflation liée notamment aux tensions salariales mais semble vouloir temporiser encore 2/3 mois le temps de laisser se découvrir Donald Trump sur sa politique fiscale et budgétaire et ses éventuelles implications sur la santé de l’économie américaine.

A ce propos, le marché anticipe très peu une remontée prochaine en mars (36% selon le sondage Bloomberg) mais bien plus en mai– juin à une large majorité, celui-ci tablant sur un rythme de 2 remontées annuelles (0,25% à chaque fois) au lieu de 3 comme nous pourrions le penser au regard encore une fois des principaux critères économiques.

Rendez-vous est pris avec le cadrage Trump demain (28 février) lors de son intervention devant le Congrès.

L’autre élément d’observation dont tient compte la Fed (et M. Trump) est sans nul doute la variable dollar dont l’appréciation contre toutes les autres devises peut amputer une partie de la compétitive des industriels outre-Atlantique et ralentir la progression de l’économie.

Il parait probable que le marché sous-estime le rythme de remontée des taux de la Fed, une hausse de 0.75% menant à un taux des Fed funds à 1,5% en fin d’année ne manquerait pas de propulser le taux 10 ans au-delà des 3% à la surprise de la grande majorité des opérateurs.

D’autant que la fin de mandat dans un an de la patronne de la Fed Janet Yellen avant la nomination d’un candidat plus en phase avec les desideratas de la Maison blanche puisse pousser à faire à dernier geste d’honneur…

Publications trimestrielles des entreprises :

Sur le front des entreprises, on constate à l’aune de la fin de la période des publications trimestrielles une très nette amélioration des bilans, et souvent des chiffres d’affaires, résultats et marges par rapport aux trimestres précédents mais lorsque déceptions il y a, ce sont surtout les perspectives (guidances) d’ici 2020 de bon nombre d’entrepreneurs qui laissent parfois perplexes, doutes qui devraient être levés peu à peu d’ici la fin d’ année après les annonces Trump, avec une meilleure visibilité sur le calendrier et mesures liées au Brexit et le résultats des élections en France et en Allemagne notamment, enfin espérons-le.

 

LE POINT TECHNIQUE

Le fait le plus marquant de la semaine dernière, outre la victoire manquée de la France contre l’Irlande au rugby ou de l’humiliant classico pour l’OM, est la variation du spread (écart de taux) 10 France-Allemagne. Celui-ci est devenu en quelques jours le baromètre de la montée en puissance ou non de Marine Le Pen dans les sondages, comme pouvait l’être la parité Peso mexicain/USD du temps de la campagne présidentielle américaine.

Les intervenants sur le spread en majorité étrangers, vendent les OAT 10 françaises en cash ou à travers des futures dérivés contre le Bund 10 ans allemand. Ce spread s’est récemment élargi (voir graphique ci-dessous, courbe banche pour le taux 10 français et en orange pour le 10 ans allemand) sur les niveaux de 80 points de base, au plus haut depuis la crise européenne fin 2011-début 2012.

Ce scenario qui illustre une victoire possible en bleu Marine et des craintes sur le futur de l’Union européenne et l’abandon de l’euro par la France, bien que peu probable au regard des élections passées en France, ne sont néanmoins pas inexistantes aux vues des résultats surprises au Royaume-Uni avec le Brexit et aux Etats-Unis avec la victoire de Trump.

 

Source: Actis / Bloomberg

La communauté financière internationale et plus particulièrement les allemands en tant que chef de file de la zone ne cachent pas leurs inquiétudes devant une telle évolution qui sonnerait le glas de 60 ans de construction.

Certes nous sommes loin des 140 bps de spreads entre la France et l’Allemagne atteints fin 2011 mais un « Frexit » aurait des conséquences bien plus graves sur la situation financière et budgétaire en Hexagone avec un stock de 1600 milliards d’euros de dettes détenues majoritairement par les non-résidents qui subiraient de plein fouet une dévaluation quasi certaine du franc de 20% instantanément comme durant la crise argentine de 2001.

Tentatives de fuites de capitaux de la part des résidents seraient bien entendu à redouter.

Et ce sans compter l’effet ravageur viral sur les dettes des autres pays plus au sud de la zone euro.

D’ores et déjà, les agences de notation, pas en retard cette fois-ci (elles ont dû apprendre de 2008) ont prévenu qu’une conversion de la dette serait assimilée à un défaut de paiement: être remboursé dans une monnaie dévaluée (ou ayant une valeur de marché plus faible) signifie perdre de l’argent. Et même si la totalité de la dette publique est en droit français, il y a fort à parier que les investisseurs poursuivraient l’Etat ailleurs que devant les tribunaux administratifs hexagonaux.

Mais heureusement, rassurons-nous, le ralliement à Emmanuel Macron de Francois Bayrou (crédité d'environ 5% dans les sondages), tel un sauveur, a permis de détendre l’atmosphère vu à travers ce fameux spread France- Allemagne (quelle influence quand même…) qui sans bégayer a repris 15 points de base.

En effet, les projections laissent à penser que cette alliance, en faisant bouger les lignes du premier tour, placent désormais au coude à coude Francois Fillon et Macron, ce dernier étant plus à même de faire la différence avec Marine Le Pen en cas de qualification au second tour en lieu et place de François Fillon.

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

 

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