Il vient de franchir le cap des 26,000...

L'E-conoclaste - Actis AM - janvier 2018

23/01/2018 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Il vient de franchir le cap des 26,000...

LA CITATION DU MOMENT

« Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde. »

Jean d'Ormesson (1925- 2017) Ecrivain, journaliste et philosophe français.

 

L'ACTU EN CHIFFRES

342,6 milliards : est la somme en euros des importations en provenance de Chine de l'Union Européenne, soit quasiment le double des exportations entre ces 2 régions (180,7 MM€) pour une population européenne de près d'un tiers seulement.

Maigre consolation, le déficit commercial avec la deuxième puissance économique s'est légèrement réduit à 161,9 MM€ quand celui avec les USA s'est accru à 235,7 MM€. La France reste le grand perdant européen dans ces échanges.

36 : est le nombre de villes de plus de 10 millions d'habitants dans le monde. Elles concentrent près d'un milliards d'individus. En 2050, les 2/3 de la population mondiale sera urbaine. Actuellement, les villes les plus peuplées sont asiatiques avec en tête Tokyo (38M), Shanghai (35), Jakarta (31) et Séoul (24).

 

LE SELFIE DU MOMENT

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

DOW 26,000

L'indice américain qui renverse les records historiques à coups de 1000 points avec la facilité d'un Teddy Riner ses adversaires, vient de franchir le cap des 26,000.

Alors certes, nous sommes encore loin de l'objectif des 36,000 qu'avaient prédit en 1999 pour les 5 années suivantes deux brillants économistes, vous savez, juste avant l'éclatement de la bulle internet quand le dow ne valait encore que 10,000 points Juste un moment d'interrogation sur ce fait de bravoure: de 10,000 à 36,000 entre 1999 et 2004, ou le cannabis était déjà légalisé dans certains comtés ou, à en juger par la photo sur Wikipédia d'un des deux acolytes Kevin Hassett devant son stock de bouteilles, on peut aisément en déduire que les auteurs avaient dû bien se détendre contrairement à ce que laisse supposer le patronyme de Kevin, au moment de la rédaction de leur uvre « Dow, 36000 ». Une franche rigolade avec le recul

 

Ah oui j'oubliais, sachez que Donald Trump vient de  nommer ce même Kevin Hassett « Chairman of the Council of Economic Advisers » ! Pour ceux qui ne parlent pas anglais, c'est tout simplement « the» référent en matière économique pour l'hôte de la Maison Blanche et accessoirement pour tous ceux qui souhaiteraient investir sur les actions.

Après cette légère et toute petite digression qui ne nous rajeunit pas, convenez quand même que rien ne semble pouvoir arrêter la marche en avant actuelle des indices boursiers américains, ni un terrifiant Kim Jong-un jouant avec ses missiles, ni le shutdown de l'administration fédérale (ce ne sera jamais que le 19ème depuis 1976), ni le froid polaire de la côte Est, ni les hurricanes du Golfe du Mexique et encore moins la coloscopie du président américain.

Force est de reconnaitre que la bonne santé affichée de la bourse repose aussi sur des fondamentaux économiques et pas seulement sur une propagation virale d'euphorie.

La croissance américaine n'a cessé d'accélérer tout au long de l'année pour afficher 2,1% de croissance probable sur l'année 2017 (dernier trimestre proche des 3%) et  il en est de même pour tous les indicateurs tels que l'indice de confiance des ménages, les prix immobiliers, la production industrielle (+3.6% en décembre), les taux d'utilisation des capacités, les créations d'emplois qui sont tous au plus haut.

Et cela devrait continuer puisque de l'aveu des distributeurs les ventes durant les fêtes ressortent supérieures à leurs attentes.

De plus, la nouvelle réforme fiscale, qui assurément coûte instantanément dans les comptes des entreprises américaines plusieurs centaines de millions voire plusieurs milliards de dollars pour la détention de capitaux détenus à l'étranger, d'où des publications trimestrielles « toutes en nuances », devrait pousser à terme les entreprises américaines à investir sur le territoire national à l'image de Apple qui augmente ses dépenses pour les 5 prochaines années en dépit de la facture de 38 MM$ pour les 252 MM$ détenus à l'étranger.

Trump s'avérait-il plus efficace que l'Union européenne pour taxer les riches Gafam ?

Cette réforme fiscale de Trump a pour effet de doper un peu plus encore la confiance des ménages qui a foi dans l'avenir et entretient la fièvre acheteuse.

Si ces investissements se répercutent également dans les salaires dont on ne voit pas actuellement - à quelques rares exceptions près dans certaines régions ou secteurs - de franches augmentations, les doutes sur la reprise de l'inflation aux Etats-Unis seront définitivement levés.

Saluons l'initiative de plus en plus de grandes entreprises américaines redistribuant les fruits fiscaux,  telles Gap, Wal-Mart, Apple, qui annoncent qu'elles augmenteront les salaires en mode fordisme pour stimuler le pouvoir d'achat des consommateurs. L'espoir est permis de voir se mettre en place un cercle vertueux si ce mouvement « solidaire » se généralise qui pourrait porter plus hauts les indices boursiers américains même si on le sait, à 19 fois les résultats 2018, le S&P laisse peu de places aux déceptions.

 

Non vraiment, la seule chose à redouter pour le moment pour casser cette belle harmonie serait que cette chère Nabila, en papesse des investissements, fasse une vidéo vantant les mérites de Wall Street pour transformer en chaleur et lumière les gains comme elle l'a fait pour le Bitcoin ! Excellent baromètre d'avis de tempête.

A la date d'anniversaire de l'investiture de Donald Trump, on est bien obligé de reconnaitre que malgré son manque d'expérience et son imprévisibilité, et à qui on promettait le pire économiquement, ce président hors normes a su galvaniser ses troupes, une Amérique populaire, une Amérique très fervente et conservatrice, une Amérique de petits entreprenneurs en faisant adopter cette réforme fiscale de 1500 milliards de dollars de baisses d'impôt sur 10 ans (une mesure dont beaucoup de leaders républicains par le passé airaient aimé pouvoir en revendiquer la paternité), en haut de cycle économique de surcroit, un peu comme si vous injectiez de l'éther dans un moteur tournant à plein régime.

Ce qui ne déplaira pas non plus à ce cher Président, est la hausse des prix de l'or noir au-delà de 60 $, évolution qui apporte un peu de l'eau au moulin des banques centrales, par son possible effet inflationniste, même si nous pensons que les niveaux actuels du pétrole ne devraient pas perdurés et que la solidarité des pays l'OPEP et de la Russie devrait se fissurer, la Russie étant inconfortable avec les cours actuels permettant le retour du pétrole de schiste américain sur le marché.

Les texans s'échinant à remettre d'aplomb très rapidement des infrastructures très éprouvées par les caprices de Dame Nature. A ce propos, en 2018 et selon l'Agence internationale de l'énergie, les USA devraient reprendre leur place de second producteur mondial de brut (derrière la Russie mais devant l'Arabie Saoudite) avec son niveau record de 1970 à plus de 10 millions de barils jour (+1,35 mb/jour en 2018).

 

La BCE, prise entre 2 feux dans sa future communication à cause de l'euro.

 

Contrariée par la hausse de l'euro (+9% contre dollar au quatrième trimestre, la plus forte hausse en six ans) qui peut en grevant la croissance en Europe limiter la remontée de l'inflation vers l'inflation cible, et la hausse des taux à attendre, la BCE marche sur des ufs car toute interprétation par le marché d'un resserrement monétaire plus tôt que prévu compte tenu de l'optimisme ambiant sur les signes macroéconomiques accélèrera l'envolée de l'euro et gèlera précocement les bourgeons de la reprise.

Et pourtant la BCE doit sortir de sa politique non conventionnelle, arrivera-t-elle à le faire aussi proprement que la Fed ? Pas si sûr.

Le fil rouge de 2018 sera le niveau de l'euro contre dollar et par extension contre les autres monnaies.

La recovery européenne en dépendra.

On commence à entendre qu'à 1,25, cela va devenir un réel handicap pour certaines entreprises exportatrices et que la croissance de l'Espagne notamment en reprise depuis 4 ans et au-delà de 3% en 2017 serait brusquement interrompue. L'Espagne pourrait se passer de cette nouvelle menace compte tenu du contexte espagnol ombrageux qui s'éternise entre le gouvernement Rajoy et le parlement catalan, ce dernier restant amputé de ses leaders avec 3 élus en détention préventive, et 5 autres en exil dont son président Carles Puigdemont qui hésite à revenir au pays sous la menace d'une arrestation immédiate. En effet, le premier ministre l'a rappelé Madrid ne rendra pas son autonomie à la Catalogne et continuera donc d'appliquer l'article 155.

 

 

Rédigé parChristophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

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