Hausse des taux imminente aux Etats-Unis

Par Karamo KABA, Directeur des études économiques - 20 février 2017

21/02/2017 - Publié par ECOFI INVESTISSEMENTS dans Marché Actions

Hausse des taux imminente aux Etats-Unis

 

De mémoire d’historiens, nous n’avions jamais vu un président tomber aussi rapidement dans l’impopularité. Pourtant, c’est ce même personnage que semblent plébisciter les investisseurs.

En effet, à l’exception de « JFK », jamais la bourse américaine n’avait connu un démarrage aussi fort dans les 100 jours suivant l’élection d’un président (+12,7% pour JFK contre +9,5% pour Donald Trump pour l’indice S&P 500). L’onde de choc de cette euphorie américaine, alimentée par des promesses électorales aguichantes, s’est propagée aux quatre coins de la planète. Sur toutes les places financières, galvanisées par de meilleures perspectives de croissance mondiale et l’éloignement du spectre de la déflation, les indices vont de record en record. Même les pays émergents se remettent à surperformer.

Oubliées donc les craintes d’une hausse des taux américains qui, dans un contexte de dollar haussier, rendrait la charge dela dette insupportable pour les pays émergents où un grand nombre d’acteurs sont endettés dans cette devise. Jusqu’à quand cette déconnexion va-t-elle durer ? En empruntant une phrase culte du film « La Haine » de Mathieu Kassovitz, « L’important c’est pas la chute : c’est l’atterrissage. »

Si, à court terme, une accélération de la croissance est attendue aux Etats-Unis - à environ +3,1% en rythme annualisé selon le modèle Nowcast de la Réserve fédérale (Fed) de New-York - il semble que les investisseurs jouent la politique de l’autruche, préférant mettre « les problèmes sous le tapis ». Une étude récente de la Banque des règlements internationaux a en effet montré que la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed a eu de forts effets sur les pays émergents. Or, après avoir monté ses taux directeurs mi-décembre, voilà que la normalisation monétaire de la Fed va se poursuivre comme l’a révélé sa présidente.

Le scénario de trois tours de vis monétaire en 2017 gagne donc en épaisseur, ce qui ne va pas être neutre pour les pays émergents. Le dollar est reparti à la hausse contre toutes les monnaies (+0,15% pour le taux de change effectif), soutenu par des données économiques de bonne facture sur l’inflation, comme les ventes au détail ou l’activité manufacturière. La progression du billet vert aurait pu être encore plus importante, n’eut été les prises de bénéfices avec la hausse de l’incertitude sur les nouvelles initiatives du Président Trump. L’euro n’a cédé que 0,25 contre dollar alors que la Banque centrale européenne a insisté sur le maintien de la stimulation monétaire et que, pour la première fois, Angela Merkel a reconnu que l’euro était sous-évalué.

L’annonce d’un resserrement monétaire imminent aux Etats-Unis n’a pas eu grand effet sur le rendement du taux à 10 ans (+0,41 point de base, à 2,41% en fin de semaine). En Europe, la hausse des risques politiques a une nouvelle fois favorisé les actifs non risqués. Partout, le rendement des taux à 10 ans a baissé, à l’exception notable de la Grèce (+45 de points de base, à 7,71%) où, en dépit des agitations de la Troïka, la situation reste critique et précaire.

 

Rendez-vous lundi prochain…

 

Source : Ecofi Investissements, au 17 février 2017.

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Document non contractuel. Le présent document contient des éléments d’information, des opinions et des données chiffrées qu’Ecofi Investissements considère comme exacts ou fondés au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier du moment. Il est produit à titre d’information uniquement et ne constitue pas une recommandation d’investissement personnalisée.

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