Par Karamo KABA, Directeur des études économiques - 15 janvier 2018

Une dépêche de l'agence d'information Bloomberg a failli mettre le feu sur les places financières mercredi dernier. En effet, la rumeur selon laquelle la Chine s'apprêtait à réduire ses achats de titres souverains américains a stoppé net l'élan haussier hérité de la première semaine de cotation de 2018. Ce climat de doute n'a pas duré longtemps puisque les indices ont rapidement repris le chemin de la hausse, encouragés par la publication de statistiques de bonne facture. Ainsi, aux Etats-Unis, les ventes au détail ont une nouvelle fois affiché des gains solides (+0,4% en décembre après un bond de 0,9% le mois précédent) grâce à la bonne dynamique observée dans les secteurs de l'ameublement (+0,6%), des matériaux de construction (+1,2%) et du commerce en ligne (+1,2%). Cela est de bon augure pour la consommation, d'autant que les crédits à la consommation - en passant de 20,53 à 27,95 milliards de dollars d'octobre à novembre - ont enregistré leur plus forte progression mensuelle des sept dernières années. Par ailleurs, en Europe, la Commission européenne nous a appris que le moral des agents économiques en décembre n'avait jamais été aussi élevé depuis 2001. La poursuite de l'activité à un rythme élevé a permis aux indices de terminer la semaine sur de forts gains, avec des indices américains (+1,57% pour le S&P 500 ; +2,01% pour le Dow Jones) qui ont largement surperformé leurs homologues européens (+0,14% pour l'EuroStoxx 50), japonais (-0,26% pour le Nikkei 225) et des pays émergents (+0,6% pour le MSCI émergents).

 

Si les marchés d'actions se sont relativement bien comportés sur la semaine, on ne peut pas en dire autant des marchés obligataires et du dollar (-1,1% pour le taux de change effectif). En effet, la remontée des rendements observée au cours des semaines précédentes s'est poursuivie. Le rendement du taux à 10 ans américain s'est apprécié de 7 points de base, cassant à la hausse le seuil de 2,5%. Le rendement du taux à 2 ans a touché les 2%, un niveau inégalé depuis août 2008. Il faut dire qu'avec un peu plus de 1 189 milliards de dollars de bons du Trésor détenus par la Chine, premier détenteur extérieur de la dette américaine, la rumeur selon laquelle ce pays réduirait sa détention d'obligations américaines avait de quoi provoquer des remous. La remontée des taux longs américains a toutefois été contenue par le ralentissement de l'inflation (de 2,2 % à 2,1% sur une année en décembre), affectée par une contraction de 1,2% des prix de l'énergie.

 

Nous pensons que les prix devraient remonter en 2018. D'une part, les statistiques tendent à montrer que l'écart négatif avec le potentiel de croissance est en train de se résorber dans un grand nombre de pays. Dès lors, avec la vigueur actuelle de l'activité, des tensions inflationnistes pourraient apparaître, notamment sur le marché du travail. Le taux de chômage a une nouvelle fois reculé dans la zone Euro pour s'établir à un plus bas depuis janvier 2009 (à 8,7% en novembre). En Allemagne, à 3,7%, le taux de chômage est revenu à son plus bas niveau depuis la réunification. Cela donne des ailes aux syndicats, notamment IG Mettal qui demande une hausse de salaire de 6% pour les 3,9 millions de salariés de la métallurgie. D'autre part, avec le niveau actuel des prix du pétrole, des effets de base favorables vont apparaître prochainement. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles la Banque centrale européenne, dans les Minutes de sa dernière rencontre de politique monétaire, envisage un ajustement de sa communication du fait de l'amélioration de l'économie. D'où une flambée des rendements souverains en Allemagne (+14 point de base, à 0,58%), en dépit d'un accord de gouvernement, et un bond de l'euro (+1,40% à plus de 1,22 dollar).

 

Rendez-vous lundi prochain

 

Source : Ecofi Investissements, au 12 janvier 2018.

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