L'euphorie des investisseurs risque de conduire à des déceptions quand leurs attentes élevées seront confrontées avec les réalités économiques

Par Guy Wagner - BLI (Banque de Luxembourg Investments) - le 14 février 2017

14/02/2017 - Publié par BLI - BANQUE DE LUXEMBOURG INVESTMENTS S.A. dans Marché Actions

L'euphorie des investisseurs risque de conduire à des déceptions quand leurs attentes élevées seront confrontées avec les réalités économiques

Au cours des trois derniers mois, la victoire de Trump aux élections présidentielles américaines et des statistiques économiques quelque peu meilleures ont généré une euphorie auprès des investisseurs. La confrontation de leurs attentes élevées avec les réalités économiques et politiques risque de conduire à des déceptions dans les mois à venir. C’est ce qu’affirment Guy Wagner, chief investment officer de BLI - Banque de Luxembourg Investments, et son équipe, dans leur analyse mensuelle, les ‘Highlights’.

Les bourses des pays développés ont fait du surplace au mois de janvier. Le S&P 500 aux Etats-Unis, aidé par un léger repli du dollar, a progressé de 1,8% alors que le Stoxx 600 en Europe et le Topix au Japon sont restés quasiment inchangés. L’indice MSCI Emerging Markets, qui n’avait pas participé à la hausse des marchés en novembre et décembre, a par contre progressé de 5,5%. Au cours des trois derniers mois, la victoire de Trump aux élections présidentielles américaines et des statistiques économiques quelque peu meilleures ont généré une euphorie auprès des investisseurs. « La confrontation de leurs attentes élevées avec les réalités économiques et politiques risque de conduire à des déceptions dans les mois à venir », affirme Guy Wagner, chief investment officer et administrateur-directeur de la société de gestion BLI - Banque de Luxembourg Investments. « Bien que les actions en tant que placement financier demeurent sans alternative, les marchés boursiers semblent être vulnérables actuellement. »

 

La croissance de l’économie mondiale demeure modérée

Malgré l’optimisme général du retour à une activité conjoncturelle plus robuste, la croissance de l’économie mondiale demeure modérée. Aux Etats-Unis, le PIB a augmenté de 1,6% sur l’ensemble de l’année 2016, et de 1,9% sur les trois derniers mois de l’année. Jusqu’à présent, l’amélioration des indicateurs de confiance des ménages et des entreprises ne s’est pas encore traduite par une accélération significative de la croissance économique. « L’Europe est actuellement la région qui surprend le plus favorablement, ayant affiché une progression du PIB de 1,8% en 2016, supérieure à celle du PIB américain », précise l’économiste luxembourgeois. Au Japon, une accélération significative du taux de croissance n’est toujours pas en vue malgré la poursuite d’un déficit budgétaire élevé et l’explosion du bilan de la Banque du Japon. En Chine, les autorités publiques semblent être en train de réduire quelque peu les mesures de soutien après que l’objectif d’une croissance du PIB entre 6,5 % et 7% pour l’ensemble de l’année 2016 a été atteint.

 

Trois hausses des taux prévues aux Etats-Unis jusque fin 2017

Conformément aux attentes, le Comité monétaire de la Réserve fédérale américaine a laissé inchangés les taux d’intérêt lors de sa première réunion de l’année. La présidente Janet Yellen n’a pas donné d’indication nouvelle quant au rythme du resserrement monétaire futur. Les participants du Comité monétaire continuent de prévoir 3 hausses des taux jusque fin 2017. En Europe, la banque centrale a également laissé inchangés ses taux directeurs ainsi que son vaste programme de rachat de dettes. Le président Mario Draghi a répété qu’il envisageait de maintenir les taux encore très bas pendant longtemps malgré la remontée de l’inflation. Il considère la récente détérioration des statistiques inflationnistes comme temporaire étant donné qu’elle résulte de la hausse des prix pétroliers et non pas d’une accélération des pressions inflationnistes sous-jacentes.

 

La poursuite de la remontée de l’inflation et les incertitudes politiques pourraient maintenir les taux obligataires européens quelque peu sous tension

Après avoir fortement remonté au cours des deux derniers mois de 2016 après l’élection de Donald Trump, les rendements des obligations d’Etat américaines sont restés quasiment inchangés en janvier. Un éventuel ralentissement conjoncturel en cours d’année pourrait conduire à une baisse des rendements obligataires aux Etats-Unis en 2017. Dans la zone euro, la hausse de l’inflation a engendré une légère augmentation des taux obligataires en Allemagne, en Italie et en Espagne. « La poursuite de la remontée de l’inflation et les incertitudes politiques liées aux nombreuses élections dans les mois à venir pourraient maintenir les taux obligataires européens quelque peu sous tension malgré la poursuite du programme d’assouplissement monétaire quantitatif de la banque centrale », conclut Guy Wagner.

 

Les commentaires et analyses reflètent l’opinion de BLI sur les marchés et leur évolution, en fonction des informations connues à ce jour. Les informations contenues dans ce document n’ont aucune valeur contractuelle et n’engagent pas la responsabilité de BLI. BLI décline toute responsabilité quant à leur exactitude ou à leur exhaustivité. Toute information peut être supprimée ou modifiée à tout moment sans préavis. Les performances passées ne sont ni une indication ni une garantie des performances futures. BLI n’assume aucune responsabilité et ne donne aucune garantie quant aux performances futures par rapport aux produits et mandats dont elle assume la gestion. 

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