Par Christophe Scalabre, Président d'ETFWAVE

EURO STOXX600 Net Return au 27 juin 2018, donc quasiment à la fin du 1er semestre : 790,15 soit -0,4% vs fin 2017, comme s'il ne s'était rien passé en cette première moitié d'année!

Cet indice large parfaitement flat nous donne l'opportunité de mesurer à quel point une gestion active à partir d'ETFs sectoriels peut amener des écarts de performance très significatifs.

Intérêt de ces ETFs sectoriels, contrairement à des actions détenues directement : dans la mesure où ils sont composés de 20 à 50 titres différents, aucun d'entre eux ne décroche complètement même si certains profit warning peuvent avoir durement touché certaines actions.

Mais malgré tout, les écarts sectoriels sont sensibles, puisque parmi les 18 ETFs qui déclinent de manière sectorielle le Stoxx600, la meilleure performance s'établit à 13,1% (OIL Lyxor Oil & Gas) alors que le secteur bancaire (BNK Lyxor ETF Bank) ferme la marche avec -10,2%. On pouvait donc surperformer ou sous-performer le STOXX600 de plus de 10% selon le choix sectoriel que l'on opérait.

Poursuivons l'analyse de ces secteurs, pour identifier les poursuites et les retournements de tendance.

On notera que parmi le TOP 3 de 2017, seul le secteur des valeurs technologiques est resté en momentum. En troisième position avec 9,3% de progression, TNO (Lyxor Technology) fait de nouveau partie des meilleures performances ce semestre.

Rappelons que TNO (77 M€ d'Encours sous gestion, 0,3% de frais) est composé de 28 sociétés, dont les 5 premières sont SAP, ASML, Nokia, Infineon et Cap Gemini (58% du total). Même sur les 4 dernières semaines, TNO surperforme l'indice large européen. La révolution technologique est toujours en marche.

 

TNO (Lyxor Technology), données mensuelles :

 

Les deux autres meilleurs performeurs de 2017 ont un peu calé ces derniers mois, bien que demeurant en surperformance vs le STOXX600. Il s'agit de FIN (Lyxor Financial Services), avec +2,4% et de BRE (Lyxor Basic Resources), +4,8%. FIN surperforme largement donc le secteur bancaire, comme en 2017. Quand au secteur des Ressources de base, il s'est nettement retourné ces 4 dernières semaines, avec une performance de -5,2% (vs -1,6% pour le Stoxx600), victime des menaces de guerre commerciale.

C'est le secteur Oil & Gas (OIL Lyxor ETF Oil) qui sort gagnant du 1er semestre (+13,1%), après un très gros rebond de près de 17% ces trois derniers mois. OIL est un ETF composé de 20 sociétés (5 premières : Total, Royal Dutch Shell, BP, ENI, Statoil), et son encours s'établit à 298 M€.

Le secteur Retail (RTA Lyxor Retail) vient en deuxième position avec +9,6%, et représente un cas intéressant dans la mesure où il faisait au contraire partie des moins bonnes performances de 2017 (-1%). Cette tendance est d'ailleurs identique aux Etats-Unis, où l'ETF XTR (SPDR S&P Retail) bénéficie de scores Court Terme et Long Terme de 100% selon nos algorithmes (90% et 100% pour RTA). RTA a un encours de 13 M€ seulement et est composé de 20 sociétés.

A court terme RTA réalise d'ailleurs la meilleure performance sur 4 semaines avec 2,3% de progression.

 

RTA (Lyxor Retail ETF), données hebdomadaires :

 

Côté baisses, nous trouvons donc le secteur bancaire (BNK Lyxor Bank) avec -10,2%, les Telecom (TEL Lyxor Telecom) avec -7,4% et le secteur Automobile (AUT Lyxor Auto & Parts), autre victime collatérale de la guerre commerciale initiée par les Etats-Unis.

BNK est un ETF dont l'encours est important, avec 847 M€. Il est composé de 27 banques européennes, parmi lesquelles Banco Santander, BNP Paribas, ING Groep, Banco Bilbao et Intesa Sanpaolo représentent 55% de la capitalisation totale. Même sur un horizon de temps court (4 semaines), BNK reste en sous-performance par rapport au STOXX600 (-3,4% vs -1,6%).

On notera pour le secteur des Telecom qu'il ne s'agit que de la poursuite de la tendance 2017, puisque TEL faisait déjà partie des 3 secteurs les moins performants, avec une performance nulle (-0,1%) l'an dernier. TEL donne aujourd'hui techniquement au mieux quelques signes de stabilisation, contrairement d'ailleurs à son homologue américain (SPDR S&P Telecom) qui progresse de 4,3% depuis le début de l'année.

Enfin, AUT a donc payé le prix fort pour les scandales à répétition sur le diesel, et pour les menaces de taxes américaines qui pourraient toucher durement les constructeurs allemands qui pèsent lourd dans l'ETF puisque Daimler, Volkswagen et BMW représentent à eux trois plus de 40% de la pondération. Opportunité de se replacer à bon prix dans ce secteur qui est au c ur de nombreuses révolutions technologiques  A surveiller en tout cas car techniquement AUT n'est qu'à quelques % de casser ou de rebondir sur ses moyennes longues (26 mois ou 100 semaines). A court terme, le décrochage est évident avec une baisse de 7,5% sur les 4 dernières semaines.

 

AUT (Lyxor ETF Auto & Parts), données hebdomadaires :

 

Malgré l'inertie embarquée par les ETFs compte tenu du nombre de titres détenus, d'important écarts de performance peuvent être réalisés en misant sur les bons secteurs.

Ceux-ci sont également de très bons instruments pour analyser les configurations de marché et identifier la typologie des secteurs qui surperforment ou sous-performent.

 

 

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