ETF : FAUT-IL REVENIR SUR LE SECTEUR BANCAIRE?

Par Christophe Scalabre, Président - ETFWAVE

17/05/2017 - Publié par ETFWAVE dans Marché Autre

ETF : FAUT-IL REVENIR SUR LE SECTEUR BANCAIRE?

Compte tenu de la difficulté à analyser en détail les comptes des banques, l'investissement dans ce secteur via un ETF, qui permet de mutualiser les risques, est particulièrement adapté.

Outre la complexité de leur bilan, les banques sont également porteuses d'un risque spécifique d'amendes qui viennent régulièrement plomber leurs résultats. S'exposer à une seule d'entre elles est donc un pari risqué.

Des deux côtés de l'Atlantique, la situation est très différente. Aux USA le cycle de croissance est anormalement long et commence à inquiéter, la hausse des taux est déjà bien engagée, un risque politique particulier s'est installé depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. Promesses de campagne non tenues, nombreuses erreurs de communication, doutes sur ses liens avec la Russie font monter le risque d'Impeachment même si celui-ci reste peu probable à ce jour compte tenu de la majorité républicaine.

L'Europe sort pour sa part peu à peu du risque politique, avec en particulier l'élection récente d'Emmanuel Macron qui redonne du crédit au couple franco-allemand, et au succès du CDU d'Angela Merkel en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, de bon augure pour sa réélection en septembre. Les taux tardent à monter, faute de croissance robuste, mais les indicateurs économiques semblent vouloir s'installer durablement dans le vert, au point que la zone est de plus en plus recommandée par les stratégistes.

Ce grand écart entre les cycles économiques se retrouve dans le comportement des ETF des deux côtés de l'Atlantique.

Dans les deux cas, les Banques ont payé un très lourd tribut à la crise qui a secoué le monde depuis 10 ans, mais la comparaison s'arrête là.

En Europe, BNK (Lyxor), permet de répliquer la performance de l'indice Stoxx Europe 600 Banks Net Return. Coté en €, ses frais sont 0,3%, et son encours de 832 M€ en fait un des gros ETF sectoriels européens. Les 5 premières positions de son indice de référence sont HSBC, Banco Santander, BNP Paribas, ING Groep et Loyds Banking, qui représentent ensemble 40% de sa capitalisation. Les dividendes sont capitalisés et le mode de réplication est indirect (swap).

Le graphique ci-dessous, qui mesure le spread entre BNK et SXXR, le Stoxx600 Net Return, permet de mesurer à quel point les Banques ont souffert de la crise déclenchée par les Subprimes :

 

Spread BNK/SXXR, données annuelles :


 

Tout s'est joué sur la période 2007-2011 qui, en dehors d'une accalmie en 2009, a vu la chute spectaculaire de BNK. Et depuis? Pas grand chose. Le secteur bancaire a encore sous-performé, mais plus modestement, et donne enfin en 2017 des signes de reprise. Sur 10 ans, de fin 2006 à fin 2016, BNK est passé de 43.9 € à 19.95 €, soit une baisse de 54,5%!

Alternative à BNK, CB5 d'Amundi réplique pour sa part l'indice MSCI Europe Banks. Il est coté en €, ses frais sont de 0,25%. L'Actif net du Fonds est de 105 M€.

Aux USA, marché bien plus mature en ce qui concerne les ETF, l'offre est comme souvent abondante, avec la possibilité de se concentrer sur des sous-secteurs, ou au contraire d'investir dans des indices très larges.

Parmi les ETF "larges", VFH de Vanguard réplique la performance du MSCI US Investable Market Index Financials et intègre près de 400 sociétés. Il couvre non seulement les Banques, qui représentent la majorité de la pondération, mais aussi le secteur de l'Assurance. JPMorgan Chase, Wells Fargo, Bank of America, Berkshire Hathaway et CitiGroup sont ses 5 premières pondérations. Les frais de VFH sont particulièrement peu élevés, à 0,10% seulement. Son encours est considérable, à 6200 M$. VFH n'a bien sûr pas échappé à la crise financière, et sa valeur à fin 2016 reste inférieure à celle de fin 2006 (-9,4%), hors dividende. Toutefois, signe du retour en grâce de la thématique financière aux USA, VFH a aligné de belles performances annuelles depuis 2012, à l'exception d'une année blanche en 2015 (2012 +23.5%, 2013 +30.3%, 2014 +11.9%, 2015 -2.5%, 2016 +22.5%).

KRE (SPDR) est au contraire un ETF dédié aux Banques régionales US (indice S&P Regional Banks Select Industry, composé d'une centaine de banques), donc beaucoup plus focalisé. Son Actif Net est élevé, à 3 530 M$. Ses frais sont de 0.35%. Malgré le paiement des dividendes, KRE a bien mieux résisté à la crise puisqu'il cotait à fin 2016, 11% au-dessus de sa valeur de fin 2006. Après deux années blanches en 2014 et 2015, 2016 a été une année particulièrement faste pour les Banques régionales US, puisque KRE a progressé l'an dernier de près de 33%.

Nous sommes positifs sur le secteur bancaire européen, qui dispose d'une marge d'appréciation importante avec la hausse progressive des taux.

Retrouvez notre analyse ETF de BNK en cliquant ici

 

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