Donald et Janet ont les clefs du marché pour 2017 !

Par Jean-Noël Vieille - lettre hebdomadaire n°225

07/03/2017 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Donald et Janet ont les clefs du marché pour 2017 !

Ce sont comme attendues les informations en provenance des Etats-Unis qui ont marqué l’évolution des marchés financiers la semaine dernière avec en particulier une sorte de déclaration de politique générale de Donald Trump, plutôt en dessous des attentes et un discours de la présidente de la FED ce vendredi soir anormalement précis. Les marchés ont décodé le discours de Trump avec beaucoup d’enthousiasme puisque cela a permis au Dow Jones de dépasser mercredi les 21 000 points. Les Etats-Unis continuent d'être le marché directeur avec un regain d'intérêt pour les actions. Nous avons déjà insisté ici sur une certaine rationalité des marchés puisqu’il faut pratiquement remonter avant la crise financière de 2008 pour constater une aussi bonne croissance économique à travers le monde, et un retour de l'inflation. Les indicateurs sont au vert aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe ou qu’en Asie permettant alors aux banques centrales de normaliser enfin leurs politiques monétaires. Cette forte progression des marchés a toutefois de quoi inquiéter à cause des incertitudes politiques, aux Etats-Unis, avec la présidence Trump, ou en Europe, avec les échéances électorales en France (l’imbroglio est total à moins de 50 jours des élections !) et en Allemagne.

Les indices boursiers ont ainsi été fortement haussiers la semaine dernière : +3,01% pour l’Eurostoxx50, +3,09% pour le CAC 40 et +1,89% pour le DAX. Le DJ affiche une hausse de +0,88% et le Nasdaq de +0,44%. Le NIKKEI a marqué également une progression à +0,96%.

 

La Présidente de la FED très explicite quant à la prochaine hausse des taux

Vendredi dernier, la présidente de la Réserve fédérale (Fed), Janet Yellen, a donné un signal clair pour un resserrement monétaire lors de la prochaine réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) des 14 et 15 mars, et elle a aussi laissé entendre que d’autres relèvements seront nécessaires cette année si l’économie américaine restait sur le rythme actuel. Le FOMC va ainsi évaluer si l’emploi et l’inflation continueront d’évoluer en ligne avec ses attentes, auquel cas un nouvel ajustement des taux fédéraux sera justifié. Mme Yellen a aussi souligné que les objectifs que s’était fixés la banque centrale pour relever ses taux, à savoir une situation de plein-emploi et une inflation de 2 % étaient atteints ou en voie de l’être. Le marché du travail américain reste très dynamique puisqu’en janvier, 227 000 emplois ont été créés et le taux de chômage est tombé à 4,8 %. On notera aussi que l’ISM manufacturier montre un fort mouvement haussier à 57,7, plus d’un point supérieur au consensus.

Avec cette prochaine hausse des taux, il s’agira de la troisième depuis le début de la reprise économique après un premier relèvement en décembre 2015 et un second en décembre 2016. Le loyer de l’argent oscille désormais entre 0,50 % et 0,75 %. Ce ne serait d’ailleurs qu’un début, car la Présidente a déclaré que cette année serait sans doute marquée par un rythme de resserrement monétaire beaucoup plus vigoureux qu’au cours des deux dernières années (probablement 3 hausses sur 2017 !). Le discours de la Fed est  donc beaucoup plus optimiste par rapport à celui qu’elle tenait il y a encore un an alors que la volatilité des marchés financiers et le ralentissement de la croissance chinoise menaçaient de perturber l’évolution de l’économie aux Etats-Unis. Le « Brexit » puis l’élection de Donald Trump avaient ensuite obligé la banque centrale à retarder les échéances d’un processus de normalisation monétaire. Ainsi, le nouveau président américain va devoir compter avec une politique monétaire nettement moins accommodante. Cet environnement risque de faire remonter le dollar (on doit d’ailleurs s’interroger sur la raison pour laquelle vendredi soir le dollar est reparti en baisse !) et ralentir les exportations, tandis que des conditions de crédit plus strictes pourraient alors peser sur la consommation. Il est donc à craindre une pression sur les marges des entreprises américaines sur l’année 2017.

 

Trump ne répond pas aux attentes (trop occupé à tweeter !)

Les investisseurs attendaient avec impatience le discours de Donald Trump devant le Congrès pour avoir davantage de précisions sur sa politique économique. Son allocution n’a pas totalement répondu aux attentes par manque de clarification sur ce programme et aussi par l’absence de données relatives à son financement. Le programme de soutien à la croissance est toujours présent, mais les modalités restent floues. Il a rappelé les mesures phares qu'il entend mener, à savoir dans l'ordre : 1) la réforme de l'Obamacare, 2) la baisse des impôts aussi bien sur les classes moyennes que sur les entreprises afin de les rendre compétitives à l'international, 3) le plan de relance dans les infrastructures pour une enveloppe de 1000 Md$ (sur plusieurs années), et enfin 4) la dérégulation (surtout financière). Ces quatre points doivent s'accompagner de mesures protectionnistes qui pourraient prendre la forme de barrières tarifaires, d'un changement de fiscalité des entreprises ou d'une renégociation des accords commerciaux. Il est ressorti de ce discours l'étendue du chemin à parcourir avant de pouvoir trouver un compromis sur la réforme fiscale ou sur le plan d'investissement dans les infrastructures. Si les baisses d'impôts des entreprises et des ménages pourraient générer un choc de demande (autant domestique qu'étrangère) d'envergure, il est difficile d’en connaître les impacts réels à court terme. Ces interrogations pourraient alors être de nature à refroidir quelques peu les investisseurs sur le marché « actions » américain, marché qui eu égard à la progression récente des cours, pourrait apparaître désormais comme surévalué.

 

Les chiffres économiques européens restent favorables

Au niveau macroéconomique, l’accélération de la croissance s’est confirmée en Zone Euro avec un PMI composite qui est resté bien au dessus de la barre des 50 (56pts, en ligne avec les attentes) soit un plus haut depuis avril 2011, tiré par la France (55,9 vs 54,1 en janvier) et l’Espagne (57 vs cons 55). Les ventes au détail allemandes sont ressorties aussi en nette hausse pour janvier (+2,3% vs cons +0,7%) et la croissance du PIB espagnol est ressortie en ligne avec les estimations au T4 (+3%).

 

Mars toujours favorable aux actions ?

Comme nous l’avions anticipé, il fallait jouer en février les fondamentaux macroéconomiques, notamment sur les actions et le crédit. Le marché obligataire souverain a fait exception car malgré un newsflow plus difficile, aux US comme en Europe, avec un régime d’inflation plus élevé, ce marché est resté soutenu par le facteur « risque politique français » qui a animé le mois. Le mois de Mars sera plus chargé en évènements majeurs, avec le FOMC du 15 (hausse des Fed Funds), la BCE du 9 et les élections législatives néerlandaises. Dans ce cadre, nous renforçons un biais négatif sur l’obligataire souverain qui devrait être entraîné par le marché US et l’accélération du resserrement côté Fed. En plein dans le « reflation trade », nous conservons une surpondération des actions (avec une préférence US, Europe) en recherchant des valeurs sensibles à la remontée de l’inflation.

 

Par Jean-Noël Vieille - le 6 mars 2017

 

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