Par Raymond James AM International

Sur la période récente, la montée de l'aversion au risque est évoquée et s'explique par l'ampleur de la totalité des tensions géopolitiques qui pèsent au niveau mondial dans un cadre où la politique monétaire américaine n'est plus accommodante.

La croissance économique aux Etats-Unis reste soutenue, avec un taux en moyenne de 2,25% par an depuis 2011, portée par un marché de l'emploi robuste, une confiance des acteurs économiques et plus récemment par une politique volontariste de l'administration Trump. L'inflation oscille autour de la cible des 2% (Fed) avec une hausse des coûts salariaux en partie compensée par une productivité qui est, certes, encore limitée. Même si l'on note un repli de l'indice ISM manufacturier en octobre, les forces en présence sont compatibles pour un maintien de la feuille de route de la Fed, sauf sur extrême renforcement du dollar qui se substituerait alors à sa politique restrictive.

A contrario, la Zone Euro affiche une dichotomie entre rigueur et expansion budgétaire au sein de ses pays, alors que la dynamique manufacturière continue de ralentir et qu'une inversion de tendance en matière de croissance économique semble fragile pour l'exercice à venir (Allemagne, France, Italie). La Chine pour sa part n'est pas en reste avec une consommation qui faiblit et des exportations à venir possiblement touchées par la guerre commerciale qui l'oppose aux Etats-Unis. Elle a d'ailleurs déjà annoncée la mise en place de mesures de politiques monétaire et fiscale.

A court terme, le pessimisme des marchés est sans doute exagéré face à une économie globale qui converge vers son potentiel (valorisation des actions à la médiane historique). Cependant à moyen terme les risques liés à l'absence de remise en question de la Zone Euro entre croissance et orthodoxie budgétaire, dans un marché porté par le qualitatif géopolitique, nous suggère une certaine prudence dans nos choix, en privilégiant toujours plus la visibilité des stratégies et leur financement. Nos thématiques transversales sont inchangées: Reflation et Régionalisation de la Croissance privilégient la qualité organique des business models sur les zones de croissance et les positions dominantes en termes de capacité à répercuter les coûts; les Situations Spéciales doivent adresser les problèmes de financement (cash ou titres) et ne pas faire du M&A un outil masquant l'absence de la croissance organique; enfin, en dépit de valorisations qui demeurent élevées, nous conservons les sociétés du thème Economie disruptive/Digitalisation 4.0 pour leurs perspectives de croissance long terme sur les top et bottom lines.

 

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