Par Igor de Maack Gérant et porte parole de la Gestion - DNCA Finance - Point hebdomadaire sur les marchés - N°13/2018

La guerre commerciale est rentrée dans une nouvelle phase plus critique de confrontation entre les Etats-Unis et la Chine. Des tarifs douaniers seraient appliqués sur 1 300 produits chinois pour un montant estimé de 60 Md$. Des restrictions limiteraient également les investissements chinois dans les secteurs technologiques.
 
Magnanime, Donald Trump a laissé jusqu'en mai aux Européens pour trouver un accord sur les tarifs de l'acier et de l'aluminium. Cette technique du bâton et de la carotte perturbe fortement les marchés financiers et entraîne une volatilité des taux de change et des taux d'intérêt. Tant que cette rhétorique guerrière commerciale se poursuit, il y a de fortes chances pour que les marchés financiers demeurent instables. Pour les Américains, il faudra cependant veiller à ne pas trop irriter ses partenaires commerciaux car ce sont aussi des partenaires financiers gros acheteurs de dette américaine. Le chemin de hausse des taux tracé par Jérôme Powell (trois hausses en 2018, trois hausses en 2019 et deux en 2020) devrait inciter les investisseurs européens à continuer à se porter acquéreurs de la dette.
 
 Cette bataille pour une meilleure répartition des richesses mondiales issues de l'ultra-globalisation des échanges s'avère aussi perceptible au sein même des entreprises. Le sujet de la répartition entre le facteur capital et le facteur travail n'est pas nouveau. Elle hante tous les économistes car c'est la clé de voûte de la cathédrale capitaliste.
 
Plusieurs grandes entreprises ont récemment infléchi à la hausse leur politique salariale en octroyant des augmentations ou indemnités significatives (Toyota, Skoda, Porsche, JP Morgan, Walmart...). La déviation croissante de l'évolution des revenus de la classe moyenne par rapport à sa tendance moyenne historique constitue un défi pour les dirigeants et les gouvernements. Sans inflation salariale, il n'y aura ni inflation ni saine inflation. La pénurie de main-d' uvre est déjà une réalité en Europe car le chômage y a baissé de plus de trois points.
 
Les entreprises vont donc devoir trouver des moyens pour protéger leurs marges dans un environnement volatil. Pour l'heure, l'année est trop peu entamée pour avoir une première vision de la robustesse des perspectives de progression des bénéfices. Les estimations des bénéfices seront encore plus déterminantes que l'année dernière car les vents contraires se sont levés (politique monétaire moins accommodante et discours de guerre commerciale). Et ils ne constituent en aucun cas des éléments susceptibles de rasséréner les marchés financiers.
 
Texte achevé de rédiger le 23 mars 2018

 

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