Mensuel d'Ecofi Investissements

Les tensions commerciales, sans disparaître, ont été reléguées au second plan en avril. La nature ayant horreur du vide, les craintes se sont transposées sur d'autres fronts. Ainsi, la fl ambée des cours du pétrole en avril (Brent +8,5%, WTI +5,7%), couplée avec une augmentation des anticipations du nombre de hausses des taux directeurs de la Fed, ont poussé le rendement du taux à 10 ans américain au-delà de la barre symbolique de 3%, d'où une appréciation du dollar. La poussée des taux a été interrompue par un ralentissement du rythme de progression de la croissance.

 

On sait que l'hiver est propice aux "coups de mou", mais personne ne s'attendait à ce que celui-ci soit aussi important. En effet, par une conjonction de divers facteurs plus ou moins temporaires (météo, grèves, effet pascal, euro fort, etc.), l'activité dans la zone Euro a marqué le pas au premier trimestre 2018, à +0,4% contre +0,6% précédemment.

Le sentiment global est que le pic d'activité est derrière nous. L'Insee a ainsi montré que le ralentissement a été plus marqué en France où le PIB est passé d'une progression de 0,7% fin 2017 à +0,3% fin mars, pénalisé principalement par la panne des exportations. Au Royaume-Uni, ce moment de faiblesse s'est également fait ressentir puisque l'activité a fait du surplace entre janvier et mars (+0,1%), loin du rythme observé au 4ème trimestre 2017 (+0,4%). L'évolution des indicateurs avancés dans l'industrie, au plus bas de 13 mois, suggère que ce ralentissement de la croissance devrait se poursuivre. En effet, la flambée des cours du pétrole (+44% sur un an) devrait se traduire par une érosion des marges, et surtout par un alourdissement de la facture énergétique, ce qui pèsera sur la croissance des pays importateurs.

Ainsi, dans la mesure où l'inflation devrait rester sous contrôle (hors effet composantes volatiles), les banques centrales de la zone Euro et du Royaume-Uni ont préféré opter pour la prudence dans la conduite de leur politique, à l'inverse de la Réserve fédérale (Fed). Avec une hausse depuis le début d'année de 2,3% en rythme annualisé, la croissance américaine a enregistré une progression solide, en dépit du ralentissement temporaire de la demande interne.

Cette solidité de l'activité permet au marché de l'emploi de rester très dynamique, avec de fortes créations de postes, ce qui a entraîné un frémissement sur les salaires. Or, selon l'adage populaire, ce qui est bon pour « Main Street » n'est pas forcément bon pour « Wall Street ».

Dans ces conditions, face à un recalibrage des anticipations inflationnistes, le rendement du taux à 10 ans américain a progressé sensiblement, franchissant même le seuil psychologique de 3%. Un tel niveau n'avait plus été atteint depuis décembre 2013. En effet, la bonne dynamique de l'activité américaine est de nature à pousser la Fed à relever davantage ses taux directeurs. Nous restons toutefois sur un scénario de trois hausses en 2018.

 

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Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
ECOFI ENJEUX FUTURS ECOFI INVESTISSEMENTS Olivier PLAISANT Actions Monde 153.71 M€ -3.92 % -1.41 %