Cocorico !

Lettre mensuelle d’Entheca Finance - Stratégie d’investissement

02/01/2018 - Publié par ENTHECA FINANCE dans Marché Allocations d'actifs

Cocorico !

En cette période de fin d'année, nous dressons un premier bilan de l'année 2017 et vous livrons nos réflexions pour l'année boursière 2018.

2017 a été une année de bonnes surprises, malgré les tensions géopolitiques et les errements politiques, à l'image du vote catalan le 21 décembre pour « l'indépendance » de la Catalogne. L'économie mondiale est sur la voie d'une reprise aussi bien dans les économies développées qu'émergentes. Les Etats Unis en dépit d'un cycle de 9 ans (2 ème cycle le plus long) continuent leur trajectoire robuste, le japon semble sur la voie de la rédemption grâce à la politique très accommodante de Shinzo Abe et les émergents en dépit de leur problèmes politiques (Brésil, Venezuela ) continuent avec la Chine de jouer un rôle de plus en plus important dans le monde. Les marchés mondiaux auront réalisé de bonnes performances en 2017, même si pour les investisseurs européens, la forte réappréciation de l'Euro contre toutes devises, a réduit les performances des marchés américains, japonais et émergents.

C'est la zone euro qui a agréablement surpris en se positionnant sur un rythme de croissance supérieur à celui de l'économie américaine et avec des chiffres révisés régulièrement à la hausse par le FMI et l'OCDE.

La France qui était pointée du doigt en tant que mauvais élève de la zone, voit sa contribution à la croissance progresser sensiblement tant au niveau des services (PMI Services : 59,4) que manufacturier (PMI Manufacturier : 59,3) . L'INSEE a d'ailleurs revu en hausse sa perspective de croissance pour 2017 à 1,9%. L'investissement des entreprises est en croissance de 4% par an et se conjugue avec une consommation des ménages qui s'est avérée robuste en 2017 même si pour 2018, celle-ci devrait fléchir légèrement avec l'augmentation de taux de la CSG. L'effet « Macron » a été un puissant catalyseur redonnant confiance aux entrepreneurs français grâce aux mesures mises en place par le nouveau et jeune gouvernement. La France vient même d'être élue « pays de l'année 2017 » par The Economist !

Cet environnement global porteur n'a pas eu d'effet sur les taux d'intérêt qui sont restés à des niveaux contenus grâce aux banques centrales. Elles ont maintenu le cap de leurs politiques monétaires très accommodantes. Les modes de communication adoptés par les banquiers centraux se veulent transparents et clairs, avec pour objectif de prévenir les changements à venir et permettre ainsi de revenir progressivement avec le moins de heurts possibles, à une situation « normale » où les taux d'intérêt réels seraient à nouveau positifs. D'ores et déjà, la banque centrale américaine a remonté ses taux d'intérêt à 3 reprises en liaison avec l'avancée du cycle américain. Mais le fait que les capacités de production n'ont pas été exploitées au maximum, a permis à l'inflation de rester en dessous de l'objectif des Banques Centrales. La question de l'inflation est par ailleurs l'énigme de 2017 étant donné sa faiblesse structurelle, alors que la croissance dans son ensemble est en hausse. L'innovation technologique et la faiblesse des prix des matières premières en sont les principales raisons.

 

Que peut-il se passer en 2018 :

A l'évidence, l'inflation sera à nouveau LE paramètre à regarder de près en 2018. Le cycle économique continue d'avancer et les dernières enquêtes de conjoncture montrent une tension sur les capacités de production et donc un risque de surchauffe. Les chiffres du chômage dans certains pays sont sur des niveaux bas et engendrent des tensions salariales avec des sous-effectifs dans certains secteurs économiques. Le marché du pétrole se reprend après deux années très difficiles et un pétrole plus cher génère naturellement de l'inflation. Tous ces facteurs militent pour plus d'inflation en 2018 même si des freins sont encore à l' uvre, notamment les changements induits par l'innovation technologique et la probable deuxième vague d'effet déflationniste liée à la technologie blockchain.

Avec plus d'inflation, les taux d'intérêt à long terme devraient remonter en 2018 dans l'ensemble des pays développés sans toutefois réitérer l'expérience de 1994 (krach obligataire). En effet, les banques centrales peuvent à tout moment redevenir acheteuses de dettes publiques, ce qui était inimaginable il y a 20 ans ou même 10 ans. Par ailleurs, les Etats ne pourraient pas supporter une hausse rapide des taux.

Au niveau des actions, le momentum bénéficiaire en Europe n'est pas épuisé et aux Etats Unis l'adoption de la réforme fiscale de D. Trump crédibilise les niveaux de valorisation atteints. Les croissances bénéficiaires devraient progresser de 10 à 12% entre 2017 et 2018 pour l'ensemble des pays développés et c'est ce qui doit être joué par les marchés au cours du 1 er semestre 2018. Pour la 2eme partie de l'année, l'évolution des taux sera à suivre avec intérêt.

La Chine sera aussi un acteur à suivre avec attention. 2017 a été l'année du tout puissant Xi Jinping et d'une belle reprise économique chinoise à crédit. Un affaiblissement inattendu de l'économie chinoise serait un revers pour 2018. Au sein des pays émergents, la Russie et le Brésil seront deux pays intéressants car ils devraient bénéficier d'une certaine amélioration de leur croissance après deux années de marasme (grâce au pétrole notamment pour la Russie).

Il reste un point difficile à trancher qui est celui du rattrapage européen par rapport au marché américain. En effet même si les fondamentaux économiques (cycle US long; cycle européen en rattrapage) et les valorisations plaident pour une surperformance de l'Europe par rapport aux USA, force est de constater que ce n'est pas le cas en 2017 pour les indices boursiers. A l'heure où ces lignes sont écrites, le marché américain S&P500 en dollar est en hausse de +19,9% depuis le début de l'année contre +8,52% pour l'Eurostoxx50. Outre le fait que les indices américains soient dopés par la progression des grandes valeurs technologiques comme Alphabet, Amazone, Facebook et Microsoft (les GAFAM) qui surfent sur la vague du numérique, les explications tiennent sans doute au fait que finalement, le risque politique est prégnant en Europe (Espagne, Italie, Allemagne, Autriche, Pologne). Il n'est pas simple de rassembler les gens qui ne parlent pas la même langue (en témoigne les dissensions entre Madrid et Barcelone) et le chemin est encore long avant d'atteindre la stabilité de la zone Euro. Aussi, l'explication du retard de l'Europe réside dans le fait que lors des phases de consolidations / corrections, les indices européens baissent plus fortement que les indices américains.

Au sein de notre allocation d'actif, nous privilégions les actifs risqués avec une répartition entre actions, obligations émergentes (portage de 4%), obligations américaines à haut rendement (portage 5%) et une poche de fonds à rentabilité absolue.

Nous surpondérons les actions européennes au détriment des actions US pour les trois prochains mois, sans oublier le Japon et les pays émergents qui recèlent encore de la valeur.

En ce qui concerne les devises, nous n'avons que marginalement des positions en yen, sterling et franc suisse ; parité euro dollar devrait se stabiliser autour de 1,20 euro contre dollar.

Le potentiel de valorisation des actions s'est réduit sans être épuisé pour autant mais après une année de volatilité faible, celle-ci pourrait se rappeler à nos souvenirs en 2018.

Et pour finir cette année, nous fêtons les 30 ans du CAC 40, un anniversaire brillant qui trace l'histoire économique de la France et l'émergence des grands leaders mondiaux comme LVMH. Faisons le v ux que de nouvelles entreprises rejoignent elles aussi l'indice, et soient le témoin du renouveau de notre pays, tout comme cette année 2017.

En cette veille de Noël, toute mon équipe et moi-même vous souhaitons d'excellentes fêtes de fin d'année et vous retrouverons avec plaisir en janvier 2018,

Christophe Brulé

Achevé d'être rédigé le 22 décembre 2017

 

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