Actions américaines...

Commentaire d'investissement - 31 décembre 2017

29/01/2018 - Publié par GRAPHENE INVESTMENTS dans Marché Allocations d'actifs

Actions américaines...

Malgré des incertitudes temporaires sur le plafond de la dette et la réforme fiscale, les événements de décembre ont été globalement positifs, avec de nouvelles preuves de résistance persistante de l'économie et de solidité des résultats. Ceci a permis à la Réserve Fédérale de poursuivre son resserrement monétaire comme prévu.

Même si un revers de dernière minute restait possible début décembre, il devenait visible que la réforme fiscale était maintenant proche d'être adoptée, et elle a de fait été promulguée juste avant la trêve des confiseurs. Ce premier succès marquant dans les efforts de Donald Trump pour faire passer certaines des réformes qu'il avait promises n'a donc pas été une grosse surprise, mais a certainement contribué à soutenir la confiance des investisseurs.

Vers la fin du mois, quelques sociétés comme Goldman Sachs ont toutefois commencé à communiquer sur son impact. Si la forte baisse de l'impôt sur les sociétés (de 35% à 21%) est incontestablement positive pour l'économie américaine à moyen et long terme, les annonces ont également mis en relief les effets complexes qu'elle pourrait avoir sur les prochains résultats trimestriels, en fonction par exemple de la situation de chaque société quant aux reports d'imposition, aux déductions spécifiques et à l'importance des activités à l'étranger.

Les discussions autour du plafond de la dette ont été un autre fait marquant du mois de décembre, même si le marché n'a pas semblé y attacher autant d'importance qu'il y a quelques années. La menace d'une paralysie du gouvernement a été repoussée plusieurs fois par des accords temporaires, dont le dernier laisse à l'administration Trump jusqu'à mi-janvier pour trouver une solution. Ceci a probablement joué un rôle dans la reprise de la baisse du dollar contre l'euro, malgré la décision de la Réserve Fédérale de remonter à nouveau son taux directeur, qui peut maintenant aller jusqu'à 1.50%.

En dehors de ces deux éléments, le principal déterminant des tendances du marché a été le flux habituel des indicateurs économiques domestiques et des annonces de résultats. Ces dernières ont en fait été peu nombreuses, le gros de la saison des bénéfices trimestriels étant passé, mais la plupart se sont avérées très satisfaisantes, de grosses sociétés comme Accenture, Adobe, Carnival, Fedex ou encore Micron battant toutes largement les attentes.

Quant aux indicateurs économiques, ils sont généralement restés sur la trajectoire qu'ils avaient déjà suivie sur la plus grande partie de l'année, traduisant une confiance solide, une activité raisonnablement soutenue et une inflation légère.

A 58.2 dans le secteur manufacturier et 57.4 dans les services, les indices ISM sont restés très élevés même s'ils paraissaient faibles à côté de leurs pics récents au-dessus de 60. Les mesures d'activité réelle se sont avérées satisfaisantes, avec une poursuite de la hausse de la production industrielle et de l'utilisation des capacités dans les derniers chiffres publiés (novembre) mais une petite baisse dans les commandes de biens durables (hors équipements de transport) et une hausse des stocks chez les grossistes (qui peut toutefois avoir été intentionnelle à l'approche des fêtes). Le logement a paru reprendre des couleurs, ce qui peut probablement s'expliquer au-moins partiellement par la reconstruction des dégâts faits par les tempêtes: l'indice NAHB était le seul indicateur de confiance majeur à progresser sur le mois, et tous les chiffres du secteur, des demandes de permis de construire aux ventes de maisons, étaient en hausse.

L'emploi a continué à corroborer la confiance des dirigeants de sociétés pour le futur, avec 228 000 créations nettes d'emplois non-agricoles en novembre, et une accélération continue dans le secteur manufacturier. Les demandes hebdomadaires d'allocations-chômage ont toutefois semblé remonter marginalement, peut-être pour des raisons saisonnières.

Du côté des ménages, l'indice de confiance des consommateurs, dont la hausse soudaine en octobre et novembre était restée largement inexpliquée, est revenu à 122.1 en décembre: ceci est plus en phase avec les niveaux moyens de 2017, qui étaient eux-mêmes les plus élevés observés depuis la fin des années 90. Les dépenses paraissaient soutenues, ce que confirmaient les retours en provenance des commerces. Les ventes de détail ressortaient en hausse de 0.8% en novembre, malgré un effet négatif de 0.2% lié à l'industrie automobile, qui a repris sa trajectoire de normalisation après le sursaut consécutif aux ouragans.

Dans le même temps, les nouvelles de l'étranger ont eu un effet plutôt limité, sauf pour les changes. On n'a pas enregistré de surprises notables dans les économies étrangères, mais les prévisions de croissance mondiale étaient généralement bien orientées, avec une amélioration en Europe. Sur le front géopolitique, les choses sont restées favorables, en ce sens qu'il n'y a pas eu de nouvelle détérioration. La perte générale d'influence des Etats-Unis dans le monde, illustrée par l'implication croissante de la Russie et de la Chine dans les affaires internationales au Moyen-Orient et en Asie, a certainement facilité la nouvelle faiblesse de la devise américaine contre l'euro. Les principales raisons de cette tendance sur les changes restaient toutefois probablement liées au sentiment que les Etats-Unis étaient plus avancés dans leur cycle que l'Europe.

 

Les actions américaines ont gagné encore 1.07% en décembre, finissant 2017 en hausse dividendes réinvestis de plus de 21%. Notre stratégie US Essential Growth, qui a généré une solide surperformance sur le mois, continue à atteindre, voire à battre, ses objectifs depuis sa création.

Une nouvelle fois, la progression du marché en décembre avait une large base, et un seul secteur (les services aux collectivités, qui représentent à peine 3% du S&P 500) a affiché une forte baisse. Parmi les deux autres secteurs qui n'ont pas progressé, le seul à être important était la santé, où plusieurs pharmaceutiques ont annoncé des nouvelles mitigées sur leurs développements en cours, alors que certaines sociétés de services continuaient à souffrir de la menace Amazon.

A l'inverse, le secteur des télécommunications, qui avait déjà gagné presque 6% en novembre, a obtenu à nouveau la meilleure performance en décembre. La décision de la FCC de mettre fin à l'exigence de "neutralité du net" permet d'entrevoir des opportunités pour les opérateurs, qui pourront offrir des services différenciés à plus forte marge. Le deuxième meilleur secteur était l'énergie: les prix du pétrole, qui avaient été à la peine sur le premier semestre de 2017, ont bénéficié d'un fort rebond ces derniers temps, et le baril de WTI a progressé de 50% depuis ses plus bas à $40 en juin. La plupart des autres secteurs ont gagné entre 1.5 et 2.5% sur le mois.

On notera que les deux meilleurs secteurs en décembre restent les deux seuls dont la performance sur l'ensemble de 2017 a été négative. A l'autre extrémité de l'échelle, la 3 technologie aura été de loin la meilleure catégorie de l'année écoulée, avec une hausse proche de 40%: ce secteur innovant est resté incontournable pour permettre aux entreprises de générer des gains de productivité, et il a bénéficié de son exposition internationale alors que le dollar se dépréciait. Cinq autres catégories venaient derrière, avec des progressions de 20-25% sur 2017: la reprise mondiale a aidé les matières premières et, dans une moindre mesure, les industrielles, tandis que les valeurs de consommation cycliques, les financières et la santé bénéficiaient de facteurs plus domestiques, comme le sort réservé aux projets de réforme de Donald Trump.

En lien avec cette échelle des performances, les valeurs de croissance ont sous-performé en décembre, mais ont conservé une avance substantielle sur leurs rivales "value" sur l'ensemble de 2017, avec un écart de plus de 10 points de pourcentage selon les indices de style S&P 500.

Pour ce qui concerne notre portefeuille, décembre a été un bon mois, avec une surperformance (brute de commissions) de 125 points de base. Ceci illustre les avantages de la modulation de style intégrée à notre stratégie: notre sélection de titres actuelle reste fidèle à son biais Croissance structurel, mais celui-ci se situe en ce moment en bas de sa zone habituelle, de sorte que nous pouvons bien résister quand le style Value domine le marché.

Notre absence totale du secteur des télécommunications nous a naturellement pénalisés, mais ceci a été facilement compensé par notre exposition, également nulle, aux services publics et à l'immobilier. La seule contribution nettement négative à notre performance est venue de la technologie: le secteur a subi une vague de prises de profits après ses bons résultats et sa performance impressionnante sur l'année, et ceci a été aggravé par des rumeurs négatives sur les ventes de l'iPhone X. Certains analystes ont commencé à suggérer que ces ventes avaient fléchi après des pré-commandes très vigoureuses. Ceci a touché non seulement Apple (sur lequel notre exposition est à peu près neutre contre l'indice) mais aussi nombre de ses fournisseurs, de sorte que Broadcom (-7.5%) a été notre pire ligne du mois.

Ces points négatifs ont été plus que compensés par notre succès dans la plupart des autres secteurs. Des signes de robustesse des ventes de fin d'année ont aidé nos valeurs de commerce, emmenées par Best Buy, qui a gagné près de 15%. Signet Jewelers, qui avait beaucoup souffert en novembre, a récompensé notre patience avec un rebond de 8.15%. Nos titres de santé se sont également très bien tenus: Express Scripts a aussi gagné presque 15% après avoir donné des indications de résultats supérieures au consensus, et Alexion Pharmaceuticals a été soutenue par des informations selon lesquelles un investisseur-activiste poussait à une vente de la société pour dégager de la valeur. Enfin, notre choix de valeurs industrielles a fortement contribué. Fedex a annoncé des résultats excellents, mais Caterpillar a progressé encore plus après avoir publié ses ventes de détail pour les trois mois achevés en novembre: selon les régions, celles-ci étaient en hausse de 12 à 48%, avec une progression d'ensemble de 26%! Nos lignes dans la finance et l'énergie se sont également avérées généralement porteuses, quoique dans une moindre mesure.

Ceci achève une année sur laquelle notre stratégie, qui n'a été mise en uvre que sur la seconde moitié de 2017, a donné des résultats plutôt bons. A la fin de l'année, nous avions accumulé une avance (brute de frais) de 213 points de base sur l'indice S&P 500 dividendes net réinvestis, ce qui est presque équivalent à notre objectif moyen sur une année pleine. Ceci ne doit surtout pas être extrapolé, mais ce bon démarrage était important pour le futur...

 

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