2017 : Amélioration économique contre accentuation du risque politique

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - Lettre hebdomadaire 360 Hixance am n°219

25/01/2017 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

2017 : Amélioration économique contre accentuation du risque politique

Les marchés marquent le pas depuis quelques jours ce qui n’a rien d’anormal après la dernière phase haussière. Le facteur d'inquiétude majeur en 2017 est le risque politique aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Est-ce un problème insurmontable ? L’année 2016 nous a démontré que les évolutions politiques largement imprévues (d’une part le Brexit et d’autre part l’élection de Donald Trump) n’avaient pas perturbé les marchés, bien au contraire. Après les surprises, les marchés retrouvent en effet une grande lucidité et cherchent à comprendre et à anticper les rétombées économiques de ces éléments politiques. Pour le Brexit, les investisseurs ont compris que si des impacts négatifs émergeaient, ils seraient éloignés dans le temps (2018 ?) et pour Trump, les marchés ont salué un programme économique jugé favorable aux entreprises. Ces facteurs politiques n’ont donc pas toujours une traduction négative pour les marchés financiers.

Les défis qui s’offrent à nous pour 2017 sont élevés. En Europe, c'est l'avenir du couple franco-allemand, moteur historique de la construction du Vieux Continent qui est en jeu, avec des élections majeures de chaque côté du Rhin. Les élections, dans plusieurs pays européens, ne devraient toutefois pas affecter la reprise économique dans la zone euro. Le Brexit est une affaire qui concerne essentiellement le Royaume-Uni, et les conséquences ne seront pas importantes pour les entreprises européennes (5% des exportations de l'Union européenne sont destinés au marché britannique). Du côté des Etats-Unis, si la politique de Donald Trump donne un coup de pouce à l'économie sans contraindre la banque centrale américaine à remonter trop rapidement les taux, une sorte de cercle vertueux peut s'enclencher.

La semaine dernière, les indices boursiers ont plutôt connu des baisses : -0,75% pour l’Eurostoxx50, -1,46% pour le CAC40 et +0,01% pour le DAX. Le DJ affiche une légère décroissance à -0,32% et le Nasdaq perd 0,34%. Le NIKKEI a connu une baisse de 0,77%.

 

Une économie américaine toujours en amélioration

Les données macroéconomiques publiées la semaine dernière ont confirmé l’accélération de la croissance aux Etats Unis. La production industrielle a progressé plus qu’anticipé en novembre (+0.8% vs. cons +0.6%), l’inflation est passée au-dessus de l’objectif des 2% en décembre (+2,1% vs +1,7% en novembre), les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont atteint leur plus bas depuis 1973 (234k vs cons 252k vs 247k) et le résultat de l’enquête de la de FED Philadelphie sur les perspectives économiques est ressorti en janvier en forte progression. Janet Yellen a ainsi confirmé cette accélération de la croissance américaine en indiquant lors de son dernier discours que l’économie américaine était proche du plein emploi et que l’inflation s’accélèrait. Aucun doute désormais sur le relèvement progressif des taux de la FED. Ces données tendent aussi à confirmer la relative bonne progression du PIB américain qui pourrait dépasser les 3% de croissance en 2018.

 

Europe : reprise de l’inflation

Les chiffres européens ont aussi marqué une reprise intéressante. Le nombre de demandeurs d’emplois est en baisse (-10,1k vs cons 5k), les investissements en Zone euro ont augmenté (36,1Md€ en novembre vs 28,3). L’inflation montre aussi des évolutions importantes : elle s’approche au Royaume-Uni des 2% en décembre (+1,6% vs cons +1,4%), à l’instar de l’Allemagne (+1,7%) et l’amélioration se fait progressivement sentir au niveau de la Zone Euro (+1,1% YoY) tout en étant encore loin des objectifs d’inflation de 2% de la BCE. Ces chiffres, à la différence de ceux des Etats-Unis, ne peuvent donc permettre à la BCE de changer de politique. Nous aurons bien en 2017 une forte divergence des politiques monétaires entre les deux continents. Cela aura pour conséquence que les taux souverains européens ne devraient pas remonter rapidement.

Autre sujet d’inquiétude en Europe, le Royaume-Uni et évidemment la mise en place du Brexit. Ce que l’on sait désormais est que le résultat des négociations avec l’Union européenne concernant les conditions de sortie seront soumises au vote du Parlement. Londres souhaite également établir des accords de libre échange avec l’Union européenne tout en restant en dehors du marché unique. Ce discours plus conciliant a permis à la livre de remonter fortement au cours de la dernière semaine.

 

Vers le retour du pétrole à plus de 60$ le baril dans un contexte d’amélioration de la Chine 

La forte hausse des cours du pétrole en fin de semaine (près de 3%) est liée aux déclarations de l'Arabie saoudite qui a annoncé que plus de 1,5 Mb/j avaient d'ores et déjà été retirés du marché. Pour autant, l'enjeu se porte sur le retour du pétrole non conventionnel américain puisque normalement dans les premières mesures que Trump va prendre, la reprise des forages pétroliers est en bonne voie tout comme la production de pétrole et de gaz de schiste. Le point rassurant tient au fait que les indicateurs en provenance de Chine ont été solides : la croissance économique du pays au T4 affiche une progression de +6.8%, les investissements en actifs immobilisés sont en hausse de +8,1% avec des ventes de détail qui ont augmenté, +10.9% . Ces chiffres en provenance de Chine devraient permettre de soutenir la progression de la demande de pétrole.

 

Vers la poursuite de la hausse ?

En dépit des soubresauts actuels, il existe des raisons fondamentales pour confirmer sur le premier semestre une bonne performance du marché des actions européennes. Suivant nos modèles, nous attendons une progression de l’ordre de +10% des marchés avec une forte probabilité de révisions à la hausse des profits des entreprises tout au long de l’année. La raison devrait être une amélioration des marges bénéficiaires en zone euro, où elles sont en moyenne de 4%, soit deux fois inférieures à celles des Etats-Unis. Par ailleurs, les entreprises européennes estiment pour la première fois depuis plus de quatre ans, que leurs prix de vente vont augmenter. A court terme cependant, ce mouvement pourrait être enrayé par des positions jugées trop provocatrices de Trump (construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis, renégociation de l’ensemble des contrats commerciaux internationaux). Ainsi toute phase de consolidation doit être mise à profit pour rentrer dans le marché.

 

Par Jean-Noël Vieille - le 23 janvier 2017

 

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