Y'a t'il encore du potentiel en 2015 sur le High Yield européen?

L'avis d'Alexandre Caminade, Directeur Europe des investissements Crédit d’Allianz Global Investors

03/02/2015 - Publié par ALLIANZ GLOBAL INVESTORS FRANCE dans Marché Obligataire

Y'a t'il encore du potentiel en 2015 sur le High Yield européen?

Selon Alexandre Caminade, Directeur Europe des investissements Crédit d’Allianz Global Investors, il existe 5 facteurs de soutien au marché du High Yield en 2015 :

1) l’environnement actuel de croissance économique faible est favorable au segment obligataire High Yield européen.

2) le maintien de taux d’intérêt bas (conforté par le Quantitative Easing de la Banque Centrale Européenne) et la prudence des politiques financières des émetteurs High Yield historiques favorisent les porteurs obligataires.

3) Les facteurs techniques restent également un élément de soutien. C’est le cas des taux de défaut des entreprises qui, historiquement, n’augmentent significativement qu’en période de récession marquée, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. De fait, les taux de défaut anticipés restent bas : Moody’s prévoit pour les obligations High Yield européennes un taux de défaut à 1 an faible, à 2,29% (contre une moyenne historique de 4,65%).

4) la dynamique entre l’offre et la demande est redevenue plus saine au deuxième semestre 2014 et la qualité des covenants (clauses de garantie et de protection) des obligations de la zone euro est meilleure qu’aux Etats-Unis. « En ce qui concerne l’échéancier de remboursement de la dette, il n’y a pas non plus de risque à court terme, puisqu’il n’y a pas d’échéances matérielles à renouveler sur les deux prochaines années », explique Alexandre Caminade, Directeur Europe des investissements Crédit d’Allianz Global Investors. « Après une deuxième partie d’année 2014, où l’incertitude et la volatilité ont dominé, les flux sont revenus depuis le début d’année 2015, ce qui soutient le segment », ajoute-t-il.

5) les fondamentaux des émetteurs High Yield restent solides : même si les primo-émetteurs, dont la part a considérablement augmenté ces dernières années, ont présenté en général un profil plus agressif et moins de visibilité, le profil financier des émetteurs existants reste satisfaisant.

En termes de valorisation, les émetteurs de qualité plus faible, notés B ou CCC, ont connu en 2014 une re-normalisation de leurs spreads, et une baisse de leur performance.

Les éléments fondamentaux redeviennent le premier déterminant des valorisations.

« Dans le contexte actuel, il est capital d’analyser finement les fondamentaux d’un émetteur pour éviter un défaut qui pourrait durablement affecter la performance d’un fonds High Yield. C’est vrai pour les entreprises mais aussi pour les banques, qui représentent le quart du benchmark », explique Alexandre Caminade. Pour le cas spécifique des banques, le risque réel de perte sur une obligation est imputable soit à un manque de solvabilité, soit à une crise de liquidité. Même si, dans le passé, le soutien des gouvernements a permis de limiter les pertes des créanciers senior, les récents développements de la réglementation et, entre autres, la directive européenne de résolution des banques entrée en vigueur en janvier 2015 pour certains pays, placent l’ensemble des créanciers en première ligne, en incluant la possibilité de faire supporter les pertes notamment par les créanciers seniors, avant toute intervention publique.

Quels sont les facteurs de risques à surveiller?

Ce sont principalement les risques liés aux pays émergents et au décrochage des prix du pétrole, risques politiques, surchauffe de l’immobilier dans les pays nordiques et profitabilité sous pression liée à la faible activité de crédit, à une base de coût souvent élevée et au niveau du coût du risque. Dans l’univers du High Yield corporate également, une démarche d’analyse rigoureuse, à la fois qualitative et quantitative, est nécessaire pour limiter le risque spécifique sur un émetteur.

Une performance attendue de 5% en 2015

Alexandre Caminade conclut : « Nous restons globalement positifs sur la classe d’actifs, et nous anticipons pour 2015 des performances proches de celles de 2014, aux alentours de 5%.»

 

Définition

Obligations High Yield : obligations à haut rendement émises par des sociétés dont la notation financière par les agences de rating est inférieure à BBB- chez Standard & Poor's et Fitch Ratings ou Baa3 chez Moody's. La rémunération de ces titres est élevée, ce qui signifie également des risques de pertes élevés.

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
ALLIANZ EURO HIGH YIELD ALLIANZ GLOBAL INVESTORS FRANCE Alexandre CAMINADE Obligations Haut Rendement Moyen Terme 1 039.21 M€ 5.77 % 4.73 %

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