Veni, vidi, arrivederci pour Renzi

Par Karamo Kaba, Directeur des études économiques - Ecofi Investissements - 5 décembre 2016

05/12/2016 - Publié par ECOFI INVESTISSEMENTS dans Marché Actions

Veni, vidi, arrivederci pour Renzi

 

Au cours de la semaine, les marchés ont soufflé le chaud et le froid, tiraillés à la hausse par le bond des cours du pétrole et à la baisse par l’incertitude entourant le résultat du référendum constitutionnel en Italie. Tel le héros wagnérien Rienzi, qui voulait sauver son peuple, Matteo Renzi, au plus fort de sa popularité avait provoqué un référendum. Cette consultation sur la modernisation du pays s’est vite transformée en un vote « pour » ou « contre » la personne du premier ministre qui a promis sa démission en cas de résultat adverse.

 

Alors que tout laissait à penser qu’un déluge prendrait place sur les marchés financiers après la victoire du « non », les indices ont ouvert dans un relatif stoïcisme. Il faut dire que depuis le 23 juin dernier, les investisseurs ont appris à encaisser ces évènements de marché. Ainsi, les craintes liées au Brexit n’avaient pas entraîné un séisme financier mais ses conséquences avaient duré 10 jours sur les marchés. Celles liées à l’élection de Donald Trump se sont dissipées au bout de 10 heures. Enfin, les inquiétudes sur l’Italie n’auront finalement duré que 10 petites minutes ce matin. Comment expliquer ce calme alors que le risque d’une nouvelle crise des dettes a fortement ressurgit ? Cette tranquillité des investisseurs repose sans doute sur la certitude que la Banque centrale européenne, qui doit se réunir le jeudi 8 décembre, n’hésitera pas à prendre des mesures supplémentaires. Cependant, il faudrait s’attendre à un écartement du différentiel de rendement entre les taux longs en Allemagne et en Italie, surtout si de nouvelles élections législatives devaient avoir lieu, avec la perspective de l’arrivée au pouvoir de forces centrifuges.

 

L’autre évènement de la semaine a été l’entente des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour réduire leur production, ce qui a fait bondir les cours du baril de pétrole de 15,65% (à 53,8 dollars). Un tel accord est une vraie surprise mais n’est pas un gage de succès. En effet, 2 pays sur les 14 pays membres du cartel ont été exemptés de l’effort de réduction de l’offre (le Nigéria et la Libye) en raison de difficultés internes. D’autres pays pourront se prévaloir de difficultés à l’avenir et s’affranchir de leurs engagements comme cela s’est déjà vu dans le passé après un accord entre les pays de l’OPEP. D’autre part, pour des raisons de géopolitique, si le pétrole venait à s’installer durablement au-delà des 55 dollars le baril, l’Arabie Saoudite pourrait très rapidement augmenter sa production afin d’éloigner du marché l’arrivée de nouveaux concurrents, surtout américains. C’est la raison pour laquelle nous tablons sur des prix du pétrole à 50 dollars en moyenne au cours des douze prochains mois.A court-terme, cette annonce de l’OPEP a galvanisé les devises liées aux matières premières qui ont enregistré de forts gains contre le dollar. Elle a aussi aidé à la progression des valeurs du secteur de l’énergie. Sur les marchés obligataires, la remontée des prix du pétrole a propulsé les anticipations d’inflation vers des sommets. Ainsi, aux Etats-Unis, le taux d’inflation implicite anticipé à 10 ans est revenu à 2%, un sommet en 27 mois. Dans ces conditions, le rendement du taux à 10 ans américain a poursuivi sa hausse (+2,6 points de base, à 2,38%) pour se rapprocher de notre objectif de 2,60% dans les six prochains mois.

 

Rendez-vous lundi prochain…

 

Source : Ecofi Investissements, au 2 décembre 2016.

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Document non contractuel. Le présent document contient des éléments d’information, des opinions et des données chiffrées qu’Ecofi Investissements considère comme exacts ou fondés au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier du moment. Il est produit à titre d’information uniquement et ne constitue pas une recommandation d’investissement personnalisée.

 

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