Winter is coming ?

L’e -conoclaste Actis hebdo

15/02/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Winter is coming ?

LA CITATION DE LA SEMAINE

« En politique, il ne faut jamais rien croire tant que ça n’a pas été officiellement démenti » - Otto Von Bismarck (1815-1898), Politique prussien/allemand

 

 

 

L'ACTU EN CHIFFRES

64,9 Milliards d’euros : est la somme dépensée par les français sur internet en 2015 (+14,3% sur un an).

8 Milliards de dollars : représente les ventes de produits dérivés de la franchise Starwars depuis 1977, ce qui en fait la franchise la plus rentable de l’histoire du cinéma. Avec le rachat par Disney il y a 3 ans et sa force de frappe inégalable, ce chiffre accélère depuis.

7,3 Milliards: est le nombre de cartes SIM dans le monde soit en moyenne une par personne, on estime à 4 Milliards le nombre d’utilisateurs uniques. C’était 20% de la population mondiale dix ans plus tôt.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE


MARCHES ET DECRYPTAGE

Winter is coming ?

On peut se poser la question à voir les obusiers de 400 ayant encore fait parler la poudre cette semaine en écrasant les quelques fantassins survivants ayant osé franchir les lignes : Cac et pétrole à -8%, bancaires -6%, SP500 -5%, Nikkei -12, seul Shanghai n’a pas baissé car fermé. Ouf ! Les cotations à la reprise ce matin permettent de remiser un temps le port du casque lourd, entrainées par le rebond impressionnant du Nikkei à +7% motivé par des achats à bon compte.

On notera que l’indice parisien a déjà perdu 1000 points en 2 mois soit 20%, la transition 2015-2016 restera dans les annales de la glisse et la journée de jeudi ressemblait fort à une première séance de vraie capitation avec des volumes échangés supérieurs à la moyenne pour une séance à -4% sous les 4000 points.

Les niveaux psychologiques des 4000 points sur le Cac ont été transpercés dans les grandes largeurs, avec de vaines et courtes tentatives de rebonds mais le cœur n’y est plus.

Même les belles Midcaps entrepreneuriales protégées sur leurs niches sectorielles et affichant des résultats prometteurs (BioMérieux, Ausy, Rubis…) ont commencé à dévisser et la prime offerte relativement au PE moyen historique du segment large caps a dégonflé de 60%.

Techniquement, dans ce magma de mauvaises nouvelles (auxquelles on pourrait ajouter la volatilité des devises émergentes, le ralentissement - dans le meilleur des cas - des économies dans le monde, les crises sociales et politiques dans les pays périphériques - pas nouveau - le bras de fer du UK version Brexit qui joue les passagers clandestins avec les Européens), force est de reconnaitre que les fondamentaux des entreprises européennes bénéficient encore de conditions favorables (les derniers trimestriels en attestent pour la plupart) au regard de l’environnement de taux bas, les prix au plancher des matières premières et la baisse de l’euro.

Mais les nuages s’amoncellent et incitent les dirigeants des belles entreprises à l’instar de Dassault Systèmes a affiché une prudence raisonnable pour cette année.

Là se situe la vraie angoisse, à savoir que la phobie justifiée ou non des marchés se transmette à la sphère économique par l’incertitude du lendemain.

Le spectre de crise financière rejaillit du fait de la crainte de pertes à venir dans les bilans des banques (pourtant meilleurs qu’en 2008) relativement aux risques sur engagements des pétroliers voire des Etats producteurs sans compter l’actuelle transition en cours vers la digitalisation des services et un contexte de taux bas érodant les marges.

De coupables en 2008, les banques passeraient donc à victimes.

Et ce ne sont pas les récents propos, très attendus comme toujours, de la papesse Janet Yellen qui rassurent ou effacent les doutes.

Jugez un peu: dans son  « témoignage » de mercredi, elle a réfléchi à voix haute en se demandant si des taux négatifs étaient « légaux » et en annonçant, ce qu’on pressentait déjà, que la hausse des taux était repoussée pour la fin d’année (au moins) compte tenu des derniers développements.

Comme quoi, la navigation à vue est une valeur unanimement partagée à Washington (cf propos de Fischer dans le précèdent e-conoclaste).

Après la valse orchestrée par les variations déprimées et erratiques des cours de l’or noir, de la bourse de Shanghai (dont la chute a été miraculeusement stoppée grâce aux festivités du nouvel an) puis celles des financières entrainant dans une spirale baissière tous les indices mondiaux, le nouveau point de fixation (si on peut dire) pour les marchés européens, risque fort de danser sur des airs de Sirtaki.

En effet, l’Eurogroupe se rend à nouveau au chevet de l’hellène pour voir si ce dernier (de la classe) a réussi à apprendre à marcher aux plâtres suite au « diktat » imposé par les européens.

Les efforts attendus des grecs, lors des négociations de l’été dernier, portent essentiellement sur la mise en place du fonds de privatisations de 50 MM€ théoriquement prêt depuis octobre mais dont les contours n’ont toujours pas été dessinés…à l’image souvenez-vous des infrastructures des JO 2006 où les athlètes pour un peu se voyaient retourner courir dans l’antique stade d’Olympie par manque de temps.

L’autre point d’achoppement restant la nécessaire modernisation du régime de retraites sur lequel la bienveillance du ministre des finances grec M.Tsakalotos désarme les allemands même les plus débonnaires.

Dans la balance, la Grèce reste un carrefour/ verrou stratégique dans la crise des migrants et Athènes saura habilement le faire valoir au regard des exigences de Bruxelles.

Depuis le début d’année, le 10 ans grec s’est envolé de 3,10 % pour passer de 8,30% à 11,40%, l’indice ASE Athènes a chuté de 30% plombé par ses banques affichant -65% depuis le début d’année (proche d’ailleurs des banques italiennes les moins bien notées)!

Pour information, les digues commencent aussi à céder au Portugal où le taux 10 ans est passé de 2,80 à 4,1% en 1 mois.

En bref et sans transition, on évoquera la publication du traditionnel rapport de la cour des comptes qui coûte et ne sert à rien car à part pointer les dysfonctionnements, eh bien, les dysfonctionnements persistent toujours: la nécessaire modernisation des transports, la gestion des espaces culturels et de la ville, la transition énergétique, plus anecdotique mais symptomatique les dérives du logiciels de paie des soldats etc.

Plus inquiétant sur le plan géostratégique, l’Otan vient de voter le déploiement de renfort de navires et troupes dans les pays baltes et Europe de l’’Est pour parer à une éventuelle  invasion russe (il suffirait de 2 jours pour le faire !?!), ce que corrobore le tout dernier livre fraichement imprimé de Gary Kasparov exilé à New York dessinant un portrait pas très rassurant du leader du Kremlin.

Moi, je dis qu’on pourrait aisément se passer de ce stress supplémentaire dans un marché déjà proche du nervous breakdown.

Dans la série fête foraine, on citera dans les valeurs de la semaine :

Option train fantôme et chamboule-tout :

Chesapeake, l’un des plus importants acteurs américains exploitant de gaz de schiste dont la valeur a perdu 45% cette semaine, - 65% depuis le début d’année, se retrouve en grande difficulté financière et fait transpirer ses créanciers quant à l’avenir de sa dette obligataire estimée à 10 MM$ pour une trésorerie actuelle de 1,8 MM$  avec une première échéance de remboursement de 500 M$ en mars prochain et une suivante de 1,3 MM$ en 2018 ;

Rexel, Korian, Edenred -18%, Nexans -15% perspectives 2016 en cause;

Geophysique, Vallourec -15%secteur oblige ;

Société Générale -13% par manque de visibilité;

- Et les anges déchus : Tesla -15%, Salesforce -15%, Linkedin -54%...

 … pour ne citer que ces quelques mais la liste est longue malheureusement.

Option grande roue :

Valeur refuge aujourd’hui, la relique barbare mal aimée depuis son pic de l’été 2011 à 1800 $ l’once, reprend des couleurs à +18% depuis le début d’année à 1200 $, après il est vrai une véritable descente aux enfers de près de 35%.

Dorénavant, le vrai espoir pour les investisseurs réside dans :

1)- une stabilisation des cours du pétrole, ce qu’on peut espérer, à l’approche des 26 $ sur le WTI, dans la mesure où l’Arabie Saoudite a établi son budget annuel sur ce niveau-là et d’autant plus que les analystes (les mêmes qui voyaient ces mêmes cours à 140$ il y a 2 ans) prévoient une cible à 20 $, ce qui a peu de chances d’être touchée puisque tout le monde a en tête ce niveau.

2)- une intervention coordonnée des banques centrales, seule arme qui leur reste, via les changes pour montrer leur détermination et éviter un krach notamment sur le yuan ;

3)- des réformes institutionnelles et un relais politique et économique et pas seulement tout espérer des masses de liquidités distribuées par les banques centrales qui n’ont fait qu’accroitre le déséquilibre entre actifs financiers et investissements réels dans l’économie.

Pour le reste, il faut que le marché se purge de tous ses maux pour repartir de l’avant (le Smecta ne suffira pas à lui seul), et cela peut prendre un certain temps, comme le fut du canon.

Et, la preuve faite désormais de l’existence d’ondes gravitationnelles prédites par Einstein et renforçant la théorie de l’espace-temps et des trous noirs nous fera certainement avancer sur la compréhension des bilans bancaires, c’est certain.

 

LE POINT TECHNIQUE

Quid du sentiment de marché sur les bancaires ?

Le secteur bancaire est sous pression depuis plusieurs semaines et affiche la moins bonne performance tous secteurs confondus depuis le début de l’année à -24%.

On constatera, à l’examen du graphique ci-dessous qui illustre l’évolution du CDS Deutsche Bank à un an (certes, une des plus touchées mais caractéristique néanmoins du secteur bancaire moyen européen dans son ensemble en terme d’évolution), que les niveaux atteints correspondent, dans les faits, à des périodes de crises très particulières comme en mars 2009 (le plus bas boursier de la crise financière suite aux subprimes), et en novembre 2011 au moment de la crise grecque et des tergiversations européennes sur une éventuelle modification des traités.

Pour ceux qui ont oublié ou qui n’ont pas vu the « Big Short », il s’agit – attention technique ! - d’un Credit Default Swap à 1 an sur la signature Deutsche Bank permettant de se couvrir, telle une assurance, sur un éventuel défaut dudit émetteur.

Difficile de juger si nous avons atteint un point bas sur le marché à la lumière de ce seul graphe (ce qui était le cas les 2 fois précédentes) mais admettons que la période actuelle reste très particulière.

 

Ce document est un document non contractuel, strictement limité à l’usage privé du destinataire, diffusé à des fins d’information et ne saurait en aucun cas s’interpréter comme constituant une offre de vente ou sollicitant une offre d’achat de titres qui y sont mentionnés. L’opinion formulée dans le présent document ne saurait en aucun cas se substituer au jugement de son destinataire. Les informations fournies dans ce document n’ont aucun caractère exhaustif et leurs précisions ne peuvent être garanties. Les appréciations formulées reflètent l’opinion d’Actis AM à la date de publication et sont susceptibles d’être révisées ultérieurement.

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