Vous avez droit à des obligations ?

16/01/2013 - Publié par Marc GILSON dans Marché Obligataire

Vous avez droit à des obligations ?

Sous la plume de Philippe Maupas (ex Quantalys), nous découvrons les premiers commentaires sur la performance des fonds en euros des compagnies d’assurance en France. 

 

C’est l’occasion de redire que les rendements obligataires sont un reflet de tout un marché qui englobe à la fois des émetteurs publics et privés, dans le monde entier, dont la solvabilité est exprimée par une note attribuée par des sociétés indépendantes bien connues. Le volume total des obligations qui existent aujourd’hui est de loin supérieur au total de toutes les actions cotées sur toutes les bourses mondiales.

 

Tout se tient. Il y a peu de raison pour qu’un organisme privé ou public de même notation emprunte à des taux vraiment différents. Si les taux courts sont fixés par les différentes banques centrales, les taux longs sont, eux, fixés par le marché. Celui-ci est le point de rencontre de l’offre et de la demande. Il est influencé aussi par tous les éléments qui font la vie tant macroéconomique que microéconomique. Bien plus que le marché boursier connu de tous, le marché des obligations présente la synthèse de la santé du monde.

 

Le principal danger qui guette le marché obligataire, en dehors de la solvabilité des emprunteurs évidemment, est une potentielle remontée des taux longs. Toute hausse a un impact négatif sur la valorisation des titres détenus, selon les principes immuables de l’offre et de la demande. Cela n’empêche ni le paiement du coupon prévu ni le remboursement du capital à l’échéance, mais en cas de revente anticipée du titre détenu on peut être très déçu…

 

Plus généralement, cette perte de valeur ‘potentielle’ appliquée à la masse incroyable des obligations existantes peut provoquer un véritable krach, dont on parlera moins que si cela se passait en bourse, qui pourrait éroder sérieusement la fortune de la majorité des épargnants.

 

L’année 2012 a été mauvaise pour le secteur de l’assurance vie : à fin novembre 2012, la collecte nette sur l’année était négative à hauteur de 3.6 milliards d’euros (source FFSA). Sachant qu’une partie prépondérante des 1 385,5 milliards d’euros d’encours dans cette enveloppe à la même date est détenue dans les fonds en euro, qui restent contre vents et marées une des enveloppes préférées des épargnants français, la publication des rendements annuels est toujours très attendue.



La saison de la publication des rendements 2012 des fonds a commencé depuis quelques semaines. Ces rendements étaient attendus en baisse par rapport à ceux de 2011, en raison du niveau très bas des taux d'intérêt auxquels la plupart des Etats des pays développés de l'OCDE ont pu emprunter l'an dernier, lequel a également poussé les taux d’intérêt qu’ont servi les émetteurs du secteur privé (les entreprises) à un niveau historiquement bas.



Pour un rendement net de 3%, les prélèvements sociaux s'élevant à 15,5% depuis le 1er juillet 2012, la rémunération après prélèvements est de 2,535%. Avec une inflation de 1,5% en 2012 (IPCH calculé par l'INSEE), il reste 1.035%, ce qui est peu : c'est le prix (élevé) payer pour la sécurité, à condition de penser que les obligations d'Etat sont toujours des actifs sans risque. Ces calculs sont des approximations, le taux de prélèvements de 13.5% s’appliquera du 1er janvier au 30 juin 2012, celui de 15.5% du 1er juillet au 31 décembre 2012.



Le rendement brut correspondant à un rendement net de prélèvements sociaux et d’inflation nul est de 1.775% : tout taux inférieur signifie que l’assuré a perdu de l’argent en 2012.



A titre de comparaison, le taux du livret A est de 2,25% (sans prélèvements sociaux ni impôts) depuis le 1er août 2011, et devrait passer à 1.75% à partir du 1er février 2013. Combiné avec le relèvement en deux temps du plafond du livret A, ce taux a vraisemblablement contribué à la désaffection des épargnants pour l’assurance vie

Fonds associés

Aucun fonds associé à cet article. Si vous souhaitez associer votre fonds à l'article, contactez-nous.

Articles similaires

ETATS, BANQUES CENTRALES ET MARCHÉS FINAN...

Si cette semaine de rentrée ne marquera pas les esprits par une activité débordante, les opérateurs, en particulier obligataires, profitant de...

05/09/2016 - Publié par OCTO ASSET MANAGEMENT

Obligataire / Commentaires de marché

OCTO AM : ACCORDER, PAR DÉPIT, DU CRÉDIT...

Alors que les semaines s’écoulent sans information économique suffisamment significative pour éclipser les échéances politiques majeures tant en...

12/09/2016 - Publié par OCTO ASSET MANAGEMENT

Obligataire / Commentaires de marché