Vers une poursuite du rebond ?

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire 360 Hixance am

26/01/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Vers une poursuite du rebond ?

Nous rappelions la semaine dernière notre conviction que nous pouvions désormais croire à un rebond après une violente phase de baisse. Même si la semaine a été très volatile avec de nouveaux points bas atteints, les deux derniers jours ont été marqués, surtout en Europe, par des rebonds importants. L’état de dépendance des marchés financiers à l’égard des banquiers centraux reste  élevé puisque c’est une nouvelle fois « Super Mario » qui a sauvé les indices. Ce dernier a indiqué que son institution pourrait réévaluer et éventuellement revoir sa politique monétaire en mars prochain. Par ailleurs, nous avons aussi peut être connu ce mercredi, le jour de l’atteinte du point bas, le « sell off » qui permet de repartir de l’avant. D’après certaines rumeurs de marché, des fonds souverains ont en effet vendu massivement des actions pour se réfugier vers des obligations souveraines. Ainsi, les marchés actions mondiaux ont vu s’envoler 7 200 Md€ de capitalisation boursière sur les 3 premières semaines de 2016. Notre conviction relative à la poursuite de ce rebond repose sur le sentiment que l’économie réelle est loin de montrer des signes de récession en 2016, ce qui contredit l’assimilation de ce début 2016 à la situation de 2008. Le gouvernement chinois a aussi rassuré les marchés en fin de semaine considérant que l’économie était bien sous contrôle. Enfin, la vague de froid qui sévit dans le monde pourrait raviver quelque peu les cours du pétrole.

La semaine dernière, les indices européens ont progressé : +2,40% pour l’Eurostoxx50, +3,01% pour le CAC40 et 2,30% pour le DAX. Les marchés américains ont été aussi en hausse, le Dow Jones affichant une performance de +0,66% et le Nasdaq +2,29%. Le NIKKEI s’est lui replié de 1,10%.

  

BCE : restons lucides sur les promesses !

Lors de sa réunion mensuelle, la BCE a annoncé jeudi ne pas modifier sa politique monétaire, ce qui ne fut pas une surprise. Au cours de sa conférence de presse, Mario Draghi a voulu rassurer les marchés, insistant un peu comme la FED en septembre sur les incertitudes des perspectives de croissance des économies émergentes, sur la volatilité des marchés financiers et celle des matières premières, entraînant un biais baissier sur les marchés financiers. Il a ainsi affirmé qu’ « il sera nécessaire de revoir et éventuellement reconsidérer l'orientation de politique monétaire lors de notre prochaine réunion, début mars ». Traduction pour les marchés, la pompe à liquidités va continuer de tourner à plein régime : allongement ou augmentation de son plan d’assouplissement monétaire, nouvelle baisse des taux, … . Cette affirmation a de nouveau entraîné l’euro à la baisse, remettant ainsi l’objectif d‘un euro/dollar sous la parité d’actualité chez certains brokers anglo-saxons.

Côté macro, on notera que les prix à la consommation en Zone Euro ont augmenté de 0.2% sur un an en décembre (en ligne), mais l'activité au sein de la zone euro a été moindre qu'attendu en ce début d'année, les baisses de prix et la faiblesse de l'euro ne parvenant pas à dynamiser la demande aussi bien domestique qu'à l'export. L'indice PMI du secteur des services est tombé à un plus bas d'un an à 53,6 (54,2 en décembre), celui du secteur manufacturier a reculé à 52,3. Ainsi, on se doit de constater que les actions de la BCE n’ont toujours pas de traduction dans l’économie réelle. Nous pourrions toujours être dans un schéma où les actions des banques centrales feraient le lit de futures crises en contribuant à la formation de bulles (obligations high yield, certaines valeurs technologiques, ….). Donc comprenons nous bien : Les prises de positions des banques centrales continuent de rassurer les marchés et c’est une bonne chose car ceci permet de corriger les excès de pessimisme. Toutefois ceci reste très fragile en termes d’efficacité mais aussi en faisabilité car rien ne dit que Draghi aura en mars la capacité politique de mettre en place un plan plus agressif. Pour l’instant il continue à acheter du temps, donc nous devons nous aussi jouer la montre … .

 

Le pétrole a atteint son point bas !

Nous avons assisté cette fin de semaine à un rebond du pétrole à +8% (soit environ + 2 $) et 31,5 $ le baril. Des positions vendeuses à découvert se sont débouclées (pour le pétrole, comme pour la plupart des actifs risqués). La froideur de l'hiver américain est un élément probable, ou aussi les commentaires de l'Arabie Saoudite sur l'irrationalité des prix. Nous ne sommes toujours pas à un point d'équilibre et il faut que le marché intègre le retour du pétrole iranien et l'augmentation de production iraquienne. Sur cette question, nous sommes proches d’une confirmation très importante : la baisse du baril ne témoigne pas d'un ralentissement économique mais résulte bien d'un excès d'offre. L’AIE a d’ailleurs laissé inchangée son estimation de croissance mondiale de la demande en 2016, à 1.2 million de bpj. Si ceci se confirme, c’est une excellente nouvelle, qui pourrait être contrecarrée si les Etats-Unis entraient en récession en 2016, ce risque selon Bank of America étant passé de 15 à 20%.

 

La Chine cherche aussi à rassurer

Les indicateurs macros de cette semaine sont toujours assez précaires et en dessous des attentes : recul des Investissements directs à l’étranger en Chine, PIB du T4 en baisse à 6.8% y/y, au plus bas depuis 2009, contraction de la production industrielle en décembre +5.9% y/y. Afin de calmer les marchés,  la PBoC a injecté cette semaine 700 Md yuans dans le système financier (dépôts du Trésor et prêts hypothécaires). Dans un communiqué, elle a indiqué souhaiter « se tourner vers les opérations d’open market » pour assurer la gestion de la liquidité et des taux interbancaires, plutôt que d’avoir recours à des outils de politique monétaire réglementaires.

 

Signaux positifs dans une volatilité toujours élevée.

Venons-nous de voir les points bas de 2016 sur les marchés actions ? Même si ce pari est difficile à prendre aussi tôt dans l’année, cette probabilité reste élevée, n’en déplaise à quelques donneurs de leçons qui prédisent « une sorte de fin du monde » à coup de publicité dans la presse. La réalité objective (mais les marchés ne sont pas toujours rationnels) plaide pour un retour à une certaine normalité grâce à une croissance modérée (mais pas de récession en vue), à la position toujours conciliante des banques centrales et à une offre de pétrole censée se réguler progressivement ne serait-ce que par les difficultés des économies du Golfe, de la Russie et du Brésil. Qui a vraiment intérêt à précipiter le monde dans un cataclysme ? En conséquence, nous continuons à prendre le risque d’augmenter nos expositions actions dans nos fonds et dans nos mandats. La volatilité va rester forte mais la tendance nous semble désormais positive. Nous estimons aussi une amélioration dans le crédit corporate, avec des spreads qui devraient se resserrer et un retour de la liquidité dans un marché obligataire qui en manque cruellement, ce qui fausse là aussi les valorisations.

 

ACTUALITE DE LA SEMAINE

 "Aller chercher les pépites de demain" - Retrouvez l'intervention de Jean-Noël VIEILLE en cliquant sur ce lien.

 

 

 

 

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
HIXANCE PATRIMOINE 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Philippe DOUILLET / Jean-Noël VIEILLE Mixtes Europe Defensif 21.23 M€ 0.67 % -0.29 %

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