Vers une japonisation des rendements en zone Euro ?

La Banque Centrale Européenne est sortie du bois

01/07/2014 - Publié par TIKEHAU INVESTMENT MANAGEMENT dans Marché Actions

Vers une japonisation des rendements en zone Euro ?

Le grand rendez-vous du 5 juin 2014 de la BCE est à présent derrière nous. Les attentes étaient fortes et Mario Draghi n’a pas déçu les investisseurs en annonçant de multiples opérations parfois non conventionnelles (cf. récapitulatif en annexe 1). Ces mesures sont destinées à :

• aider la propagation de taux bas à l’ensemble des acteurs économiques, en favorisant notamment les petites et moyennes entreprises

• combattre la baisse tendancielle d’inflation constatée en zone Euro (0,5% en mai 2014 sur les 12 derniers mois glissants) pour revenir à l’objectif d’inflation proche des 2% annuels.

Nous avons le sentiment que ces mesures sont bonnes pour les marchés financiers mais que leur impact sur l’économie réelle est moins visible et difficilement mesurable dans l’immédiat.

Le Targeted Long Term Refinancing Operation (TLTRO) est à l’évidence très favorable à l’industrie bancaire. Par le biais d’une baisse de leur coût de financement, les banques pourront augmenter leurs résultats opérationnels, et ainsi améliorer leurs fonds propres et leurs ratios de capitalisation.

Mario Draghi : «we are not finished yet»

Dans la session de Questions/Réponses, Mario Draghi a affirmé «we are not finished yet», ce qui alimentera les attentes pour des mesures supplémentaires et créera un climat dans lequel chaque faiblesse de marché devient une opportunité d’achat, notamment sur les marchés de crédit.

En conclusion, la BCE envoie un message fort aux marchés financiers laissant augurer une période encore relativement longue de taux bas (au moins jusqu’en 2016) et augmente la liquidité disponible dans le système. Les mesures annoncées par la BCE et sa promesse de faire davantage si nécessaire devraient continuer à nourrir la recherche de rendements etbénéficier aux actifs risqués, notamment au crédit.

Sur le marché du crédit justement, les implications de ces mesures sont une baisse généralisée des rendements (taux courts et longs), une liquidité abondante et donc des taux de défaut durablement faibles, et une forte compression des primes de risque.

 

 

 

 

Vers une japonisation des rendements en zone Euro ?

La situation que connaît aujourd’hui l’Europe n’est pas sans rappeler la situation du Japon au début des années 2000 (cf. annexe 2). Si le parallèle a ses limites, on peut cependant en déduire certains enseignements.

Une période prolongée de taux bas associée à des initiatives de type LTRO ou assouplissement quantitatif est de nature à accélérer l’érosion des primes de risque du marché du crédit, phénomène qui s’autoalimente et qui conduira d’autres investisseurs tels que les banques et les assureurs à déplacer leurs investissements vers des placements offrant un niveau de rendement permettant de satisfaire leurs besoins opérationnels.

C’est en ce sens que nous anticipons une période de « japonisation des rendements » dans la zone Euro et cela au moins jusqu’à fin 2016.

La baisse des rendements est particulièrement sensible sur la partie courte de la courbe des taux et force certains acteurs à prendre davantage de risques en se positionnant sur des durations plus longues, en acceptant de descendre dans l’échelle de notations (high yield) ou en investissant en actions. Ce qui se passe actuellement sur les fonds monétaires est symptomatique des risques associés à un environnement de taux bas. Suite aux annonces de la BCE, les fonds monétaires génèrent des rendements qui ne permettent plus de rémunérer les porteurs, ni aux sociétés de gestion de prélever des commissions.

Fonds monétaires : décollecte de 20%

Sur les 3 dernières années jusqu’en mars 2014, les fonds ont subi des décollectes représentant environ 20% de leurs encours, lesquels s’élèvent à un peu moins de 1 000 milliards d’euros selon Moody’s. Il y a fort à parier que cette tendance s’accentue au second semestre 2014 au fur et à mesure que les investisseurs iront chercher des actifs plus rémunérateurs.

 

Comment capter du rendement dans un tel environnement ?

Devant la disparition de la rémunération des placements à court terme (Eonia à 0,02%), Tikehau IM propose aux investisseurs un fonds crédit crossover, principalement positionné sur la partie courte de la courbe des taux. Ce fonds, c’est Tikehau Taux Variables (TTV) qui a déjà séduit un grand nombre d’investisseurs de toute nature.  Tout en restant sur un risque de crédit moyen de niveau Investment Grade (rating moyen égal BBB-), TTV parvient à capter du rendement en tirant parti des émetteurs high yield recelant une prime de complexité et de la rémunération toujours attractive de certaines émissions financières subordonnées.

De par la composition de son portefeuille (titres à taux variables ou révisables et titres à taux fixe de maturités courtes), le fonds est par ailleurs très peu sensible au risque éventuel de remontée des taux, même si ce n’est pas notre scenario à court terme. Il est conseillé pour des horizons d’investissement de 12 à 18 mois.

La performance du fonds depuis le début de l’année est de + 2,12% (part A au 20/06/2014) et + 20,61% depuis la création en novembre 2009, ce qui le classe dans le 1er décile de sa catégorie « Obligations EUR Emprunts Privé Court Terme ».

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