Vers un moment de vérité ?

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

10/06/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Vers un moment de vérité ?

Depuis un mois, les bourses européennes connaissent un mouvement baissier. Les raisons de cette consolidation sont d’ordre rationnel avec aussi une dose de nervosité qui se traduit par une progression de la volatilité des marchés. Les facteurs rationnels renvoient à la question de la valorisation des entreprises reflètée par les indices. Les marchés européens ont beaucoup trop intégré positivement la reprise européenne, qui reste assez timide, l’effet de la baisse du prix du pétrole (ce dernier s’est d’ailleurs redressé par rapport à ses plus bas niveaux) et le gain à l’exportation lié à la baisse de l’euro. Les mouvements du mois dernier montrent là encore que rien n’est garanti en ce domaine et les objectifs, 1 $ = 1€, sont encore assez loin. En d’autres termes, l’économie réelle reprend ses droits et on voit bien que le soutien apporté par le quantitative easing européen n’est pas une assurance totale, même si très probablement ce dernier empêche de violents mouvements baissiers. Nous reviendrons évidemment à l’analyse du cas grec puisque cette question créée de fortes tensions sur les marchés actions et aussi obligataires. Nous constatons encore une décorrélation des marchés avec une baisse marquée des indices européens : le DAX chute de 1,9%, le CAC de 1,74% et l’Eurostoxx de 1,70%. Les marchés américains ont mieux résisté puisque le Dow Jones ne baisse que de -0,9% et le Nasdaq de -0,03%. Le Nikkei continue à quelque peu consolider avec -0,50%.

La question grecque est plus une problématique politique qu’économique !

 

La situation grecque va manifestement occuper une place importante lors du sommet du G7 qui s’est ouvert hier en Bavière. Si François Hollande voulait parler climat pour préparer le grand rendez vous sur cette question en décembre à Paris, l’ordre du jour a vite été modifié au profit de la Grèce et de l’Ukraine. Il y a en effet urgence. Vendredi, le premier ministre grec a formellement rejeté la proposition finale d’accord des créanciers, jugée trop contraignante et surtout risquant selon lui de plonger le pays dans une nouvelle phase d’austérité. Par ailleurs, il y aurait des dissenssions assez fortes entre le FMI et l’Europe. Cette dernière, menée par le couple Hollande-Merkel, veut éviter un défaut de paiement d’Athènes qui aurait des conséquences politiques, voire géopolitiques trop négatives. La Grèce parle de son côté d’humiliation et a aussi dénoncé un manque d’éthique dans la stratégie menée par les créanciers. Les exigences conditionnent le versement des 7,2 Md€ restant dans le deuxième plan d’aide à une réforme des retraites (baisse des pensions) et à une hausse de la TVA, notamment pour l’électricité. En contrepartie, Athènes aurait une marge de manœuvre supplémentaire de trois années pour se mettre en conformité au niveau de son ajustement budgétaire et sur des bases moins strictes. L’Europe serait prête à donner encore un peu de souplesse au plan mais le FMI serait assez intransigeant, d’où la difficulté à avancer sur ce dossier. Au final, on comprend que c’est d’abord un sujet politique et qu’il faut trouver une solution acceptable pour l’ensemble des parties. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a déploré ce dimanche ne pas avoir reçu de propositions alternatives de réformes de la part de la Grèce. Le déblocage de la situation devient urgent : les caisses grecques sont vides et les échéances de remboursement approchent. La Grèce doit 1,5 Mds€ au FMI le 30 juin, et 3,5 Mds€ à la BCE le 20 juillet. On notera toutefois un peu d’optimisme de la part du président du parlement européen qui a déclaré « l'Union européenne est prête à aller très loin pour trouver un compromis avec le gouvernement grec ».

Une croissance US révisée en baisse

Le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance de l’économie US, de 3,10% à 2,5% en 2015 et s’est prononcé en faveur d’un report de la remontée des taux US au S1 2016. Concernant les statistiques économiques, celles-ci ressortent toujours assez mitigées. Les marchés de l’immobilier et de l’emploi sont solides, les créations d’emploi ressortent au dessus des attentes à 280K vs 226K. Plus important, le salaire horaire est au dessus des attentes à 0,3% vs cons +0,2% (rythme le plus élevée en 5 ans), ce qui devrait contribuer à conforter les anticipations d’inflation aux US, renforcer l’appréciation du dollar et la pression à la hausse sur la courbe des taux. D’un autre côté, les commandes d’usines sont en forte contraction.

En conclusion, nous assistons à une phase de correction sur le marché des actions et aussi dans le domaine obligataire puisque la plupart des rendements à 10 ans en Europe se sont tendus et sont restés très volatiles, le Bund ayant gagné plus de 50 bps en 3 mois. Tant que la situation grecque ne sera pas résolue, la volatilité va demeurer et la baisse des cours pourrait continuer. A contrario, un accord pourrait propulser les marchés financiers à des niveaux records. C’est toute la problématique actuelle. Nous gardons dans cette situation une stratégie simple, maintenir un biais défensif dans nos allocations - cf achat de Telecom Italia, Siemens cette semaine - et remontée progressive de nos niveaux d’exposition puisque la baisse rend à nouveau attractifs certains fonds ou valeurs.

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