Vente de participations, signe d’une valorisation élevée ?

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

31/03/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Vente de participations, signe d’une valorisation élevée ?

Semaine plus difficile pour les marchés financiers et pour l’ensemble des places. En cause plusieurs facteurs dont le niveau des valorisations mais aussi le retour des tensions internationales, notamment au Yemen qui explique la remontée du prix du baril de pétrole et de façon plus indirecte la baisse du dollar US qui est revenu autour de 1,10 après avoir côté en dessous de 1,04 très récemment. Nous reviendrons aussi sur un phénomène nouveau qui s’est accéléré cette semaine : la sortie en bloc de quelques actionnaires historiques stables de certains groupes. Si les grands actionnaires initiés de la situation qui prévaut au sein des entreprises quittent le navire, pourquoi faudrait-il que les petits actionnaires ou d’autres institutionnels rachètent ces actions ?... Et pourtant ils le font en masse. C’est Londres qui a le plus souffert avec -2,39% pour le FTSE 100 alors que le CAC ne perdait au final que -1,05% et l’Eurostoxx -1,26%. Du côté américain, les marchés ont également baissé, -2,29% pour le Dow Jones et -2,69% pour le Nasdaq alors que le Nikkei a enregistré une baisse de -1,40%. La semaine qui s’ouvre devra intégrer le discours de Janet Yellen vendredi soir après le marché et dans une semaine écourtée, le marché va surtout attendre la publication des résultats du premier trimestre.

La FED remontera ses taux en 2015 (entre juin et octobre ?)

La Présidente de la Réserve fédérale américaine s'exprimait vendredi soir dernier devant la Fed de San Francisco, une dizaine de jours après sa dernière décision de politique monétaire. Elle a confimé que la banque centrale américaine relèverait ses taux d'intérêt cette année avant même que l'inflation ou la hausse des salaires soient revenus à des niveaux jugés comme satisfaisants. Elle a ajouté qu’après une première hausse des taux, ils seraient ensuite relevés progressivement. Si l'inflation ou la hausse des salaires n'évoluaient pas selon ses projections, la Fed pourrait néanmoins être amenée à temporiser avant de procéder à sa première hausse des taux depuis 2006, a poursuivi Janet Yellen.

"Avec une poursuite de l’amélioration des conditions économiques, une hausse des taux d'intérêt pourrait être justifiée plus tard cette année", a déclaré Janet Yellen. "L'actuelle voie suivie par la politique monétaire pourrait évoluer au gré des conditions économiques et le processus de durcissement monétaire pourrait s'accélérer, ralentir, marquer une pause, voire prendre une direction opposée en fonction des développements actuels et attendus de l'activité réelle et de l'inflation." Après ces dernières déclarations, les intervenants de marché anticipent désormais une hausse des taux en octobre. Il faudra suivre surtout les chiffres de l’emploi et des évolutions salariales pour anticiper le timing de cette hausse.

Nous maintenons que cette hausse devrait s’effectuer entre juin et octobre 2015. Ce que nous comprenons de ces dernières précisions est que la FED veut retrouver des marges de manœuvre et doit remonter ses taux pour éventuellement les rebaisser ensuite si l’économie américaine montrait des signes de faiblesse. Finalement la question théorique qui est posée est celle de la capacité des banques centrales à sortir des politiques monétaires expansionnistes. Cette sorte d’irréversibilité est liée d’abord aux marchés du travail avec la faiblesse structurelle des hausses des salaires donc de l’inflation. Le risque d’une nouvelle crise financière existe également si les taux remontent trop vite puisque les investisseurs ont accumulé des actifs à des prix élevés et avec des taux d’intérêt très faibles. Enfin et on le voit bien avec ce qui se passe sur le dollar en ce moment, l’hypothèse d’un relèvement des taux dans un pays conduit à faire automatiquement progresser sa devise. On comprend mieux ainsi les difficultés qu’ont les banques centrales à changer de politique, ce qui fait d’ailleurs dire à certains qu’elles ne pourront pas relever leurs taux, le risque de baisse d’activité étant élevé.

Quand certains actionnaires quittent le navire …

Sur la base des PER à 12 mois, les marchés actions des pays développés sont devenus chers puisque le PER du S&P 500 se situe à 17,5 fois et celui du DJ Eurostoxx à 15,9 fois, soit au plus haut des moyennes historiques, ou respectivement 14 et 13 fois si nous prenons les moyennes des trois dernières années. Nous ne sommes donc pas encore dans une bulle mais certains discours commencent à y ressembler (cf celui autour des semi-conducteurs aux Etats-Unis où les différents acteurs parlent de l’avenir des objets connectés où se mélangent réalité et effet de mode comme les discours de la nouvelle économie en 2000). Dernier point qui milite désormais pour une certaine méfiance, la vente de participations industrielles après les récentes hausses (cession d’auto-contrôle de Carrefour, Eurazeo-Colony sortent la moitié de leurs titres Accor, Bolloré a vendu 22% de Havas et Airbus a placé 17,5% du capital de Dassault Aviation), tout ceci au cours de la semaine dernière pour un total de 3,7 Mds€. La bourse de Dubaï a aussi vendu sa participation de 17,4% dans le London Stock Exchange. Ceci signifie bien que les niveaux de valorisation élevés des marchés incitent gouvernements et fonds d’investissement à monétiser leurs participations. On pourrait ainsi s’attendre à des cessions prochaines de participation de l’Etat français dans GDF ou EDF.

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