Une reprise assez étrange du marché, plus technique que fondamentale

10/02/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Une reprise assez étrange du marché, plus technique que fondamentale

Une reprise assez étrange du marché, plus technique que fondamentale Etrange semaine avec le retour des « montagnes russes » pour les marchés financiers, situation peut-être normale avec l’ouverture vendredi soir des JO de Sotchi, dont l’histoire retiendra certainement plus le coût exhorbitant de ces jeux destinés à asseoir le pouvoir du nouveau/ancien tsar de Russie, que les vertus de l’olympisme. Ainsi le début de semaine a été marqué par deux menaces, la situation économique dégradée des pays émergents et l’entrée en déflation de la zone euro. Puis le calme est revenu en raison d’une accalmie de la chute des devises des pays émergents et grâce aussi à quelques bons chiffres américains que ce soit au niveau des publications des résultats de certaines entreprises (cf Disney) que d’un chiffre du chômage qui retombe à moins de 7%. Mais sur ce plan la situation reste très ambigüe puisqu’en janvier l’économie américaine a créé 113 000 emplois, beaucoup moins que les 180 000 attendus par le consensus. La hausse des marchés s’est donc une nouvelle fois faite sur une analyse assez vicieuse : des chiffres mauvais vont conduire la FED à marquer une pause de ces rachats de liquidités, analyse dangereuse qui ne nous convient pas vraiment

Et si le QE était d’abord une guerre politique contre les émergents ?

Revenons sur la stratégie de la Fed. Cette dernière avait déjà été accusée au début du QE, notamment par le Brésil de se lancer dans une stratégie de création de liquidités, ces dernières allant alors s’investir dans les émergents pour rechercher une meilleure rentabilité, ceci faisant automatiquement monter les devises de ces pays. Certains pays dont le Brésil avaient alors mis en place des taxes à ces entrées monétaires pour les contenir. Aujourd’hui, il semble que la Fed joue la statégie opposée, à savoir qu’elle retire les liquidités pour provoquer une forte chute des devises, à un moment où la question de la compétitivité de ces pays est un sujet beaucoup moins préoccupant. Les pays émergents les plus touchés sont ceux qui ont une certaine fragilité (inflation élevée, déficit extérieur, déficit public). Il ne faut donc pas exclure cette volonté économique et aussi politique des Etats-Unis de créer un affaiblissement généralisé des pays émergents lorsque l’économie américaine retrouve une certaine dynamique de croissance et surtout un regain de réindustrialisation. Aussi vu au travers de cet axe, on peut imaginer la poursuite d’un durcissementde la politique monétaire américaine surtout si les chiffres macro-économiques sont de plus en plus favorables.

Draghi a donc rassuré les marchés mais on en cherche encore la raison !

La semaine dernière, la BCE n’a pas modifié sa politique monétaire mais Draghi a fait preuve d’un certain pragmatisme. Le Président de la BCE a déclaré que l’Europe n’était pas en déflation, d’où son choix de laisser son taux directeur inchangé. Draghi a par ailleurs expliqué qu’il souhaitait attendre de voir si les difficultés des pays émergents allaient se poursuivre et si elles auraient des effets sur la croissance européenne. Le marché a donc compris qu’une intervention aurait lieu plutôt en mars, en fonction des chiffres de croissance du T4 2013 qui seront annoncés le 14 février. Il est très probable que cette intervention ne passera pas par un effet sur les taux, mais la BCE pourrait réaliser des opérations non conventionnelles : injecter des liquidités, améliorer l’accès au crédit pour relancer l’investissement, donc la croissance et même recréer un peu d’inflation. Le défi est en effet connu de tous. L’Europe ne peut poursuivre son développement (et sa construction) sans résoudre au moins quatres problèmes majeurs : une croissance faible, une inflation quasi nulle et à l’opposé des dettes publiques trop élevées et un taux de chômage insoutenable. L’approche des élections européennes fin mai ne va pas faciliter la mise en place d’une nouvelle politique économique et monétaire de la zone surtout si ce sont les partis contestataires qui sortent gagnants !

Retor d’une stratégie très prudente !

Les marchés boursiers ont connu une semaine dernière assez divergente, le CAC progressant de +1,5% alors que le DAX reculait de 0,05% et le Nikkei a perdu 3,03%. Les marchés américains ont connu une progression légèrement supérieure à 0,5%. Une embellie a été réelle en fin de semaine mais nous ne sommes pas totalement convaincus par cette reprise qui nous semble avant tout technique. Aussi, nous avons mis à profit sur nos fonds flexibles cette remontée pour se protéger à nouveau. Comme indiqué la semaine dernière le potentiel de baisse est beaucoup plus important que l’espoir de hausse. Dans nos choix stratégiques, nous maintenons toujours un choix de papiers obligataires de maturité assez courtes en cherchant des rémunérations encore attractives comme en Europe du Sud. Sur les actions nous restons sur des actions toujours défensives, en privilégiant le marché américain pour jouer aussi la hausse du dollar vis-à-vis de l’euro.

Jean-Noël Vieille
Directeur de la gestion

Lettre hebdomadaire n°85

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