Une réaction épidermique

27/11/2012 - Publié par Marc GILSON dans Marché Actions

Une réaction épidermique

La Grèce remplit apparemment les conditions qui lui ont été imposées par ses collègues européens et par le FMI. Et elle reçoit donc les quelques dizaines de milliards de prêt qu’elle attendait. Ce test de crédibilité de la zone euro profite à la monnaie unique et il est probable que les marchés (actions comme obligations) vont saluer à leur manière cet aboutissement.

 

La société d’analyse BCA Research fait un point sur ce qui se passe au niveau de la dette grecque.

Supposons de manière optimiste que le PIB nominal de la Grèce puisse croître à un taux de 3% au cours des 5-10 prochaines années. Supposons également qu’il y ait un excédent primaire annuel moyen de 1,5% du PIB, soit un peu mieux qu'avant boom de la Grèce et de sa chute. Cela signifie que, pour atteindre solvabilité à long terme, le fardeau du service de la dette de la Grèce doit baisser à 4,5% du PIB, au lieu du niveau actuel de 6%.

En d'autres termes, la Grèce doit faire disparaître un quart de sa dette. Mais dans le cas de la BCE, il est illégal d'amortir (supprimer) de la dette souveraine; et dans le cas de l'UE / FMI, un pareil sacrifice imposerait effectivement des pertes pour les contribuables, y compris certains à l'extérieur de la zone euro. Par conséquent, la  première étape pour les sacrifices sera de nouveau le secteur privé qui détient encore environ 40% des obligations du gouvernement grec.


Le principal mécanisme de la réduction de valeur serait les fonds du MES-ESM, qui prêteraient au gouvernement grec de quoi racheter sa propre dette à sa valeur de marché actuellement ‘cassée’ soumettant ainsi de nombreux détenteurs d'obligations privées à des pertes en capital.

Comme les obligations grecques viennent progressivement à échéance et qu’elles sont refinancées par des emprunts officiels, la propriété de la dette grecque est lentement mais sûrement déplacée du secteur privé vers le secteur public. Par conséquent, il viendra un moment où de grandes pertes du secteur public seront inévitables pour faire de la Grèce un débiteur solvable. Les responsables politiques sont sûrement au courant de cela et la Troïka progresse lentement vers une réponse de cette nature à la question grecque.

 

Si on essaye de schématiser, on peut dire que le malheur des Grecs va donc faire le bonheur des investisseurs. Et comme la plupart des Etats ont augmenté la pression fiscale sur les opérations boursières ou sur les plus-values, ils en toucheront quelques miettes. Les négociateurs européens sont contents d’avoir conclu cet accord mais l’allongement de la dette et la baisse des taux  restent encore insuffisants : il faut que le pays reprenne le chemin de la croissance, fasse baisser le taux de chômage (25% !) et retrouve les moyens de faire face à ces nouvelles échéances, aussi attrayantes soient-elles.

 

Et sans une aide directe de la part des partenaires de l’UE, une sorte de Plan Marshall à la sauce européenne, on peut redouter que cette étape présentée comme décisive ne soit qu’un échelon de plus sur la longue échelle sensée faire sortir la zone de son trou…

 

Et nous savons que TOUS les membres de l’UE pensent que pareil plan serait bienvenu… chez eux !

 

Bonne journée,

 

Marc Gilson

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