La baisse de l’Euro-Dollar est une nouvelle réussite pour Mario Draghi

Le point de vue de François Chaulet

02/10/2014 - Publié par MONTSÉGUR FINANCE dans Marché Actions

La baisse de l’Euro-Dollar est une nouvelle réussite pour Mario Draghi

L’Euro-Dollar est une nouvelle réussite à mettre à l’actif de Mario Draghi qui redonne du potentiel à l’Europe.
La relative stabilité des indices depuis le rebond de fin août témoigne des difficultés actuelles de l’Europe qui doit, après un début d’année poussif, donner la preuve qu’elle va accélérer son processus d’économies sur le second semestre.
La confiance est un élément clé de la reprise des investissements, et la raison pour laquelle les efforts de réforme structurelle des états doivent être poursuivis. Seule une lecture claire et constante des conditions de rentabilité d’un projet d’investissement permet aux dirigeants de franchir le pas, et l’instabilité fiscale, sociale et économique sont ses pires ennemis.

Le gouvernement français veut soulager les entreprises pour redresser leur profitabilité en réduisant les impôts et le coût du travail. Le défi cit budgétaire à 4,5 % du PIB (ou, différemment exprimé, à 9 % des recettes) rend l’équation quasiment insoluble, ce que savent les agents économiques. Le répit laissé par les marchés obligataires - illustré par un retour des taux sur les points bas - par les agences de notation et par la Commission européenne - le Commissaire aux affaires économiques Pierre Moscovici n’a pas encore délivré ses leçons d’orthodoxie au gouvernement dont il était membre il y a peu - pourrait être de courte durée.

En effet, le budget 2015 à présenter à l’Assemblée nationale, avec un défi cit initial de 4,3 % - dont 2,2 % de défi cit structurel - est calculé avec un scénario de croissance économique à 1 % intégrant une légère reprise de l’économie après trois ans de stagnation totale et une inflation de 0,9 %. 
Deux facteurs jouent également en faveur de cette reprise française et européenne : le niveau de l’euro et le prix des matières premières énergétiques.


Au printemps dernier, l’euro avoisinait 1,40 $ dans un contexte d’inflation très basse et de croissance anémique qui mettait la Banque centrale en difficulté pour remplir son mandat. Or le changement de ton de Mario Draghi, soulignant que sa politique allait se découpler voire s’opposer durablement à celle de la Réserve fédérale, est parvenu à inverser la tendance. Le mouvement de recul de l’euro face au dollar (- 8 %) et face aux vingt principaux partenaires économique de la zone euro (- 4,5 %) constitue un levier positif sur l’économie : une baisse de 10 % du taux de change effectif nominal apporte environ 0,5 % de croissance économique après un an. Il constitue également un moyen de réimporter de l’inflation alors que de nombreux secteurs et actifs sont en déflation.


Le recul des cours du baril de pétrole, de 15 $ depuis juin et 4,5 % depuis le début de l’année, est également un facteur de soutien. Un repli de 10 $ du prix du baril sur l’économie apporte environ 0,2 % de croissance supplémentaire pour l’Europe et les Etats-Unis, moins sensibles que la Chine et l’Inde pour qui l’impact s’élève à 0,7 %.

Autre élément de soutien, la mise en œuvre par la Banque centrale européenne d’une opération de fourniture de liquidités aux banques, très attendue, est pour l’instant restée bien modeste avec une première salve de prêts limitée à 80 milliards d’euros. En revanche, celles-ci multiplient les annonces laissant entendre qu’elles devraient venir se fournir plus massivement en liquidités lors des 
prochaines échéances, dans le but de relancer les activités « traditionnelles » du réseau, à savoir le crédit aux ménages et aux entreprises.


Cela corrobore les objectifs annoncés par les principales banques, qui privilégient les activités de détail et relancent une concurrence plus vive entre les réseaux sur l’accès au crédit et les conditions de taux. Ainsi, alors que les banques ont longtemps rappelé le manque d’appétit pour le crédit, il semble que la demande revienne et puisse trouver de meilleures conditions d’accès aux financements. 
Notre scénario d’une poursuite modeste de la hausse des marchés d’ici la fin de l’année est ainsi toujours en place.


François Chaulet

 

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
MONTSEGUR RENDEMENT MONTSÉGUR FINANCE François CHAULET Actions Europe 33.80 M€ -2.64 % -3.82 %
MONTSEGUR PATRIMOINE MONTSÉGUR FINANCE Alain CROUZAT Mixtes Europe Defensif 44.62 M€ -0.63 % -0.99 %
MONTSEGUR OPPORTUNITES MONTSÉGUR FINANCE Alain CROUZAT Actions France 22.38 M€ -7.09 % -4.40 %
MONTSEGUR SECURITE MONTSÉGUR FINANCE Marine MICHEL Obligations Mixtes Court Terme 18.94 M€ 0.49 % 0.50 %

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