Une lecture de plus en plus difficile pour les marchés financiers

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°180

15/03/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Une lecture de plus en plus difficile pour les marchés financiers

Même si les performances boursières hebdomadaires ont été relativement modérées pour la plupart des indices, avec des progressions et des baisses, la volatilité a une nouvelle fois augmenté ne serait-ce que durant les journées de jeudi (hausse de 3% pour terminer quasiment à -2% pour le CAC 40) et de vendredi (progression de plus de 3%). Après une très forte progression depuis mi-février (proche de 14%), la nervosité reprend, créant une assez grande fébrilité qu’il est difficile de justifier par des fondamentaux économiques. C’est en ce sens que la situation actuelle revêt un caractère anxiogène plus qu’auparavant. En effet, à la différence du mois de décembre, Mario Draghi n’a pas manqué à son rendez-vous puisque les décisions de la BCE ont dépassé les attentes. Dans un premier temps, le marché a donc logiquement salué cette surprise. La déception qui s’en est suivie a alors été alimentée par plusieurs facteurs. Tout d’abord une nouvelle fois, la BCE a révisé en baisse ses estimations de croissance du PIB pour 2016 et 2017. Ensuite, l’annonce que les taux ne baisseront plus a considérablement renforcé l’euro dans l’après midi qui schématiquement est passé contre le dollar de 1,08 à pratiquement 1,12 en quelques heures. Au final, on peut se demander si la force de ces dernières mesures n’est pas d’abord un aveu de faiblesse avec l’incertitude de savoir si ces mesures auront un réel impact sur l’économie réelle de la zone euro. 

La semaine dernière, les indices européens ont donc modérément progressé : +1,20% pour l’Eurostoxx50, +0,81% pour le CAC40 et +0,07% pour le DAX. Les marchés américains ont suivi un mouvement similaire, le Dow Jones affichant une performance de +1,21 % et le Nasdaq +0,67%. Le NIKKEI a lui baissé de -0,45%, sachant que l’indice n’a pas les effets positifs de la séance de vendredi. L’euro est remonté d’environ 2% contre le dollar cette semaine.

 

Pour une fois, Super Mario ne pouvait faire plus….aveu de faiblesse future ?

Contrairement à la réunion de décembre dernier, la BCE a tout donné. Elle a annoncé : 1/ une baisse des taux de refinancement (0% vs 0.050% / taux de dépôt à -0.4% vs -0.3%), 2/ une augmentation du programme d’achat d’actifs de 60 à 80Md€, incorporant la dette d’entreprises « investment grade » à l’exception des banques, 3/ de nouvelles opérations de LTRO avec des caractéristiques attractives : maturité 4 ans, remboursement à compter de 2 ans, à un taux de 0% et une possibilité d’atteindre le taux de dépôt, si les banques augmentent leurs volumes de prêts de 2.5% d’ici le 31 janvier 2018. On comprend assez bien l’idée qui doit effectivement être soutenue : Mario Draghi souhaite enclencher ue dynamique positive des banques dans la distribution de crédit bancaire. Cette transmission au sein de l’économie réelle aurait alors des effets positifs sur la croissance économique européenne et pourrait aussi redonner du tonus à l’inflation en zone Euro. En première lecture, ces annonces sont d’abord positives pour le secteur bancaire, certains économistes estiment l’effet positif pour les banques de l’ordre de 3.2Md€, avec un impact plus important pour les banques italiennes et espagnoles. Mais lors de sa conférence de presse, Mario Draghi a indiqué que de nouvelles baisses de taux n'étaient plus à l'ordre du jour. C’est ce point qui a entrainé le retournement des marchés et surtout précipité la chute de l’euro. Sur cette question d’évolution monétaire, le Président de la BCE a déclaré qu’il n’utiliserait pas la baisse de l’euro pour importer de l’inflation. C’est aussi une forme de réponse à la FED qui pourrait s’inquiéter de la poursuite de la hausse du dollar poussée par un écart de rendement des taux de plus en plus élevé entre l’Europe et les Etats-Unis. Il ne souhaite pas non plus être responsable d’une baisse de la croissance US et d’un impact négatif sur la croissance chinoise. Ainsi, cette semaine qui vient devrait être importante avec deux nouvelles réunions de politique monétaire, celle de la FED et celle de la Banque du Japon le 15 mars prochain. En conclusion sur les décisions de la BCE, les craintes résident maintenant dans la réalité de la transmission de cet « argent facile » au sein de l’économie réelle. Un réel scepticisme apparait avec le risque que cette fuite en avant soit inutile et très déstabilisatrice, et favorise le risque de création de bulles spéculatives. Concrètement, ceci devrait néanmoins ramener un peu de reprise sur le marché obligataire corporate en investisment grade avec cette possibilité d’achats de la BCE.

 

Que va faire la FED ?

Regardons sérieusement quelques évidences. Les dernières données américaines restent très acceptables et ne permettent pas de conclure à une récession américaine ni mondiale. Les différents chiffres US (commandes de biens durables, production industrielle, PIB, ISM Manufacturier/des services, créations d’emplois en février, inscriptions hebdomadaires au chômage) laissent entendre la poursuite de la politique de normalisation de la Fed lors de sa réunion de la semaine prochaine (15-16 mars). Nous suivrons avec attention les perspectives d’inflation, de croissance, de niveau des taux directeurs, mais ceci devrait être toujours moins accommodant et on peut imaginer un discours confirmant une poursuite de la remontée des taux dès juin. Ceci devrait alors être de nature à soutenir à nouveau la progression du dollar au cours des prochaines semaines.

 

Un élément aussi positif : le rebond du pétrole !

Les cours du pétrole terminent la semaine au plus haut en trois mois (38.7$) suite au recul des stocks hebdomadaires US d’essence (-4.5M barils) et à la fermeture de 8 puits la semaine dernière aux Etats-Unis. Le nombre de puits en activité a reculé de 27% depuis le début de l’année. Nous avons assisté cette semaine à un déjeuner avec le Président de l’IFP (Institut français du pétrole). Ce dernier confirme que le pétrole a probablement atteint son point bas et que la situation va se régulariser progressivement par une adaptation de l’offre à une demande qui devrait rester soutenue au cours des prochaines années en raison de la demande liée au transport (pas d’alternatives).

 

Une nouvelle semaine à risques !

Un mot sur le bilan final de la publication des résultats. Ce dernier montre qu’aux Etats-Unis, 76% des sociétés ont publié un Bénéfice Par Action (BPA) supérieur aux attentes et seulement 46% un chiffre d’affaires au-dessous. Ceci reste d’ailleurs à nuancer car beaucoup de révisions avaient eu lieu avant les publications. Du côté européen, les résultats nets du T4 des sociétés du Stoxx 600 ont progressé de 31,3%. Hors secteur financier, la performance ressortirait en recul de 2,3%. Sur l’année, en Europe 46% ont dépassé les attentes des analystes en termes de résultats et 57% en termes de chiffre d’affaires. En conclusion, les données macro et micro économiques ne présentent pas de signes de récession. Après la récente remontée des cours, les valorisations actuelles semblent désormais à leurs prix. Il serait ainsi assez logique d’assister à une consolidation qui pourrait ne pas remettre en cause une tendance haussière si les mesures prises par les banques centrales obtiennent des résultats positifs. En conséquence, nous avons légèrement descendu nos niveaux d’exposition sur la plupart de nos mandats et de nos fonds. 

 

 

Le présent document est non contractuel et à caractère purement informatif. Il ne saurait en aucun cas constituer une offre, une sollicitation ou un conseil en investissement en vue de la souscription à un quelconque produit ou service financier. Toute souscription doit se faire après avoir consulté le DICI et/ou le prospectus disponible sur simple demande auprès de 360Hixance am ou sur le site internet 360hixanceam.fr, afin d'en comprendre les caractéristiques et les risques.
La responsabilité de 360Hixance am ne saurait être engagée à quelque titre que ce soit en raison des informations contenues dans le présent document.

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
HIXANCE PATRIMOINE 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Philippe DOUILLET / Jean-Noël VIEILLE Mixtes Europe Defensif 21.44 M€ -0.06 % -1.66 %

Articles similaires

L'HIRONDELLE NE FAIT PAS TOUJOURS LE PRINT...

Nous avons connu un assez fort rebond la semaine dernière des actions sur toute les places mondiales. Ainsi, la hausse du Stoxx 600 porte la...

08/03/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Allocations d'actifs / Commentaires de marché

CROISSANCE RALENTIE ET BREXIT : RIEN N'ÉP...

Croissance ralentie et Brexit : rien n’épargne les investisseurs Nouvelle forte volatilité des marchés cette semaine, cette fois avec une...

22/02/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Allocations d'actifs / Commentaires de marché