Une hausse de salaire de 38%... pour 500 000 employés

L'analyse de Laurent Boudoin, Responsable des Investissements de Amaika AM

28/02/2015 - Publié par SANSO INVESTMENT SOLUTIONS dans Marché Actions

Une hausse de salaire de 38%... pour 500 000 employés

500.000, rien de moins ! C’est le nombre de salariés de Walmart, qui se verront octroyer une hausse de salaire de 38% cette année. D’autres comme Gap, Ikea, ou encore la compagnie d’assurances Aetna ont également décidé d’augmenter la rémunération d’une partie de leur personnel. Selon le dernier sondage de la National Association for Business Economics réalisé en janvier auprès d’un panel représentatif de 93 grands patrons, 51% des personnes interrogées comptent suivre le mouvement au cours des trois premiers mois de 2015, contre 36% lors du trimestre précédent. Le relatif dynamisme du marché de l’emploi aux Etats-Unis semble donc inciter les acteurs du secteur privé américain à se montrer plus généreux envers leurs employés.

Or, on sait qu’il s’agit d’un indicateur économique souvent déterminant dans le choix de la politique monétaire de la Fed. Dès lors, si cette tendance venait à se confirmer, la Réserve Fédérale Américaine pourrait-elle être amenée à relever ses taux d’intérêt directeurs plus rapidement que prévu ? Rien n’est moins sûr. Dans ses minutes publiées le 18 février, l’instance monétaire s’est montrée particulièrement prudente à l’égard de toutes mesures susceptibles de tuer la reprise de la croissance dans l’œuf. Tout comme Paul Volcker a voulu éradiquer l’inflation à la fin des années 70, Janet Yellen, à l’image des grands banquiers centraux de la planète, a bien l’intention d’en faire de Pour ce faire, priorité semble être donnée à la préservation de la croissance nominale du PIB américain qui pourrait dépasser 4% en 2015. D’autant que la chute des cours du pétrole pèse encore sur l’inflation. L’indice des prix, publié jeudi 26 février, est ressorti en recul de 0,1% sur un an glissant et en progression de 1,6%, en excluant les composantes « énergie » et «alimentation ». En résumé, la volonté affichée par un nombre croissant de grands groupes outre-Atlantique de revaloriser les revenus de leurs salariés, constitue surtout une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des ménages américains, pour l’économie du pays en général et, in extenso, pour le compartiment des actions. En revanche, il serait prématuré d’y voir les prémices d’une remontée imminente du loyer de l’argent.

D’ailleurs, les marchés financiers abondent vraisemblablement dans ce sens si l’on se fie aux nouveaux points bas touchés récemment par les taux d’emprunts américains à 10 ans et à 30 ans. De plus, au-delà des arguments consistant à privilégier la croissance économique, les états pourraient, de part et d’autre de l’Atlantique, avoir un autre intérêt à laisser filer l’inflation : celui d’assainir les finances publiques grâce au désendettement qu’impliquerait une poursuite de la hausse des prix.

Laurent Boudoin, Responsable des Investissements

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