Une fin de mois encore délicate ….

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°192

14/06/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Une fin de mois encore délicate ….

Plusieurs raisons expliquent le nouveau décrochage des marchés la semaine dernière. D’un point de vue fondamental, les valorisations étaient devenues trop élevées, surtout aux Etats-Unis. Les indices américains, sauf le Nasdaq, sont positifs sur l’année 2016, mais présentent aujourd’hui un potentiel de baisse. Difficile d’imaginer une déconnexion des marchés européens et américains, d’où la possible poursuite de la baisse en Europe en cas de repli probable US. Deuxième facteur, l'accumulation des risques politiques et monétaires se matérialise, alimentant des arbitrages privilégiant l'aversion aux risques.

1/ Le risque « Brexit » peut conduire, au moins à court terme, à une forte baisse des marchés et à une dépréciation de la livre. L'indice de probabilité d'un maintien du Royaume-Uni au sein de l'Europe calculé par les bookmakers est reparti à la baisse en fin de semaine. La visibilité reste toujours faible et les différentes pressions sur l’électeur britannique (Europe, Obama, FMI,….) pourraient conduire à l’effet inverse souhaité, à savoir le réveil de la tentation isolationniste qui sommeille chez tout anglais qui se respecte lorsqu’il n’est pas atteint d’hooliganisme !

2/ La réunion de la FED du 15 juin risque aussi d’avoir de forte implications sur les marchés, et sa communication sera analysée dans les mondres détails. Les derniers discours ont préparé le marché à une hausse des taux. Les statistiques économiques restent assez bien orientées même si les derniers chiffres de l’emploi n’ont pas été très bons, cela pouvant être seulement conjoncturel. A cause de l’éventuel Brexit, la hausse des taux directeurs US ne devrait pas intervenir cette semaine mais plutôt en juillet voire en septembre.

Logiquement, dans ce contexte anxiogène, les obligations souveraines sont recherchées, accentuant la pression sur des taux déjà très bas. Les taux allemands à 10 ans sont à des plus bas historiques, proches de taux négatifs. La semaine dernière, les indices boursiers ont ainsi fortement baissé : -2,88% pour l’Eurostoxx50, -2,60% pour le CAC40 et -2,66% pour le DAX. Les marchés américains ont été un peu meilleurs, le DJ affichant une hausse de +0,33% % et le Nasdaq a baissé de -0,97%. Le NIKKEI a lui aussi légèrement baissé à -0,25%.

 

La difficile équation que la Fed doit résoudre

En début de semaine, la Présidente de la Fed a confirmé lors d’un discours à Philadelphie son anticipation d’une hausse graduelle des taux d’intérêts en raison de l’amélioration de la situation économique du pays. Aucun calendrier n’a été annoncé. Certains membres se sont prononcés pour un relèvement en juillet. Nous restons toujours persuadés que cette remontée doit avoir lieu ne serait-ce que pour redonner à l’institution une marge d’intervention en cas de nouvelles faiblesses économiques. D’une façon générale, les indicateurs économiques restent bons. L'indice de confiance de l'Université du Michigan recule légèrement sur le mois de juin, de 94,7 à 94,3, mais reste à un niveau élevé, les ménages continuent de voir leur situation s'améliorer. Pour confirmer cette analyse, il ne faut pas sous-estimer la déclaration de J. Yellen sur les mauvais chiffres de l’emploi la semaine dernière. Elle a indiqué qu’il ne fallait pas accorder “trop d'importance” à des données mensuelles souvent sujettes à d'importantes révisions, l'état du marché du travail américain restant “globalement positif”. Cette intervention est loin d’être anodine et, selon nous, la hausse des taux est imminente. Seule la question de l’impact négatif du Brexit sur les marchés peut retarder effectivement l’échéance. Mais n’oublions pas aussi qu’il est assez rare que la Fed prenne en compte ce type de facteurs « externes » car ce n’est pas sa mission. Ce qui nous inquiète est l’absence de foi des marchés en cette nouvelle stratégie de la Fed : selon les Futures sur les Fed Funds, la probabilité d’une hausse des taux en juillet est tombée à 18%, contre 55% avant la publication décevante des chiffres de l’emploi US.

En conclusion, nous craignons que toute décision ait un impact négatif sur les marchés. Un relèvement des taux sera mal vécu car inattendu et le statu quo avec une justification négative liée aux facteurs internationaux pourrait remettre en doute la pérennité de la croissance US et mondiale.

 

EUROPE : Des échéances politiques délicates

Les marchés sont restés très attentistes en Europe avec peu de volumes échangés, ce qui a pu contribuer à accélérer le mouvement de baisse. Les prochaines échéances politiques sont lourdes avec le référendum du Brexit (23 juin) et les élections espagnoles (26 juin). Concernant ces dernières, un nouveau sondage suggère que le bloc Podemos ressorterait gagnant mais que la majorité à construire autour de lui serait difficile à trouver. Le pays pourrait alors une nouvelle fois se trouver sans gouvernement. Concernant le Brexit, deux sondages dont les résultats ont été publiés samedi prédisent une issue incertaine pour le référendum. D'après un sondage Opinium pour l'hebdomadaire The Observer, 44% des électeurs britanniques sont partisans d'un maintien de leur pays au sein de l'UE, contre 42% qui souhaitent en sortir. 16% des personnes interrogées disent ne pas avoir encore pris de décision. D'après un autre sondage YouGov, 43% des Britanniques sont favorables à un “Brexit” et 42% pour un “Bremain” (un maintien dans l'UE). On constate désormais des mises en garde qui deviennent des menaces en cas de Brexit. Ainsi, le ministre allemand des finances vient de fermer la porte à un dispositif permettant des accords avec la Grande-Bretagne dans l’hypothèse d’une sortie : « Dedans, c’est dedans, dehors, c’est dehors » a-t-il résumé. Notre conviction reste qu’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe aura au moins à court terme un impact très négatif pour les marchés. A moyen terme, nous doutons d’un impact réellement négatif car, n’en déplaise à M Schäuble, des aménagements seront trouvés entre les parties, comme les débats sur la Grèce l’ont montré.

 

Un moment difficile à passer pour ensuite mieux rebondir !

Le mouvement de repli des marchés reste normal en raison des incertitudes politiques et économiques qui planent en Europe et aux Etats-Unis sans parler des statistiques chinoises toujours problématiques. D’un point de vue sectoriel, c’est le secteur financier qui a été le plus pénalisé, surtout les banques et les assurances. Ce secteur souffre d'une double pression : d'abord la baisse des taux souverains dégrade la marge de transformation du secteur et, d'autre part, la politique de la BCE qui doit se préparer au statu quo de la Fed en juin en confirmant pouvoir continuer et accroître sa politique accommodante, d’où les dernières déclarations de certains membres qui ont réussi à faire baisser l’euro. Nous confirmons notre scénario initial : une poursuite de la baisse jusqu’au référendum et aux élections espagnoles. Ensuite, mais pas avant mi-juillet, nous pourrions assister à une remontée des marchés financiers en privilégiant les actifs à risques. Deux conditions sont nécessaires : la confirmation d’une croissance économique mondiale en amélioration et l’accélération fin 2016 et 2017 des croissances bénéficiaires des entreprises. Il ne faut pas tomber dans un excés de pessimisme, certains signaux passent au vert. En France par exemple, les chefs d'entreprises sont plus optimistes et tablent sur une accélération de la production manufacturière au T2 (+0,5%) contre +0,3% au T1-2016. De quoi engranger un peu d’optimisme … .

 

360 Hixance am - le 13 juin 2016

 

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Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
HIXANCE OBLIG 1-3 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Philippe DOUILLET Obligations Mixtes Court Terme 14.35 M€ 2.93 % 2.23 %

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