Une fin d'année sous fortes tensions et faible visibilité...

Jean Noel Vieille - 360 Hixance AM

30/09/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Une fin d'année sous fortes tensions et faible visibilité...

Depuis quelques temps nous parlons de retour de la volatilité des marchés. 
La semaine dernière a connu en ce domaine une sorte d’apothéose, les marchés financiers ayant eu tendance à réaliser un grand huit tout au long de la semaine avec un biais baissier pour la plupart des marchés. 
Ainsi, Le DAX a été le plus grand perdant en repli de 3,15%, suivi de Londres, -2,76%, le CAC 40, -1,49% comme le Nasdaq. Seul le Nikkei a rebondi de 1,01%, peut être dans la perspective d’une prochaine intervention de la Banque Centrale. Nous avons ainsi assisté à une forte remontée du VIX, qui mesure la volatilité à venir du marché par les options d’achat et de vente du S&P 500. Avec un rebond de 17,9% jeudi il a atteint un plus haut depuis août. On notera aussi une forte hausse des volumes supérieure à près de 20% à la moyenne quotidienne des trois derniers mois. 
Les explications de ces mouvements ne sont pas évidentes même si les nouvelles en provenance de l’économie américaine n’ont pas été très favorables sur fonds de tensions géopolitiques participant à ce regain de nervosité.
 

L'économie américaine source d'interrogations fortes
Dans les possibles explications de ces mouvements erratiques, nous retiendrons les suivants. La publication du fort recul des commandes de biens durables (certes attendu), a pu faire douter les investisseurs de la qualité de la reprise américaine tout comme la hausse des inscriptions au chômage. Ainsi en août, les commandes de biens durables ont chuté de 18,2% (vs -18,0% attendu par le consensus), après une progression de 22,6% en juillet.En analysant dans le détail, cet indicateur reste plutôt positif. Ceci a amené certains commentateurs à parler d’indicateurs d’activité encore « trop fort », exigeant alors une normalisation plus rapide de la politique monétaire américaine.

Autre facteur, la poursuite de la renlmontée du dollar (qui a cassé une résistance importante à 1,27) peut justifier la baisse de Wall Street.

Enfin les tensions géopolitiques (bombardements, craintes d’attentats dans les pays développés) constituent des éléments perturbateurs pour les marchés actions.

La question qui nous semble la plus importante en termes de valorisation des marchés reste celle de l’évolution de la croissance américaine. Une interrogation revient : la croissance de l’économie américaine est-elle favorable pour la valorisation de Wall Street ? 
Coté positif, cela permet de faire croître les résultats des entreprises, mais de l’autre côté une vive remontée des taux impacte négativement les valorisations, réduit aussi les programmes de rachat d’actions et provoque une remontée du dollar peu favorable ensuite aux exportations américaines. Enfin, certaines classes d’actifs se trouvent aujourd’hui
 de plus en plus en risques. 
Richard Fisher, le président de la Fed de Dallas, a indiqué que la politique de taux bas de la Fed a induit une surévaluation du marché des « junk bonds », ceci pourrait entrainer une volatilité de plus en plus élevée sur le corporate High Yield.  Ainsi, selon Bloomberg, la banque centrale aurait mis les banques américaines en garde contre un risque de dégradation de ce marché. M. Fisher a aussi indiqué que la banque centrale devrait remonter ses taux directeurs avant l’été 2015. 

Une Europe en proie à de nouveaux doutes 
Du coté européen, la visibilité est faible au plan économique. 
Ce qui est en cause est l’effet de la politique monétaire expansionniste de la BCE. En effet il existe une contradiction dont on ne voit pas comment sortir à moyen terme. Les ménages et les entreprises de la zone euro continuent à se désendetter ce qui rend inefficace cette création de liquidités à taux très faible. Ensuite à la différence des Etats-Unis, l’effet de richesse existe peu (effet positif sur les consommateurs par exemple de la hausse des actions), le maintien d’un chômage a un haut niveau conduisant les agents économiques à une faible consommation, un désendettement et une hausse de l’épargne. 
Les décideurs européens attendent maintenant leur salut d’une baisse de l’euro mais cette dernière n’est pas la panacée comme le rappelle récemment Patrick Artus. Selon lui, « l’élasticité-prix des exportations en volume de la zone euro n’est pas très forte », d’où un soutien limité des exportations (compte tenu du poids des exportations dans le PIB, une dépréciation de 10% de l’euro conduit à une hausse du PIB de 0,4 point en quelques années). En négatif, l’inflation importée a un effet négatif sur le revenu réel et la dépense des ménages. L’affaiblissement de l’euro peut aussi décourager les investisseurs étrangers et faire remonter les taux d’intérêt à long terme de la zone euro. 

Faibles perspectives à court terme...
Après une semaine très particulière, il est assez difficile d’anticiper l’évolution future de marchés. Nous avons quelques certitudes, le marché reste fragile. Les éléments techniques vont l’emporter faute de visibilité. Il faudra alors surveiller à la hausse le niveau de  4410 pour le CAC et de 4310 à la baisse. Cette semaine, outre la BCE jeudi et les chiffres mensuels de l’emploi aux Etats-Unis vendredi, il faudra suivre l’évolution de la situation à Hong Kong. Le marché n’a probablement pas besoin d’ouvrir un nouveau front géopolitique dans une région marquée aussi par une forme d’instabilité. 

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