Une consolidation salutaire

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°186

02/05/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Une consolidation salutaire

Les marchés actions ont connu une orientation plus difficile cette semaine. Cela ne nous surprend pas vraiment puisque depuis quelques semaines nous avons alerté sur la récente hausse, estimant qu’elle n’était pas totalement conforme à la situation économique et surtout aux valorisations des entreprises. Toutefois, la baisse récente peut être considérée comme paradoxale (comme la neige en mai), car elle est plus marquée en Europe et se réalise alors que la zone euro renoue avec la croissance en ce début d’année. L’élément manifestement négatif qui a fait décrocher les marchés est le sentiment que les banques centrales, notamment européennes et japonaises, sont arrivées au bout de leur capacité d’action. Nous pourrions être à court terme dans une période intermédiaire très indécise. En simplifiant, nous sommes dans une vision optimiste en sortie de crise grâce aux interventions massives des banques centrales. Néanmoins, ces dernières n’ont aujourd’hui plus de marge de manœuvre (taux au plus bas, inflation toujours faible). Aussi pour assurer une nouvelle dynamique haussière, il faut que la croissance économique reparte, permettant aux profits des entreprises de progresser, améliorant leur valorisation. Malheureusement, même si certains signes positifs apparaissent en termes de croissance, les résultats publiés par les entreprises ne reflètent pas encore cette dynamique, d’où le risque à court terme d’un attentisme des marchés.

La semaine dernière, les indices boursiers ont chuté, perdant presque les acquis de la semaine précédente : -3,59% pour l’Eurostoxx50, -3,08% pour le CAC40 et -3,22% pour le DAX. Les marchés américains ont suivi un mouvement identique, mais dans une moindre ampleur. Le DJ affiche une performance de -1,28% % et le Nasdaq -2,67%, en raison de mauvaises publications de résultat. Le NIKKEI a lui aussi fortement chuté de -4,02%, en raison de la non-intervention de la banque centrale.

 

Les banques centrales en bout de course ?

La semaine dernière, la Réserve Fédérale américaine et la Banque du Japon n’ont pas modifié leur taux d’intérêt. Elles se retrouvent dans une situation inextricable qui tend à paralyser toutes actions. La Fed a remonté ses taux une fois fin décembre et depuis, elle n’a plus suffisamment d’assurance sur la situation économique pour poursuivre ce mouvement. Evidemment, le danger serait alors l’émergence d’une nouvelle crise alors que la Fed n’a pas encore reconstitué de nouvelles possibilités d’intervention. Dans son dernier communiqué, elle n’a pas entièrement fermé la porte à un relèvement des taux en juin mais a indiqué ne pas être pressée dans la poursuite de sa politique de resserrement. Le comité ne considère plus les développements financiers et économiques mondiaux comme un risque pour l’économie américaine, mais il continuera à les surveiller étroitement. La probabilité d’un relèvement des taux en juin, selon les futures sur Fed funds, est de 21.1% (contre 19.6% en début de semaine). Cet attentisme de la Fed est soutenu par les données macroéconomiques publiées récemment et plutôt décevantes. Ainsi, le PIB a moins progressé que prévu (0.5% vs 0.7%)  au premier trimestre par rapport aux trois derniers mois de 2015. Plusieurs indices ont aussi baissé en avril par rapport à mars : l’indice de confiance de l’Université du Michigan (89 vs 91.2), l’indice des Directeurs d’Achat de Chicago (50.4 vs 53.6). D’autres sont ressortis en dessous des attentes : l’indice de confiance des consommateurs d’avril (94.2 vs cons. 95.9) et les commandes de biens durables de mars (0.8% vs cons. +1.9%).

Le gouverneur de la Banque du Japon est lui aussi dans une situation inconfortable. Les marchés financiers attendaient de nouvelles mesures pour relancer l’inflation et ont donc été déçus. Les problèmes de l’économie japonaise sont d’ordre structurel : en dépit de la pénurie de main d’œuvre, les entreprises japonaises n’augmentent pas les salaires et la productivité reste très faible. En revanche, la Banque du Japon continue d’acheter les titres obligataires émis par l’Etat. Mais la situation reste des plus fragiles puisque l’endettement public japonais approche désormais les 250% du PIB. Bref, les deux économies souffrent finalement d’un même mal, le risque de remontée de la mauvaise inflation, celle liée à la hausse des matières premières qui rogne le pouvoir d’achat. Le signal vertueux, mais qui n’arrive pas, serait une hausse de l’inflation par la hausse des salaires, favorable à la consommation et à la croissance.

 

Une économie européenne qui renoue avec la croissance

Cette semaine a été marquée par la diffusion des données macroéconomiques du premier trimestre 2016. Alors que la croissance du PIB s’est accélérée en Zone Euro (0.6% vs 0.3% au T4 2015), l’indice des prix core CPI a ralenti à 0.8% vs 1% au T1 2015. Le PIB européen retrouve ainsi son niveau de 2008. Les dépenses des ménages expliquent ce regain de croissance et compensent la faiblesse du commerce extérieur. Quant au chômage, il a légèrement reculé (10.2% vs 10.3%). En début de semaine, l’indice IFO du climat des affaires allemand est ressorti en dessous des attentes (106.6 vs cons. 107.1).

 

En Europe, la publication des résultats reste mitigée. Sur le Stoxx 600, d’après Thomson Reuters, 91 entreprises ont publié et seulement 40% ont annoncé un chiffre d’affaires au dessus des attentes. Cela est nettement moins bien que les 55% habituels et cela en dépit de révisions en baisse des analystes. En revanche 53% ont affiché des résultats supérieurs. Parmi les sociétés ayant déçu, on citera Air Liquide, BBVA, Lloyds, Airbus et Gemalto. Au contraire, Axa, Philips, Europcar, Bayer, Safran, Ingenico, Adidas et BASF ont publié des résultats au dessus des attentes.

 

Risque de poursuite de la baisse aux Etats-Unis

307 sociétés du S&P 500 ont déjà publié. Parmi elles, 57% ont communiqué un chiffre d’affaires supérieur aux attentes, contre une moyenne historique de 60%. Concernant le BPA, seulement 22% n’ont pas réussi à faire mieux que les estimations, ce qui est une bonne performance. Notre opinion est qu’à la lumière de ces nouveaux éléments, les marchés américains sont désormais sur-évalués d’environ 10%. Les statistiques économiques vont être suivies de près et l’anticipation va se porter sur la décision de la FED en juin. Pour l’instant, le marché ne croît toujours pas à une hausse des taux. Cela explique d’ailleurs la nouvelle baisse récente du dollar. Notre conviction reste celle d’une remontée des taux en juin pour les raisons invoquées plus haut à savoir la nécessité pour la FED de retrouver une marge de manoeuvre dans sa politique monétaire. La croissance économique assez molle justifie donc de maintenir nos investissements dans une optique prudente en terme d’exposition aux risques actions mais aussi de choix sectoriels. Les valeurs cycliques et les financières restent des choix délicats alors que le secteur des biens de consommation devrait être soutenu par un sentiment des ménages un peu plus positif partout dans le monde.

 

360 Hixance am - le 2 mai 2016

 

 

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Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
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