Une bulle spéculative pourrait signifier la ruine

ACATIS - Billet mensuel (Octobre 2015)

21/10/2015 - Publié par ACATIS INVESTMENT GMBH dans Marché Allocations d'actifs

Une bulle spéculative pourrait signifier la ruine

Volkswagen

Le scandale Volkswagen a gravement touché le groupe, le secteur de la construction automobile et le marché allemand. La capitalisation de Volkswagen a plongé de près de 70 milliards depuis son pic au printemps. Quelques lignes suffiront ici puisque nous aurons encore bien 5 années pour assister :

au défilé des (nouveaux et anciens) présidents du directoire de VW devant des commissions d’examen américaines

aux amendes salées de plusieurs milliards d'euros infligées par des autorités de tous les pays possibles

aux procès de plusieurs dizaines de milliards que des particuliers engageront à l'encontre de Volkswagen

à l'emprisonnement de membres du personnel de VW

au démarchage des bons développeurs de VW par la concurrence

au ralentissement du développement de nouveaux modèles en raison d’un manque d'argent

à la soumission d'offres de la part des concurrents pour  acquérir une partie ou la totalité du groupe

au retrait de l'homologation des voitures diesel de la marque VW pays par pays ou l'interdiction de vendre des voitures neuves

à la menace de la Commission européenne d’infliger une pénalité au ministère des transports allemands pour un trop grand laxisme lors des contrôles

au renforcement des normes sur les gaz d'échappement et leur mesure dans le monde entier

peu à peu à ce que l'air des villes devienne plus propre.

 

Il convient de se demander quelle est donc cette culture d'entreprise qui fait que des employés en arrivent à tromper les autorités, les clients et leurs chefs afin de sauver leur emploi. Il convient aussi de se demander pourquoi le scandale a éclaté juste au moment de l'IAA, soit à la date de la reconduction du contrat de Monsieur Winterkorn. Et pourquoi le comité d'entreprise de VW ne le savait-il pas, lui qui a de puissants réseaux à l'intérieur de l'entreprise et est représenté au sein du conseil de surveillance ? Pourquoi l'actuel et l'ancien président du Directoire, tous deux connus pour leur obsession du détail, sont-ils aujourd'hui dans une telle ignorance ?

Le pétrole encore et toujours

 

Quand aura lieu la première grande faillite ? 

 

Les faibles taux d'intérêt cachent de nombreux problèmes au sein des entreprises. C’est pourquoi les procédures d'insolvabilité n'ont pas augmenté pendant des années. Un « shakeout » ne saurait tarder. Les prix des matières premières ont fortement chuté, que ce soit pour les matières premières solides comme le minerai et le charbon ou pour le pétrole et le gaz. Cette évolution entraîne d'énormes pertes de chiffre d'affaires chez les producteurs. S'agissant du pétrole, le calcul est simple. Le prix du pétrole a baissé de près de 40 $ le baril. La production est d’environ 90 millions de barils par jour. Soit, si l'on fait la multiplication, une baisse de chiffre d'affaires de 1,3 milliard de dollars par an. Le prix du pétrole pourrait continuer de chuter et pourrait stagner des années encore à ce niveau bas parce que la production continue d'augmenter. Nous sommes en présence d'une grande redistribution des richesses.  Beaucoup d'acteurs du marché sont « longs » sur le pétrole parce qu'ils croient à un redressement rapide du prix. Mais si ce scénario ne se produit pas, les problèmes surviendront. 

 

Glencore, un négociant suisse en matières premières, s'est retrouvé en chute libre sur une courte période. D'autres entreprises ont un modèle d'affaires similaire : Trafigura, Noble Group ou les maisons de négoce japonaises. La transparence n’est pas leur force. Dans le même temps, chacun sait que les pétroliers, ces entrepôts flottants, tournent dans les mers du monde pour le compte de ces maisons de négoce dans le but de vendre leur chargement une fois que le prix du pétrole se sera redressé. Le prix d'affrètement des très grands pétroliers (VLCC) est de 100 000 dollars par jour et n'a jamais été aussi élevé. Les stocks entreposés aux USA sont de l'ordre de 450 à 500 millions de barils et n'ont jamais été aussi élevés.

 

 

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