Les Bourses européennes manquent d'énergie.

Par Jérôme Boumengel

30/11/2016 - Publié par Jérôme BOUMENGEL dans Marché Autre

Les Bourses européennes manquent d'énergie.

Alors qu’à Wall Street les indices boursiers n’en finissent pas de battre des records de hausse, les Bourses européennes continuent de stagner. Depuis le début de l’année, l’indice Dow Jones a gagné 9,8% tandis que l’EuroStoxx50 affiche une baisse de -7%. Cet écart est inquiétant, car si au regard des fondamentaux la surperformance du marché américain est justifiée, la performance négative de l’EuroStoxx ne l’est pas. Sur la base des estimations du consensus Facset, la croissance moyenne des bénéfices pour les 12 prochains mois est de +14,5% pour les valeurs du Dow Jones et de +9,5% pour les valeurs de l’indice européen.

Or les actions américaines ne continueront pas à grimper impunément, d’autant que les taux à long terme sont très certainement entrés dans un cycle de hausse (Cf. Comment se protéger du prochain krach obligataire ?). Par ailleurs, le Dow Jones n’est plus qu’à 3,5% de l’objectif que j’avais donné la veille de l’élection américaine (Cf. Le Dow Jones peut encore gagner 8% !). Si Wall Street se retourne à la baisse, comment les Bourses européennes pourraient-elles progresser ?

Pourtant, la valorisation des actions européennes n’a rien d’excessive. En effet, l’indice ESTOXX50 se paye seulement 14,4x les bénéfices attendus sur les 12 prochains mois, un niveau qui correspond à peu près à la moyenne de ces 10 dernières années. A titre de comparaison, le marché paye en moyenne 17,3x les bénéfices des actions du Dow Jones, ce qui commence à devenir cher, mais pas encore excessif puisqu’en avril dernier le marché acceptait de payer 18,3x ces mêmes bénéfices.

D’un point de vue de l’analyse technique, si le contrat à terme sur l’indice ESTOXX50 est en hausse depuis le Brexit, celle-ci est fragile et la poursuite du rebond se heurte actuellement à une zone de résistance importante constituée par l’ancien gap baissier toujours ouvert du 4 janvier dernier. Plus inquiétant, la progression de l’indice ne s’accompagne pas d’une pression acheteuse qui serait gage de solidité et de pérennité de la hausse. En effet, l’Obvgram évolue toujours en zone négative, ce qui signifie que les semaines haussières se font avec moins de volumes que les semaines où l’indice clôture en baisse.  


 

Sans un retour de la pression acheteuse, le potentiel de hausse des Bourses européennes paraît limité et l’indice ESTOXX50 ne devrait pas pouvoir franchir les 3200 points sans passer par une phase de correction au préalable. Il ne semble donc pas déraisonnable de profiter de la poursuite du rebond pour alléger les positions en actions européennes. D'autre part, continuer à surpondérer le marché américain paraît toujours aussi légitime, d’autant que l’euro devrait continuer de baisser et revenir à 0,93$ (Cf. L’euro va revenir à 0,93$ !), ce qui devrait atténuer l’impact d’une baisse du prix des actions américaines.

 

Jérôme Boumengel est l'auteur de "Psychologie boursière et Prévision chartiste", un ouvrage de référence sur l'analyse des marchés financiers.

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