Un rebond de 15 % en 2015 dont près de 10 % au seul titre des effets change

Ibra Wane, Stratégie et Recherche Économique chez Amundi

30/10/2014 - Publié par AMUNDI dans Marché Actions

Un rebond de 15 % en 2015 dont  près de 10 % au seul titre des effets change

Alors que le MSCI Euro a déjà rebondi de plus de 40 % depuis mi 2012 et que les résultats ont continué de s’éroder, le redémarrage des BPA (bénéfice par action) va devenir crucial. Si l’amélioration de la conjoncture en 2015 n’autorise que des espoirs limités, les effets bénéfiques de la baisse de l’euro sur les BPA ne devraient pas tarder à se manifester. Pour la première fois depuis le début de la crise, un rebond des profits de l’ordre de 15 % en 2015 nous semble possible, dont près de 10 % au seul titre des effets change !

 

Depuis que le président de la BCE a déclaré en juillet 2012 que tout serait entrepris pour sauver la zone euro, le MSCI Euro a rebondi de plus de 40 % alors même que les bénéfices par actions ont continué de s’éroder de 3 %. Une telle hausse du MSCI Euro traduisait donc avant tout le reflux du risque systémique. Le potentiel en matière de revalorisation des ratios étant désormais considérablement entamé, le redémarrage des résultats va devenir crucial. Cette question des résultats revenant sur l’avant-scène, c’est l’occasion de faire le point sur la dernière saison de publications (T2 2014) et les perspectives pour l’an prochain, dans un contexte où, avec la baisse de l’euro, les effets change deviendront décisifs.

 

 

Concernant le second trimestre 2014, le pourcentage de bonnes surprises sur les résultats s’est établi à 54 % pour le MSCI Europe et 73 % pour le S&P 500. Au-delà de la différence entre les deux régions, qui est traditionnelle, ces chiffres sont en ligne avec la moyenne des douze trimestres précédents, de part et d’autre de l’Atlantique (cf. graphique 1).

 

En revanche, ce qui est véritablement frappant, c’est la faiblesse de la croissance des chiffres d’affaires du MSCI Europe (-1 % contre +4 % pour le S&P 500), avec notamment quatre secteurs – les Biens de Consommation, la Technologie, les Télécom et les Services collectifs - affichant des reculs compris entre -7 et -14 % (cf. graphique 2)!

 

Au-delà des effets de base, de la différence de conjoncture entre l’Europe et les États-Unis ou des conditions climatiques qui ont pu peser sur les Services collectifs ou certains Biens de consommation, de tels reculs ne sont pas courants. Il est à craindre qu’ils ne soient une nouvelle illustration des pressions déflationistes qui sévissent en Europe.

Résultats des sociétés européennes : la divine surprise

Avec des ventes aussi faibles, la résilience des résultats des sociétés européennes, avec +7 % au T2 2014, pourrait apparaître comme une divine surprise. En réalité, au-delà des effets de base, ce chiffre n’est pas très significatif car une large part des sociétés du MSCI Europe reporte uniquement ses ventes mais pas ses profits trimestriels. L’évolution des profits semestriels, en baisse de 3 % au S1 2014, est donc plus réaliste. Quoi qu’il en soit, compte tenu du contexte économique en Europe et d’un taux de change encore adverse, ce -3 % suggère une amorce de retournement après les -11 % du S1 2013 et les -16 % du S1 2012.

Ce retournement des résultats va-t-il se poursuivre l’an prochain?

La réponse est massivement oui à en croire le consensus IBES des analystes Sell Side qui table sur +17 % de hausse des BPA en 2015. Bien que depuis le début de la crise le consensus ait systématiquement fait preuve d’optimisme, nos prévisions 2015, de l’ordre de +15 %, abondent pour la première fois dans le même sens. De notre point de vue cependant, à défaut d’une nette amélioration de l’activité, ce rebond des résultats serait surtout redevable à un effet change très favorable. Sur le plan de l’activité, la conjoncture ne devrait en effet pas être d’un très grand secours. La croissance réelle du PIB Monde devrait demeurer quasi étale à +3,4 % en 2015e contre +3,1 % en 2014e, dont respectivement +1,7 % contre +1,6 % pour l’Europe et +1,0 % contre +0,8 % pour la zone euro.

L'euro à 1.20 contre dollar d'ici 12 mois

En revanche, si comme nous le prévoyons l’écart de politique monétaire entre la BCE et la Fed continue de se creuser, l’euro devrait poursuivre sa baisse et atteindre le seuil des 1,20 contre dollar d’ici 12 mois. Par ailleurs, ce thème de la baisse de l’euro devrait être rapidement agissant car le taux de change effectif réel devrait s’affaiblir dès le 3e trimestre 2014, alors qu’il n’avait cessé de progresser depuis six trimestres (cf. graphique 3). En d’autres termes, une fois l’effet des couvertures de change dissipé d’ici trois à six mois, l’euro faible devrait commencer à flatter les résultats des entreprises de la zone euro alors qu’il les avait pénalisés jusque-là.

Une baisse de 10 % de l’euro suggère une hausse de 12,5 % des résultats

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Ibra Wane, Stratégie et Recherche Économique

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