Un paysage énergétique en pleine mutation, une transition passionnante...

L'econolclaste d'Actis - le 16 mai 2016

17/05/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Un paysage énergétique en pleine mutation, une transition passionnante...

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Les créanciers ont meilleure mémoire que leurs débiteurs » - Benjamin Franklin (1706-1790), inventeur et homme politique américain.

 

L'ACTU EN CHIFFRES

20 Milliards : est le montant des provisions en euros pour l’arrêt du nucléaire (d’ici 2022) que devront transférer à un fonds public les 4 opérateurs allemands de centrales nucléaires (EON, RWE, Vattenfall et EnBW). 40 milliards ont déjà été provisionnés dans leurs comptes pour le démantèlement et le stockage des déchets.

200 millions : est le nombre annuel d’entrées en salles en France. Viva el cinema !

251 000 : est le nombre de décès aux Etats-Unis, imputables aux erreurs médicales, 3ème cause de mortalité après les maladies cardiaques et les cancers. Pas l’hôpital, pas l’hôpital…

200 : est le nombre de films français produits pour un budget de 750 millions euros en moyenne.

28 : est en pourcentages la valeur totale que représentent actuellement les billets de 500 euros en circulation (3% des billets), ces billets ne seront plus émis fin 2018 par la BCE malgré l’opposition des allemands principalement (et des suisses accessoirement mais eux ont moins leur mot à dire).

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE 

 


 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Un paysage énergétique en pleine mutation, une transition passionnante

Avec d’un côté, comme faits majeurs caractérisant les énergies d’hier :

-  des compagnies pétrolières et gazières qui rachètent des entreprises spécialisées dans le stockage d’électricité avec coup sur coup Total qui rachète Saft, le spécialiste des batteries pour 950 millions d’euros (après SunPower en 2011 dans les modules solaires) et Engie qui prend une participation majoritaire dans le californien Green Charge networks pour un montant non précisé.

Un enjeu majeur pour le secteur, permettant de compléter leur offre énergétique et surtout d’être présents dans la chaine des activités renouvelables. Patrick Pouyanné, le nouveau patron de Total a déclaré le XXIème siècle sera électrique (pas que spirituel), et puis c’est tout ;

- l’Arabie Saoudite, LE pays producteur de pétrole qui à travers la future cotation de Saudi Aramco en fin d’année aura encore plus de ressources dans le cadre de son plan avenir 2030 pour accélérer le développement d’activités extra-pétrolières ; 

-  le nucléaire qui a de moins en moins les faveurs de l’opinion publique et avec des pays comme l’Allemagne par exemple qui a pris le parti de casser la filière d’ici 5 ans ;

Et de l’autre, les énergies « bio » qui s’illustrent :

Avec comme chef de file, le trublion visionnaire Elon Musk qui a travers le déploiement de ses voitures Tesla, de l’expérimentation de Hyperloop et de la construction d’usines de fabrication de panneaux solaires au Nevada annonce tout bonnement qu’avec l’équipement de 0,3% de la surface des Etats Unis en panneaux solaires, la consommation énergétique des USA serait assurée…Info ou Intox.

Ce qui parait assuré est que la révolution est bien en marche, même si elle prendra un « certain temps » avant que vous puissiez recharger votre Hummer sur la même prise, ou presque, que celle de votre smartphone et que vous fassiez Paris-Los Angeles sur un long courrier avec des ailes à la Bertrand Piccard (Solar Impulse).

Un petit détail qui relativise le tableau : sur le plan des cotations des solaires en bourse (je ne parle pas là d’Essilor ou de Luxottica), la réalité est un peu moins rayonnante avec un indice Global Solar sur le Nyse qui a plongé de 24% depuis le 1er janvier et de 52% en un an, avec des cascades de faillites depuis 5 ans…

 

On notera le nouvel échec de rapprochement entre 2 entreprises US, après Pfizer-Astra Zeneca, Haliburton-Baker Hughes…avortées, c’est au tour d’Office Depot et Staples (-40% et -20% respectivement depuis l’annonce) de faire les frais de l’opposition de l’administration américaine et/ou de la justice.

Toute velléité de mariage entre puissants est systématiquement blackboulée au nom du principe de précaution « tax inversion » ou « libre concurrence ».

La démocratie, c’est tellement surfait, aurait dit Franck Underwood (House of Cards). Tout comme le 49-3.

Nouvelle opération à suivre avec le rachat éventuel de l’américain Monsanto par les allemands Bayer ou Basf. Pas certain que cela aboutisse.

 

L’industrie des hedge funds dans la tourmente.

Depuis 2008, les hedge funds ont fait nettement moins bien que des fonds moyennement dynamiques et que l’indice SP500.

Les premiers ont performé de 10% quand le S&P s’est envolé de…55%.

Pour des frais de gestion annuels de 2% ou plus si les performances sont au rendez-vous, ce constat peut paraitre bien sombre.

Il cache en fait une réalité avec de très fortes disparités en termes de performances parmi les 10 000 hedge qui existent, couvrant quelques 2 900 milliards de dollars d’actifs.

En effet, dans ces marchés très volatiles, les meilleurs profils sortis des plus grandes écoles ne suffisent pas (tous) à générer « systématiquement » et de manière récurrente de la profitabilité et justifier des salaires stratosphériques supérieurs au milliard de dollars dans quelques cas, rares il est vrai (5).

L’âge d’or des années 1990 est définitivement révolu dans ce secteur très atomisé. Enfin pour presque tous, vous l’aurez compris.

 

Inquiétudes sur la consommation américaine (oui peut être…) intervenant, rappelons-le, pour les trois quarts dans la croissance du Pib américain.

Le temps des soldes est arrivé sur les cours de distributeurs avec la 3ème démarque : les ventes de Macy’s en retrait de 5%, et des résultats en baisse de 30% entrainant l’ensemble du secteur de la distribution vers le bas. Macy’s perdait 18% (2 milliards de dollars de capitalisation) sur l’annonce mercredi (-50% depuis 1 an), mais aussi Nordstrom (-39% en un an), Kohl’s (-45% sur la même période)…avec des modèles à revoir subissant de plein fouet la concurrence du e-commerce, tandis qu’Amazon se porte comme un charme.

Toutes ses publications laissent à penser que les ventes des distributeurs classiques ne sont plus le bond référentiel pour présumer de la consommation, en attestent les ventes de détail publiées vendredi enregistrant leur plus forte progression de près d’un an en accélération de 1,3%. 

 

LE POINT TECHNIQUE

L’évolution du sterling contre euro (voir graphique ci-dessous) constitue un des baromètres simples pour  estimer l’inquiétude des marchés au sujet de la probabilité pour le Royaume-Uni de voter pour ou contre le Brexit le 23 juin prochain.

On notera que la dégradation de la monnaie britannique a commencé fin novembre, date à laquelle David Cameron (ci-dessus représenté évitant de boire la tasse) a rendu public ses exigences pour une réforme de l’UE comme par exemple pouvoir disposer d’un dispositif d’urgence pour les pays hors euro (donc le sien) permettant de repousser la mise en œuvre de mesures que ces pays jugeraient contraires à leurs intérêts, tout en faisant campagne pour le oui au maintien dans l’Union Européenne. Paradoxalement, cette exigence - plus certaines autres conditions comme « plus de libéralisme », «  moins de fédéralisme », « une limitations des droits européens » - a cristallisé les craintes sur le marché en immisçant le doute. La volatilité de la livre est au plus haut depuis 2008.

Sur tous ces points, Cameron a obtenu gain de cause en février dernier, via à un accord signé avec l’UE après d’intenses négociations avec ses partenaires européens.

Les derniers sondages « Stay or Leave in Europa » donnent les résultats suivants :

46% pour les pro-européens et 44% pour les eurosceptiques, on remarquera que les indécis qui représentaient 22% fin mars, ont plutôt basculé dans le camp du Go, pour ceux qui savent désormais. Ce n’est pas qu’un jeu, le Go!

Le monde des affaires plus réticent à « nous quitter » auparavant (sniff) et qui constituait la base du maintien dans l’Europe est en train de tourner casaque peu à peu. Dernière preuve en est : la Chambre de commerce britannique (BCC), l’une des deux plus importantes organisations patronales a annoncé que 37% de ses membres comptent voter « non » au maintien, 7 points de plus qu’en février. La Banque d’Angleterre s’est déclarée alarmée par une telle éventualité.

En cas de victoire du Go away, la livre pourrait baisser de 15 à 20% selon les analystes avec un flou artistique sur les conséquences d’une telle décision pour l’économie outre-Manche et son impact sur le Footsie ; déjà les expositions opérationnelles avec le

Royaume-Uni dans les banques sont en train d’être auditées et sévèrement réduites ainsi que les allocations sur ce pays dans les portefeuilles des assets.

En cas de Brexit, les analystes anticipent une baisse des taux de la BOE pour contrer un recul éventuel de la croissance au UK ou une hausse des taux suite à la baisse de

la Livre qui renchérirait les importations et créerait de l’inflation. Les britanniques risquent de perdre leur flegme légendaire…une récession avec inflation ?!?

 

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

 

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